Rapid Talk: Interview de Desperate Journalist.

Desperate Journalist ont frappé fort après un premier album éponyme ayant suivi un EP et un « single ». Leur musique ; même si elle n’est pas strictement politique, est fiévreuse, une version épique des Au Pairs sur laquelle ils auraient greffé post-punk, Cure, Smiths et Siouxsie and The Banshees. Face à l’insipidité qui a envahi la scène pop-rock, ils dénotent et ils détonnent. La vocaliste Jo Bevan nous en dit plus sur une courte histoire dont on aimerait qu’elle se prolonge.

Comment vous êtes-vous rencontrés et formés ?

On a tous fait partie de différents groupes. Caz Hellbent était auparavant chanteur et guitariste mais n’avait jamais tenue la batterie, Simon (Drowner, basse) et moi étions dans un même groupe tout comme Rob (Hardy, guitare) et Simon quand ils étaient à Birmingham. Comme on traînait tous aux mêmes endroits et qu’on détestait les mêmes choses on a fini par former Desperate Journalist. En plus, comme chacun jouait d’un instrument qui composait les attributs d’un groupe de rock, ça collait très bien.

Concernant votre nom ; on aurait pu penser qu’il faisait référence à la presse à scandales ou au manque d’imagination des reporters mais apparemment il vient d’une session de The Cure avec John Peel. Cela a dû froisser quelques égos…

Pour ceux qui ne le savent pas, cela vient d’une version que Cure a faite de Grinding Halt avec des textes tirés d’extraits d’une critique négative de leur premier album. Il parlait de lui ainsi : « Desperate Journalist in Ongoing Meaningful Review Situation ». On aiment tous Cure mais nous avons choisi ce nom car il véhicule une sorte d’amertume à moitié sérieuse que nous trouvions attirante. Si les gens comprennent l’allusion tant mieux et, jusqu’à présent, il n’y a eu qu’un seul blogger que ça a perturbé, un jeune qui devrait peut-être lire un peu plus…

Votre son est très intense et passionné, chose rare dans le paysage musical d’aujourd’hui. Cela vous étonne-t-il qu’il y ait si peu de colère vu l’état du pays ?

Il y en a toujours mais elle n’est pas toujours représentée dans les domaines musicaux auxquels ont est habitué. Il y a des tas de groupes inconnus, d’artiste de « dance » qui évoquent la condition du pays à leurs façons. Aucune de nos compositions n’est politique en soit ; elles parlent de rêves ou de mort car kje suis très sensible et la moindre chose m’affecte démesurément. Je crois que si j’essayais d’écrire un texte politique, il serait épouvantablement maladroit et digne d’un collégien.

Vous semblez très minutieux quant à ce que vous sortez ; est-ce que vous avez un critère particulier qui vous permette de contrôler la qualité de votre matériel ou êtes-vous naturellement doués ? (Rires)

Ça fait plaisir à entendre, merci. Je crois, qu’en effet, nous sommes très rigoureux. En général, Rob nous présente des esquisses de compositions avec quelques parties de guitare et nous choisissons ce que nous préférons. Tous ces aperçus ont déjà présélectionnés après pas mal d’écrémage de la part de Rob. Ensuite nous dégraissons encore les choses et j’écris une mélodie. La plupart du temps, les textes viennent tout de suite après. Ensuite nous passons le maximum de temps à peaufiner les arrangements au mieux en essayant de supprimer tout ce qui n’est pas essentiel de manière à ce que chaque passage ait un but à la place où il est.

Quelle était l’idée derrière votre vidéo de « Mistakes » ?

La chanson parle d’une rupture amoureuse et la manière dont on assigne une énorme importance à un tel évènement. En même temps vous vous dites que l’autre s’en moque un peu et voit cette relation comme une erreur faite en passant. La vidéo était censée me représenter en train de me battre avec moi-même pour arrêter d’être si stupide émotionnellement. C’est une image qui manque de subtilité mais, au bout du compte, ça n’est pas trop mauvais. Bien sûr à la fin, je perds. Mais quelle part de moi-même est gagnante ?

Vous avez su créer un « buzz » autour de vous sans plan marketing, quelque chose de basé sur la substance et non les jeux de promo. C’est gratifiant, certes, mais est-ce ça n’apporte pas un surplus de pression ?

Comme composer et interpréter de la musique sont des choses naturelles pour nous, nous y prenons plaisir. On a tous confiance les uns avec les autres et puis essayer d’atteindre plus de gens est toujours une chose stimulante et excitante même si elle est impressionnante par moments.

Qu’aimeriez-vous avoir accompli en tant que groupe d’ici un an ?

Précisément avoir rencontré plus de gens lors de nos concerts et avoir sorti un nouvel album.

Quels seraient les mots qui résumeraient l’éthique de Desperate Journalist ?

JO: Intelligence émotionnelle et dramatisation qui demeure mélodique.

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