Prima Donna: « Nine Lives and Forty Fives »

Comment aborder un groupe qui se nomme Prima Donna ? Quand on sait que le combo vient de Los Angeles, que Nine Lives and Forty Fives n’est pas son coup d’essai et qu’il œuvre dans le rock à haute énergie la réponse peut sembler élémentaire mais elle s’avère néanmoins contrastée. Quel rapport entretenir avec une appellation qui renvoie à une certaine pose, à ce mélange de diva et de sainte nitouche qui habille un ensemble dont la musique est ce que les Américains nomment du « cool as fuck rock » ?

La réponse est peut-être précisément dans une approche qui ne se résume pas à des clichés. Prima Donna manient très bien le hard rock « made in LA » comme tous ces groupes aux cheveux bien travaillés qui y sont encore légion mais ils y ajoutent cette petite dose de sophistication, de kitsch même, ou de distance qu’apportent le glam des 70’s (pensez le Mott The Hoople de l’époque), le garage rock façon Green Day, la férocité blue collar (Social Distortion)  alliée à la pavane de Sunset Boulevard.

On pourrait trouver un explication dans ce résumé tout simple : Prima Donna c’est plus du Redd Kross que du Mötley Crüe. Comme les premiers, ils n’ont aucune aucune prédilection pour les excès sonique même si l’ouverture, « Pretty Little Head », semble franchir le mur du son ; comme Redd Kross ils ont principalement un amour de la chanson pop confectionnée au stade le plus artisanal, une power-pop ayant augmenté les décibels , un « Ballroom Blitz » qui aurait été interprété par T. Rex.

Toutes les compositions sont accrocheuses et surtout mémorables ; on a souvent galvaudé la terminologie de « disque où rien n’est à jeter », c’est pourtant véritablement le cas ici. Les chansons originales sont passionnées mais contrôlées (mention spéciale pour « Deathless » et Born Yesterday ») et les reprises sont d’autres morceaux de choix.

Elles sont trois et elles sont brillantes : « Rock and Roll Is Dead » (The Rubinoos), « I’m On Fire » (Dwight Twilley) et « Rip Her to Shreds » (Blondie). Titres ressuscités qui encadrent merveilleusement « Eat You Heart Out » et « Living In Sin », bref un disque auquel il ne manque rien y compris le saxo destroy façon Stooges (« Rubbish ») et les vocaux incendiaires d’un chanteur capable de moduler sa voix, Kevin Preston.

Ce cinquième opus de Prima Donna a prestance et allure, cette élégance du bruit qui vient non pas des artifices mais de ce qui constitue la chair du rock and roll ; à savoir son coeur.

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