Desperate Journalist: « Desperate Journalist »

Desperate Journalist n’est pas un des ces nouveaux « guitar groups » destinées aux jeunots qui veulent écouter de la musique à moindres frais. Se nommer ainsi d’après une chanson obscure de Cure qui se moquait de la grosse tête du journaliste du NME, Paul Morley indique une certaine connaissance non seulement de la pop alternative mais aussi de l’industrie musicale. Quant au désespoir qui est fait mention, il est peut-être une mention d’un sentiment qui peut nous atteindre tous.

Si on pouvait craindre une avalanche de malice, celle-ci est très vite dissipée par le titre d’ouverture, l’excellent et frénétique « Contol » et, quand on arrive à « Christina » et que Jo Bevan s’exclame : « Je suis remplie d’amertume et me lance à l’attaque », la chair de poule pourrait parcourir aisément des journalistes qui seraient désespérés à l’idée de ne pas trouver la bonne métaphore.

Sur ce « debut album », ce qui est trompeur c’est la référence ; en effet il n’y a pas une once de cynisme chez ce groupe, ce qu’il véhicule c’est un son de romance, même si celle-ci paraît vindicative.

Si la voix de Bevan nous affecte, que dire de la guitare tranchante de Rob Hardy ; le bougre sait ajouter une sacrée vitalité à la dynamique d’une musique au tonalités 80’s rappelant The Cure certes mais aussi The Smiths. On pourrait ajouter peut-être Suede tant le nom du bassiste Simon Drowner rappelle une chanson de ces derniers, bref si ce que ce quatuor nous offre n’est pas véritablement novateur, il possède une humanité et une joie de vivre qu’on n’avait pas decelée depuis un certain temps dans les groupes indie.

Desperate Journalit a parfaitement compris que, aujourd’hui, on avait besoin d’émotion, de pâmoison et il ârvient très bien à susciter émoi sur « O », sur la violente conclusion anthémique de « Hesitate » ou, a contrario, avec la tendresse qui suinte de « Distance » et de cette valse magnifique qu’est « Cement ».

Desperate Journalist nous offre de la passion et du mélodrame ; il ne poursuit pas une carrière musicale comme si c’était un hobby, il sait la vivre sans artifices et il sait très bien nous la faire vivre aussi.

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