Title Fight: « Hyperview »

Title Fight est un groupe qui a toujours su faire preuve de versatilité. Leur EP de 2013, Spring Songs, mettait en avant leur habilité à incorporer des éléments d’émotion downtempo et mélodiques à des compositions en général rapides et abrasives. Avec Hyperview, le combo semble s’être décidé à rester au plus près de ces tonalités en prenant exemple sur une style et une structure de morceaux rappelant My Bloody Valentine et Dinosaur Jr.

Ce qui peut sonner facteur d’antagonisme à la première écoute c’est la retenue dans l’agression sonique mais, très vite, on s’aperçoit que c’est une approche qui convient très bien à Title Fight. La plupart des titres favorise influences dreampop et shoegaze et ils partagent tous le même type de production brouillée, éthérée et comme passée au travers d’un voile de gaze en adoptant une utilisation copieuse de reverb et de delay pour donner aux riffs une présence à la fois caverneuse et aérienne. En solo, la six corde possède cette tonalité « twangy » qui évoque le verre et elle se combine avec un chant assourdi et mélancolique servant de révélateur à ce talent mélodique qui est aussi un des atouts du groupe.

« Murder Your Memory », « Your Pain Is Mine Now » et « Dizzy » adoptent ainsi une cadence lente plus expressive et onirique que leur registre précédent mais les riffs éclatés et punks tout comme les rythmiques virulentes de leurs débuts ne sont pas pour autant perdus dans l’album (« Mrac » ou « Trace Me Onto You »).

On notera aussi les accroches mélodiques et la façon dont les chorus sont merveilleusement harmonisés par des vocaux de Ned Russin et Jamie Rhoden dont les phrasés se sont adoucis par rapport aux cris étouffés et tendus des opus précédents. À cet égard, et même quand ça n’est pas le cas, sur « Rose of Sharon », les voix sont mixées en arrière.

Title Fight a donc abandonné le mur sonore rempli de fuzz et de distorsion par une guitare plus carillonnante, la production de Will Yip (Lauryn Hill) y est sans doute pour beaucoup ; elle étaye plus qu’elle n’enlève une solidité à un disque pour le moins concluant.

***1/2

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