No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Danny James: « Pear »

Danny James fait du garage rock depuis une bonne dizaine d’année avec des compositions nettement inspirées du Love de Arthur Lee. On aurait pu y ajouter une dose de The Move, Joe Jackson et The Brothers Johnson et on aura un bel exemple d’un artiste qui peut nous surprendre par sa versatilité.

Si on considère le son qui émane ce son premier album solo, on ne peut que se dire que l’enregistrement de Pear a dû avoir pour musique de fond Todd Rundgren, ELO et Queen. Le disque est un opus de rock bien produit, sans doute même arrangé de manière tatillonne, avec, comme aux bons vieux temps du rock à prétentions respectables, des compositions qui se chevauchent jusqu’à l’enchevêtrement. Quelque part l’effet peut être étouffant !

Pear se veut une « œuvre » (même si il peut y déceler une part de second degré) et c’est un album qui se tient à califourchon entre le rock « adult oriented » tranquille qu’on pourrait entendre dans bien des espaces publics et la dramaturgie kitsch et ampoulée de « Bohemian Rhapsody ». C’est un assaut sur nos sens, un bel étalage de gloutonnerie instrumentale avec une attention minutieuse pour chaque détail sonique alors qu’aujourd’hui priorité est donnée au minimalisme flou. Une ballade comme « Without Reluctance » baignera ainsi dans une pédale wah wah funk avant de laisser place à un solo de clavier furieux enregistré en analogique et le tout sera enfoui sous un déluge d’harmonies vocales en overdub.

Même quand le disque s’aventurera du côté de la guitar pop traditionnelle ou du rock direct « (That’s Not) The Plan ») le résultat sera étrange et impressionnant. De cette marque de fabrique on retiendra la façon très personnelle dont James est parvenu à accoler ces deux adjectifs et à gratouiller agréablement nos tympans.

***1/2

28 janvier 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Amason: « Sky City »

Amason est un groupe indie-pop suédois qui, sur leur « debut album » essaie d’incarner le son de son pays natal. Sky City est, en effet, un opus sophistiqué et élégant, légèrement réservé et emprunt de ces mélodies qui le situent entre The Concretes et Peter Bjorn and John sur le spectre d’une pop suédoise qui a toujours été de qualité.

Le disque bénéficie de l’apport de plusieurs musiciens venus de groupes établis (Miike Snow, Dungen, Little Majorette) ce qui assure que les morceaux seront interprétés avec solidité et professionnalisme. On y trouve des pastiches de soft-rock (« Kelly qui fait référence à America) mais aussi des petites oeuvres de mélancolie dramatique (« Went to War ») tout comme d’autres comme « Blackfish » qui ne sont pas sans évoquer le répertoire de Peter Bjorn and John. Le groupe travaille en fait dans un éventail dont une bordure se situe entre ces derniers et, de l’autre du côté, Fleetwood Mac.

Il y a intérêt à oeuvrer à l’intérieur de ce spectre car il établit une humeur qui ne se dément jamais et qui s’approfondit au fur et à mesure où Sky City progresse. Même les titres qui boostent un peu le tempo comme « NFB » ou qui, tel l’instrumental atmosphérique « Pink Amason » s’intégreront parfaitement à cette esthétique générale.

Une addition bienvenue consistera en la participation de Amanda Bergman dont la voix rauque de crooner apportera, sans sembler forcer, une touche délicieuse à la retenue qu’apportent arrangements serrés et production dépouillée.

On retiendra également quelques moments plus sombres, peut-être même un peu trop en raison d’un saxo trop encombrant par moments, mais Sky City a toutes les qualités d’un premier disque dans le sens où il est un opus prometteur.

