Carl Barât & The Jackals: « Let It Reign »

Carl Barât a sans doute été victime d’une attention qui ne se justifiait pas eu égard à sa participation aux Libertines. Maintenant que le focus s’est déplacé il est possible que son deuxième disque, Let It Reign, bénéficie d’un intérêt axé sur sa musique et non pas sur les bruits de couloir.

Cet album a, en tous cas, bénéficié de beaucoup de soins puisqu’il a été ré-enregistré une fois que Barât ait pu trouvé un groupe pour l’accompagner durablement, The Jackals. On sait qu’avec lui, on aura pas droit à du post-rock ou autres, mais, cet opus ayant été repensé, on ne peut qu’être curieux de voir en quoi Barât a su donner vie ou pas à l’indie rock dont il se réclame.

Il ne s’aventure qu’occasionnellement en territoire étranger, la seule occurrence étant ici un « We Want More » qui s’inspire par moments d’une influence Joy Division. Pour le reste, nous sommes en terrain connu avec, toutefois, une nouvelle vigueur et une pugnacité qui s’illustre dans des titres imprégnés de patriotisme et d’histoire de la guerre en Angleterre comme le « single »« Glory Days » (un morceau teinté de ska aux guitares hurlantes ponctuées d’un chorus en « sing-along » tel qu’on peut le rencontrer sur des stades de football) , « Victory Gin » ou « Summer In The Trenches ».

La plupart des compositions embrasse cette passion et sonnent comme des cris de guerre marquant un retour aux guitares tonitruantes et à des tonalités où prime l’agressivité. La composition la plus emblématique (c’est le cas de le dire) sera à cet égard « War Of The Roses » : des guitares qui vous broient, des vocaux féroces et un énorme chorus auquel les cuivres apportent une apogée explosive de concert avec un jeu de guitare grinçant et aiguisé.

Ce qui manquera au disque sera pourtant un « single » qui tue même si « A Storm Is Coming » pourrait prétendre au titre. Let It Reign n’est pas, de ce fait, un album triomphant comme sa couverture impériale et martiale et son titrepourraientt le suggérer ; il prouve néanmoins que l’on ferait mieux de s’intéresser au vrai Barât, celui qui prouve qu’il y a une autre vie sans The Libertines.

***1/2

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