Father John Misty: « I Love You Honeybear »

Pour annoncer l’arrivée de son nouvel album de manière audacieuse ; Josh Tillman (ou plutôt ici Father John Misty) a choisi une approche singulière puisqu’il l’a fait en apparaissant au Late Show With David Letterman, devant une grand orchestre, et chantant comme un crooner un « Bored IN the USA » qui figure sur son second opus, I Love You Honeybear. Si on ajoute qu’il s’était lové comme un chat sur le piano à queue avant d’adopter la position de l’homme en prière pour plaider un « Save me White Jesus », on comprendra que cette adresse à la Nation ait fait couler de l’encre, autant dans son fond que dans sa forme, une ballade satirique ambitieusement luxuriante interprétée par un personnage échevelé en habit de playboy.

Le contenu de I Love You Honeybear confirmera toutes les craintes (ou les espoirs) qu’on a pu avoir à l’issue de cette prestation. C’est un album qui évoque, et même égale, des personnes comme Glen Campbell et son Reunion: The Songs Of Jimmy Webb ou le No Other de Gene Clark. Tillman a créé une panoplies de standards pour « singers songwriters » teintés de country, si somptueusement arrangés qu’ils frôlent le mélodramatique. Ce qui rend la chose différente c’est le mordant qu’il met dans ses textes.

Une peu comme Will Oldham utilise son alias Bonnie « Prince » Billy, le pseudo de Father John Misty a permis à Tillman de se dérider et d’écrire les titres les plus charnels, acerbes et, chose surprenantes, les plus imprégnés de manque amoureux de sa carrière. Nous avons à faire à une collection de chansons d’amour composées par une personne qui semble incapable d’écrire de façon directe un titre qui vous mettrait la larme à l’oeil. « Chateau Lobby #4 (In C for Two Virgins) » est une demande en mariage étourdie émanant d’une personne poussant la « maladresse » de demander à sa bien-aimée de soulever sa robe de mariée dans laquelle « quelqu’un a probablement été assassiné » ; que ce soit la chanson phare de l’album en dit long sur ce qui se joue chez « John Misty ». Un titre comme «  When You’re Smiling And Astride Me » (Quand tu souris en me chevauchant) parle de lui-même également ce qui fait de I Love You, Honeybear un disque dont on se délecte pour son côté kitsch, outré et son jeu sur le mauvais goût. Bref un opus qui ne peut que faire sourire avec amusement et bienveillance celui qui connaîtra bien les canons qui régissent la société américaine et qui gardera foi en Father John Misty.

***1/2

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