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28 janvier 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Danny Kroha: « Angels Watching Over Me »

Depuis le milieu des années 80, Danny Kroha fait partie du paysage de la scène musicale de Detroit. Que ce soit en tant que leader de groupes garage-punk comme The Gories à avec un trio de « party rock » Danny & The Darleans. Avec ces combos ainsi que d’autres il s’est bâti une réputation grâce à une approche de la composition viscérale et des performances « live » diaboliques. Il est en outre doté d’une voix unique et d’un jeu de guitare qui donne l’impression qu’il transforme en or tout ce qu’il touche.

Angels Watching Over Me est le premier disque qu’il sort sous son propre nom, mais ça n’est en rien un véritable « debut album » eu égard à sa longue carrière. Tout au long de ces 16 plages, Kroha se tourne vers une musique plus « roots », le folk, le blues et le gospel, la plupart des morceaux étant tirés du domaine public et interprétés avec cette patte rocailleuse qui définit ses penchants vers le rock.

Le côté americana se verra mis en exergue avec une intsrumentation traditionnelle (basse washtub, dulcimer, banjo, harmonica et une guitare à une corde nommée « diddly-bow ») et des procédés d’enregistrement rudimentaires. La plus grande partie du disque est capturée « live » avec un seul micro pendant des sessions intenses effectuées dans une maison vide.

Plutôt que de s’efforcer à véhiculer une climat vintage artificiel, les chansons sont interprétées de manière directe avec une voix qui semble avoir subi les assauts du temps. Les standars du blues sont récités comme en drone (« Before This Time Another Year », « Walking Boss ») mais avec une tension toujours sous-jacente alors que des passages plus enlevés comme « Rowdy Blues » font preuve d’une énergie qui se refuse à tout raffinement.

Lma seule composition originale sera « Run Little Children » une diatribe bluesy débordante où une électricité sinistre empruntée à Howlin’ Wolf perce comme libérée. Bien qu’éloigné de la puissance sonique de ses autres productions, la présence de Kroha permet d’édifier allègrement un pont entre ces sélections folk-blues traditionnelles et les générations de rockers qui s’en sont inspirés. C’est un disque captivant et utile ne serait-ce que pour alimenter notre devoir de mémoire musicale.

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28 janvier 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Invisible Familiars: « Disturbing Wildlife »

Les membres de Invisible Familiars (Jared Samuel, Robbie Mangano et Tim Kuhl) ont tous joué, individuellement ou ensemble, avec la fine fleur des musiciens de New York et ces derniers leur rendent la politesse sur ce « debut album », Disturbing Wildlife.

On retrouve en effet Nels Cline, Stuart Bogie et Miho Hatori qui vont participer à un opus étrange qui se situe à l’intersection de l’indie et de la musique expérimentale. Les moments les plus inspirés de l’album sont ceux où l’équilibre entre riffs rock solides et déviations inattendues. Ainsi, une composition comme un « Clever Devil » sautillant et enlevé va au-delà d’être un pastiche de T. Rex en étant assaisonné , en ses marges, de sons étranges. De la même manière, « Heaven All » sera décoré de textes vifs, de chorus syncopés qui semblent toujours au bord de la défaillance et d’enjolivures psychédéliques qui le rendent encore plus accrocheur.

Ce sont ces touches ludiques qui font du disque quelque chose de saisissant ; que ce soit la manière dont les claviers font des vagues soniques à la rêverie folk qu’est « Elaine Serene » ou la façon où « You and Arrow » combine tic-tac d’une horloge, sentimentalisme pop vintage et textes pleins de vivacité.

De tels moments sont engageants ce qui fait que les passages les plus exopérimentaux prendront gun peu plus de temps pour recueillir l’attention. Jared Samuel a écrit ces compositions alors qu’il était cloîtré dans une péniche ; cela explique sans doute pourquoi « Cherryblossom » est moitié chant marin et moitié berceuse et, hormis « New Mutation Boogie », le disque devient de plus en plus sinueux et labyrinthique en son déroulement.

Même si Disturbing Wildlife n’est pas d’une confondante habileté en termes de mixage et ne tient pas la route en matière d’accroche, ses moments phares sont suffisamment intriguants pour garantir une écoute à même de nous interpeller.

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28 janvier 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Punch Brothers: « The Phosphorescent Blues »

Ce quatrième album des Punch Bothers est introduit, leur leader Chris Tile, par une interrogation presque métaphysique à savoir comment cultiver des relations pleines et entières avec les autres en considérant la période dans laquelle nous vivons. C’est sans aucun doute un projet ambitieux mais il est véhiculé, sur The Phosphorescent Blues, par une résolution sans faille de la part de ce quintette de Brooklyn, au moyen d’arrangements on ne peut plus grandioses et de sentiments se situant à un niveau encore plus élevé.

Après avoir contribué au film des frères Coen Inside Llewyn Davis avec deux compositions et choisi le laureat des Grammy Awards T Bone Burnett pour produire leur dernier effort, The Punch Brothers semblent en passe, avec cet opus, d’atteindre par eux-même, le statut qu’ils méritent depuis un certain temps déjà.

Dès l’ouverture, « Familarity » ouvre le bal avec une déclaration d’intention que le combo bluegrass ne dissimule aucunement. C’est un morceau qui dure dix minutes, opère une transition entre finger-picking rapide et harmonies à la Beach Boys et changera de braquet à diverses reprises. On comprend très vite ainsi qu’ils n’ont pas avoir peur d’explorer et d’aller au-delà des frontières musicales qui étaient les leurs et de dépasser ce qu’on attendait d’eux.

Confirmation suivra plus avant avec des interludes nommés « Passepied (Debussy) » et « Prélude (Scriabin) », un « Magnet » à la cadence arrogante et ce qui pourrait être un hit pop effervescent et débordant, « I Blew It Off » dont l’énergie souligne le message dont Thile se faisait l’écho pour ce disque. Évoqués sont le stress du 21° siècle, les rêveries interrompues, le face à face avec soi-même qui ne donne rien, bref un bilan peu réjouissant de ce que l’Amérique réserve à ses ouailles.

On pourra, de ce fait, une approche un peu didactique sur « My Oh My » (« So let freedom vibrate, not ring » / « Cause we can’t listen to everyone / Wanna hear ourselves sing. ») , on se consolera avec des arrangements acoustiques redoutables, des percussions qui n’interviennent que quand il le faut et la première apparition judicieuse et bienvenue d’une guitare électrique sur un de leurs albums.

La voix claire de Thile a toujours été capable de transmettre un torrent d’émotions à ses ruminations. Ici elle met encore plus en valeur un art de la composition exceptionnel même si parfois un peu trop moralisant. The Phosphorescent Blues demeure néanmoins un disque remarquable si on prend en compte la mission que s’était assignées le groupe.

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28 janvier 2015 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Alasdair Roberts: « Alasdair Roberts »

Que ce soit ici le huitième album de Alasdair Roberts pour Drag City en dit long sur le riche filon de ballades folk qu’il a exploité depuis le début de sa carrière. Qu’il ait été, sur la même période, épargné par le « crossover » et le succès qu’il aurait pu amener est un autre marqueur signifiant que ce chanteur écossais natif de Stirling restera, selon toute vraisemblance, un artiste auquel on ne prendra goût que peu à peu et avec une infinie patience.

Au fil des ans, le folk s’est dilué mais pas en ce qui concerne Roberts ; il interprète des ballades desséchées parlant de margoulins, de tisserands, de prétendus devins et de ce qui accompagnait souvent leur destin ; à savoir la pendaison et la potence. Tout comme le musicien Dick Gaughan, compatriote de Roberts, chantera les mérites du prolétariat, Roberts lui tournera notre attention vers des choses plus prosaïques comme une moisson insuffisante et les implications que la venue de l’hiver annonce.

Dans ce cas aussi, la musique est macérée dans ce qu’on nomme honnêteté et authenticité. Sur cet album éponyme sa voix est devenue ténue se fait plus prononcée, parfois sous forme d’une plainte à peine prononcée, parfois avec un accent empli de tension, parfois enfin épousant la lamentation d’une personne en détresse.

Outre la voix, la narration est également exemplaire, la musicalité, la pureté et la crédibilité de Roberts ne souffrent aucun doute. Les compositions sont une floraisons qui n’évite pas la robustesse dans ses récits d’amour et de perte comme pour mettre en avant une austérité toute puritaine et traditionnelle également dans ses textes.

On se demandera alors si ces morceaux sont faits pour nous distraire (on ne peut dire égayer) ou pour être écoutés comme des sermons d’église puis ensuite digérés et emmagasinés. Le titre d’ouverture, « The Way Unfavoured » sera aéré mais « Hurricane Brown » résonnera de ses cordes solennelles alors que « This Uneven Thing » baignera dans la joliesse. Ces trois chanson exemplifieront à merveille la versatilité de Roberts mais surtout cet art de la composition hors du temps et des modes qui demeurera toujours emblématiques de sa solidité.

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27 janvier 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Rae Morris: « Unguarded »

Depuis près d’une année, Rae Morris semblait comme attendre son heure. Elle collaborait occasionnellement avec quelques actes en prêtant sa voix à Clean Bandit pu Bombay Bicycle Club ce qui a fait que, ces derniers moi, celle-ci était devenue de plus en familière et que, maintenant que la native de Blackpool sort son premier album, celui-ci occupe une place centrale dans la scène musicale.

Son principal atout étant son organe vocal il n’est pas surprenant qu’elle l’utilise avec une technique confondante de par sa maîtrise en matière de versatilité. Sa voix peut être douce et subtile, mais aussi énorme et conquérante et elle est capable de la pousser sans efforts au-delà de ses limites sur les douze plages qui composent Unguarded. Elle provoque alors sans peine des frissons dans les moments les plus intimes, comme par exemple sur un « Don’t Go » accompagné d’un seul piano ou avec un « Unguarded » chaleureux et en piqué qui nous enveloppe nos sens dans un doux brouillard. Il est difficile de ne pas se laisser attirer attirer par son univers ne serait-ce qu’avec « Morne Fortune » ajout de dernière minutes qui résonne de manière définitive ou « This Time » qui s’élève avec grâce et fierté.

Il y a bien plus que des acrobaties vocales pourtant dans cet opus. « Under The Shadows » est un titre presque dance syncopé et « Closer » sera conduit par un rythme qui vous colle à la peau. Morris s’avère autre chose qu’une chanteuse de ballades « easy listening » et qu’elle est à même de nous offrir des efforts prônant le dynamisme (le duo « Cold » ou le joyau lyrique qu’est « Do You Even Know ? »).

L’album a mis du temps à venir mais eu égard à la confiance qu’il dégage, il semble naturel que celui-ci soit très vite sous les feux de la rampe avec, pour premier rôle, son interprète.

***1/2

27 janvier 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Jessica Pratt: « On Your Own Love Again »

La Californienne Jessica Pratt retint l’attention des critiques quand Tim Presley de White Fence fut tellement séduit par son enregistrement de quatre pistes qu’il décida de lancer son propre label (Birth) pour sortir son premier enregistrement en 2012. Pratt a une voix féminine originale et singulière qu’elle fait accompagner d’une guitare jouée en finger-picking classique et des compositions intemporelles qui l’ont fait comparer à des chanteuses du début des 70’s comme Vashti Bunyan ou Karen Dalton.

Sur On Your Own Love Again, Pratt opère une évolution vers une musique plus contemporaine et psychédélique et étend une palette sonique qui frôle parfois le symphonique même si le tout demeure soigneusement peaufiné d’une manière discrète comme si il s’agissait d’enfouir sa musique. Bien que le disque soit, une nouvelle fois, un effort solo Pratt enregistre en overdubs ses parties de guitare éléctrique, les percussions minimalistes et les backing vocals alors que Will Canzoneri apporte quelques petites touches d’orgue et de clavinet.

