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John Carpenter: « Lost Themes »

Selon John Carpenter, il n’y avait aucuns inédits nichés dans ses armoires provenant de ses musiques de fims. Même si cela peut paraître étrange, pour son « debut album » solo à 67 ans, le réalisateur nous offre selon lui des compositions enregistrées pour le mal nommé Lost Themes.

Ses musiques étaient toujours liées à des images, ici nous avons affaire à une expérience purement auditive ce qui, dit-il, lui a donné plus de liberté qu’auparavant. Il a travaillé avec son fils Cody et le compositeur Daniel Davies et, si il a sans doute eu plus de latitude pour créer, ce qu’il produit ici ne diffère pas essentiellement de ses musiques de films précédentes enregistrées avec Alan Howarth.

Il compose toujours à partir de ces synthés qui ont constitué la touche dominante de son œuvre et il semblerait que, ici comme ailleurs, Carpenter ne soit pas capable d’échapper la structure de la bande musicale cinématographique. À l’écoute, il est impossible de ne pas songer à un film d’horreur macabre ou à une vision post-apocalyptique austère comme sur « Fallen » où les accords puissants sonnent comme une pluie diluvienne ou avec le titre d’ouverture, un ahurissant « Vortex », qui fait penser à ces génériques de films passant devant nos yeux, introduction parfaite ou conclusion funèbre à un film où nos nerfs sont mis à l’épreuve.

Oui Lost Themes est presque construit comme au cinéma avec un « closer », « Night », qui va résonner en nous laissant avec une finalité où ne reste que la désolation.

Quand Carpenter a présenté « Vortex »en ligne, il l’a d’ailleurs fait avec un montage de ses vieux films, démontrant ainsi que ses compositions sont taillées, qu’il le veuille ou non, pour le visuel. L’intérêt de ce disque est que ça n’est pas absolument nécessaire et que Lost Themes pourra être considéré comme une bande-son qui n’a pas besoin d’un film pour exister. L’artiste prouve une fois de plus qu’il existe dans sa propre sphère, avec une vision futuriste teintée de paranoïa mais une approche basée sur la vieille école hollywoodienne de la musique de film. Il nous donne ici, une fois de plus, exactement ce que l’on attend de lui.

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9 février 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Districts: « A Flourish and A Spoil « 

A Flourish and A Spoil est le « follow up album » qui sort après deux EPs avant permis de faire connaître le son de The Districts sur Internet. Ici celui-ci s’éloigne quelque peu des tonalités americana originales de leurs débuts et se rapprochent d’un environnement où l’influence de The Stokes se fait entendre à tout moment.

Le titre d’ouverture, « 4th & Roebling », font démonstration de l’exubérance et de la jeunesse du groupe tout en se montrant également chaleureuse et imprégnée de romantisme. C’est un morceau brut, punchy avec des échos de garage rock ou de pop-rock.

« Peaches » sera moins direct ; les guitares sont amples et « spacy » et peuvent suggérer qu’ils ont été influencés par Temple, un groupe avec qui ils ont tourné et dont ils partagent le même label.

Les vocaux, d’une manière générale, sont songeurs et en particulier sur des compostions comme « Chlorine » et « Sing The Song » qui rappellera Dawes.

Par la suite, The Districts useront de guitares en distorsion et de vocaux qui deviennent âpres mettant en évidence leur habileté à combiner rock rugueux et climats plus nuancés.

« Suburban Smell » et « 6am » sont des titres adoucis et acoustiques, versant dans le registre « emo » mais sans en avoir le côté ostentatoire ni la prétention. On regrettera les effets caquetants qui parcourent ces deux titres, un peu trop systématiques et irritants à la longue.

On remarquera enfin « Young Blood » qui semble être composé de trois chansons sur un seul titre. C’est le morceau phare de A Flourish and A Spoil, une préfiguration possible de ce qui viendra des Districts si il leur est donné temps de peaufiner leur musique.

Pour l’instant, nous avons droit à une album agréable et sans prétention, rien pourtant qui puisse nous permettre de le distinguer d’autres combos.

**1/2

9 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Peace: « Happy People »

Avec Happy People, Peace font mieux que confirmer les premsses de leur premier album, In Love. Bien sûr les termes employés pour construire leur image fleurent bon la phraséologie hippie et la pochette « lumineuse » de de deuxième disque renvoie à une musique qu’on imagine héritée de la psychedelia West Coast des 60’s si on doit chercher du côté des influences réelles ce serait plutôt Oasis où les éructations auraient été remplacées par des sourires plutôt que Quicskilver, Moby Grape ou autres.

Peace est peut-être le combo indie pop anglais le plus prometteur du moment. Il a pour cela le don mélodique, les riffs dont tout un chacun peut rêver et un romantisme désabusé qui ne peut que séduire.

Comme précédemment on y trouve des échos de Primal Scream et Stone Roses avec des loops addictifs, une basse (Sam Koisser) qui comme McCartney sait accompagner une mélodie et ; en même temps, la propulser, des guitares (les frères Harry et Doug Castle) capable d’enjamber puis de plonger dans les rythmes de « Happy People », « World Pleasure » ou « Lost To Me ». Bref, Peace est capable de cimenter des genres (un peu de techno/house pour pimenter le tout) et de nous y faire adhérer.

On retiendra aussi le « baggy » « Gen Strange » glissant au travers une structure d’accords descendants, « Perfect Skin » à la fois stylé puis s’enfonçant dans le grunge au niveau des chorus ou la résignation acoustique de « Someday » imprégnée de légères vagues plus électriques.

Les textes de Koisser sont également astucieux et sarcastique quand ils examinent une société gangrénée par l’argent où « les bitcoins payent pour tout » mais il sait réfléchir intelligemment sur un phénomène qui se produit « peut-être aussi pour que nous devenions matures ».

Ce qui motivera alors Peace le bien nommé sera alors comme les sixties en rêvaient de « changer le monde dans lequel nous vivons » (« Oh You » et ses délicieux riffs en cascade). Soyons ravis qu’ils y parviennent partiellement avec Happy People.

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9 février 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire