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Carl Barât & The Jackals: « Let It Reign »

Carl Barât a sans doute été victime d’une attention qui ne se justifiait pas eu égard à sa participation aux Libertines. Maintenant que le focus s’est déplacé il est possible que son deuxième disque, Let It Reign, bénéficie d’un intérêt axé sur sa musique et non pas sur les bruits de couloir.

Cet album a, en tous cas, bénéficié de beaucoup de soins puisqu’il a été ré-enregistré une fois que Barât ait pu trouvé un groupe pour l’accompagner durablement, The Jackals. On sait qu’avec lui, on aura pas droit à du post-rock ou autres, mais, cet opus ayant été repensé, on ne peut qu’être curieux de voir en quoi Barât a su donner vie ou pas à l’indie rock dont il se réclame.

Il ne s’aventure qu’occasionnellement en territoire étranger, la seule occurrence étant ici un « We Want More » qui s’inspire par moments d’une influence Joy Division. Pour le reste, nous sommes en terrain connu avec, toutefois, une nouvelle vigueur et une pugnacité qui s’illustre dans des titres imprégnés de patriotisme et d’histoire de la guerre en Angleterre comme le « single »« Glory Days » (un morceau teinté de ska aux guitares hurlantes ponctuées d’un chorus en « sing-along » tel qu’on peut le rencontrer sur des stades de football) , « Victory Gin » ou « Summer In The Trenches ».

La plupart des compositions embrasse cette passion et sonnent comme des cris de guerre marquant un retour aux guitares tonitruantes et à des tonalités où prime l’agressivité. La composition la plus emblématique (c’est le cas de le dire) sera à cet égard « War Of The Roses » : des guitares qui vous broient, des vocaux féroces et un énorme chorus auquel les cuivres apportent une apogée explosive de concert avec un jeu de guitare grinçant et aiguisé.

Ce qui manquera au disque sera pourtant un « single » qui tue même si « A Storm Is Coming » pourrait prétendre au titre. Let It Reign n’est pas, de ce fait, un album triomphant comme sa couverture impériale et martiale et son titrepourraientt le suggérer ; il prouve néanmoins que l’on ferait mieux de s’intéresser au vrai Barât, celui qui prouve qu’il y a une autre vie sans The Libertines.

***1/2

10 février 2015 Posted by | Chroniques du Coeur | Laisser un commentaire

Ricked Wicky: « I Sell the Circus »

Ricked Wicky c’est Robert Pollard, I Sell the Circus est donc un nouvel avatar et un nouveau projet solo du prolifique leader des ex-Guided by Voices. Ce dernier n’a jamais cessé ses activités, la dernière date de fin 2014 en même temps qu’un autre album des Circus Devils.

Avec Wicky, nous avons droit à une assemblage de 15 compositions, un pot-pourri de refrains stadium rock où le garage trouve parfois place. I Sell the Circus ne sonne pas comme un assortiment d’entremets où l’artiste essaie de placer un maximum d’idées en deux minutes trente mais plutot comme une collection cohérente de titres rock bien carrés où l’on retrouve des influences allant des Cars ou de Big Star aux Who. Pollard définit le disque comme étant du « arena rock » sophistiqué ; on ne peut qu’être d’accord avec lui.

On n’a pas souvent l’occasion d’associer Pollard à l’adjectif « léché » quand on fait référence à ses enregistrements vintage mais I Sell the Circus nous présente des arrangements plus élaborés que ce à quoi on peut être habitués. Le songwriting est particulièrement brillant dans toutes ses acceptations tout au long de l’album, de la complexité de « Well Suited » à un « Death Metal Kid » plein d’allant ou à ces hymnes qui trouveraient place aisément dans les blue-collar bars comme « Intellectual Types », « Miles Of Concentration » ou « Uranus Files ».

Au niveau des textes, on trouve toujours un lyrisme où le chanteur montre sa dextérité à nous faire part de ses schémas obsessionnels, bref I Sell the Circus montre toujours qu’il demeure un pionnier de l’indie-rock et que la nouvelle phase qu’il aborde ici en est une autre manifestation, dotée une fois de plus, d’une série de chansons qu’on aurait mauvaise foi à trouver simplement dérivatives.

****

10 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Kodaline: « Coming Up for Air »

Kodaline ne fait pas mystère d’être un groupe à la recherche d’un gros son. Ils écrivent des hymnes, la plupart du temps pour des âmes en émoi, des appels aux armes pour quiconque est dans la peine avec un tropisme pour ceux dont le coeur est brisé. Dès qu’il y a une cause à défendre, ils sont là pourrait-on dire comme si, depuis leur premier disque In a Perfect World, ils s’étaient fixé une mission façon leur compatriotes de U2 : celle de verser dans l’héroïsme.

Deux ans après ce premier opus, ils sont de retour avec une implication toujours aussi entière sur Coming Up for Air. Leur approche de ce qui pourraient être des « hits » n’a pas varié ; ils doivent avoir ampleur qui ne supporte aucune retenue, bref, même si parfois une ouverture peut sembler timide, un chorus viendra invariablement remédier à la chose et nous gratifier de ce type de choeurs qu’on entend sur les stades de football.

Sur « Unclear », ils maîtrisent avec élégance l’équilibre entre songwriting habile et ambition sonique gigantesque qui n’a pas peur de se manifester. Rien, sur leur premier album, ne pouvait nous faire supposer qu’ils s’essaieraient à pratiquer cette pondération et on se prend à regretter que ce ne soit que furtivement.

En effet, pour le reste, c’est un retour au mode par défaut auquel le groupe s’exerce. « Ready » est, dès son entame, une incantation vibrante et essoufflée à laquelle il ne manquera qu’un solo de guitare façon Brian May et, si « Autopilot » ou « Better », ne sont pas loin de la bonne formule, ils se désagrègent en cours de route et ne nous amènent nulle part.

Il est indéniable qu’il ne sont pas loin d’atteindre le statut auquel ils aspirent ; celui de groupe de « stadium rock ». Il y a des moments dans Coming Up for Air où ils rappellent ce qui a pu générer enthousiasme pour le Coldplay des débuts. Ne leur reste plus qu’à s’approprier leur propre territoire ; pour cela il faudra se montrer plus créatif et inspiré.

**1/2

10 février 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire