Butch Walker: « Afraid of Ghosts »

Butch Walker est un caméléon du rock ’n’ roll. Né en Géorgie il a d’abord joué du « southern boogie », du metal puis de la power pop avant de devenir un producteur très demandé pour des groupes pop-punkpuis un artiste solo prompt à réaliser des albums qui étaient autant d’hommages au glam, la new wave et les géants de la guitare en reverb.

Pour beaucoup, ce parcours pourrait paraître chaotique mais Walker a toujours donné la priorité à la composition indépendamment du style abordé ce qui lui a toujours assuré une forme de pertinence.

Afraid of Ghosts est un disque feutré et largement inspiré par la mort de son père. C’est peut-être sa collection de titres la plus vulnérable d’autant que la plupart des textes parlent de regrets, de mauvais choix et d’occasions perdues.

« Father’s Day », par exemple, est déchirant dans son adresse directe vers son père et la façon dont il laisse libre cours à son chagrin et sa confusion tout en reconnaissant que la vie doit continuer.

D’ailleurs, malgré la thématique très sombre de l’album, il n’y a rien de larmoyant dans ces odes à la nostalgie. Ce sont des écrits directs et dépouillés qui parlent d’affronter le passé pour faciliter le progrès éventuel.

Musicalement, le disque est également très nu et intime. Plus qu’autre chose, il absorbe l’influence de Ryan Adams qui œuvre ici en tant que producteur et y apporte sa touche Americana (le piano folk de la chanson titre, le falsetto ou les chuchotements de steel-guitar sur « How Are Thing, Love ? » et les cordes sévères qui accompagnent la turbulence alt-country de « Bed On Fire »).

Afraid of Ghosts fera néanmoins quelques escapades du côté du « classic rock » sur « 21+ » ou la « vibe » acoustique de « I Love You » ainsi que vers les jours punks de Walker quand « Father’s Day » se termine sur un solo de guitare cathartique comme seul Bob Mould, ici à la six cordes, peut les assurer.

Jusqu’à présent Walker avait toujours partagé les « credits » quand il travaillait avec d’autres, ici, pour la première fois, il se les attribue totalement ; ça n’est que justice non pas seulement en raison du sujet abordé mais tout simplement parce que, en se mettant sous le feu des projecteurs, il s’accorde une récompense plus que méritée.

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