The Unthanks: « Mount The Air »

Alors que la grosse majorité des ensembles sont constamment définis par le genre ou la scène qui les a produits, il en est d’autres qui parviennent à transcender toutes les notions de catégories. Cela arrive en général quand ils pèsent plus lourd dans la balance (peut-on encore considérer que Coldplay est un groupe indé?) mais, parfois, ça n’est lié qu’à une vision créative qui s’est modifiée. Ayant lancé leurs premières flèches musicales voila environ 10 ans sous le nom de Rachel Unthank and The Winterset, The Unthanks ont de toute évidence leurs racines dans le folk mais, bien que le tradition soit encore très prégnante dans leur travail, le concept derrière le groupe s’est étendu vers 2011 avec Last et son audience s’est également agrandie.

Trois albums, (Diversions 1, 2, 3) les ont vus explorer les un registre plus axé sur les cuivres (« brass band »), Robert Wyatt et Anthony & The Johnsons et ils semblent se mouler de plus en plus profondément dans un monde qui leur est propre et n’appartient qu’à eux. La moitié des compositions sur Mount The Air sont, pour la première fois, de leur cru et elles atteignent aisément le niveau de leurs arrangements de chansons traditionnelles.

Deux des morceaux, la chanson titre qui ouvre l’album et « Foundling », durent plus de 10 minutes et, contrastant avec le minimalisme austère du précédent Songs From The Shipyard – Diversion 3, ils nous délivrent un matériel proprement épique. Cuivres et cordes enflent le son, amplifiant des émotions qui existent déjà dans leurs compositions.

Comme cette approche expansive de la gestion du temps peut le suggérer, rien n’est, ici, précipité et, par conséquent, rien n’est raccourci. Malgré un line-up qui est passé des cinq membres qui forment The Unthanks à seize, le disque a une tonalité spacieuse et détendue. On y trouve même des titres « radio friendly » comme « Flutter », à condition que ce soit une station qui n’ait pas peur d’offrir à son audience quelque chose qui sorte de l’ordinaire.

Comme précédemment, il y a toujours une atmosphère de pénombre inquiétant qui va jalonner l’album, quelque chose de dramatique qui est le produit de leurs racines folk. À cet égard, leur reprise du « Magpie » de Dave Dodds est un régal.

Ajoutons les délicieuses voix de Rachel et Becky Unthanks et on ne pourra que convenir que le groupe nous propose aujourd’hui une expérience musicale très spéciale tant elle s’avère être une exploration de divers univers composant une odyssée dans laquelle il serait difficile et presque indécent de ne pas entrer.

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