Les compositions sonne un peu plus pop et psychédéliques et beaucoup plus ouvertes qu’auparavant. Le résultat est plus convaincant malgré une esthétique lo-fi qui nous fait encore entendre le glissé des cordes de guitare, le micro qui les heurte parfois et le sifflement des bandes magnétiques. Ces deux éléments entrent en contradiction pour nous donner une écoute moins confortable ce qui est probablement le but de la chanteuse.

Les compositions sont en effet plutôt sombres et les textes succincts. Il s’égrènent naturellement sur un ton conversationnel ce qui apporte encore plus de réalisme à l’effet recherché. Le point d’orgue sera atteint avec le « single », « Back Baby », ses lignes de guitare espagnole hésitante, sa mélodie douce-amère et ses textes tranchants comme un rasoir mais de façon délicate. On Your Own Love Again est un album de contrastes même sis dans ce registre intimiste ; il permet de dresser un portait des émotions mais de les contenir comme si en faire étalage serait pour elle contre nature.

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27 janvier 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Dodos: « Individ »

The Dodos se sont toujours distingués par un mélange désarmant mais plaisant de climats sucrés et salés . Les idées rythmiques y sont complexes mais elles entourent des lignes mélodiques très simples qui sont, à leur tour, enrobées de dissonances inattendues.

L’instrumentation est basique mais elle est étendue de manière à remplir les espaces dans les enregistrements mais aussi durant leur live shows. La voix de Meric Long possède un charme calme et presque paresseux alors que les percussions de Logan Kroeber interviennent avec une précision pointue. Le résultat est plus grand que la somme de ce qui le compose même si indubitablement c’est le rythme qui est au coeur du son des Dodos.

Avec Individ, le duo revitalise un format plus brut et un esprit cinétique qui référence leur Visiter de 2008. On ne peut toutefois parler d’agressivité ans la mesure où cet appui sur la distorsion et le niveau des vocaux de Long demeure très proche de l’instrumentation ce qui donne une tonalité constante et consistante à la majeure partie de l’album.

Individ s’ouvre sur une guitare qui résonne comme un signal d’alarme et se termine sur un élan très percutant. Entre ces deux pôles, rien n’est aussi défini. Chacune des chansons cointient des éléments qui sont du Dodos per se, mais le disque sonne quelque peu brouillé. Ce peut être dû à des mélodies moins aventureuse mais aussi au fait que aucun des éléments qui les compose ne s’élève véritablement. Le résultat en est un opus qui se révèle être avant tout un mur de son en mouvement avec des guitares moins joueuses et des vocaux dont la dynamique ne s’exerce pas au-delà de quelques harmonies.

Mëme si l’équilibre sonique penche vers le sucré, Individ demeure un album dont on ne pourrait douter de qui sont ses auteurs. Les signatures temporelles rythmiques, les mélodies légèrement imprévisibles, le son « noisy » mais précis sont toujours là, mais en doses plus mesurées. Peut-être, pourtant, est-ce tout le sous-entendu qui jalonne Individ qui sera une indication précise de ce qui s’avère pour The Dodos une méditation sans prétendre être un tour de force.

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27 janvier 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Pond: « Man It Feels Like Space Again « 

Pond a toujours été un groupe de cosmonautes, et avec ce Man It Feels Like Space Again qui suit Hobo Rocket, ces affiliés de la mouvance Tame Impala font à nouveau profession de nous entraîner dans des promenades extra-terrestres bruyantes, flamboyantes et remplies de slap-bass ou de distorsions galactiques à chaque embardée que fera un sixième album vaniteux en diable mais doté de cette élégance qui ne peut que charmer.

Tout le disque suivre cette ligne de crête ; sur la chanson titre les percussions sont fracassantes mais ne font que simuler une intention sombre et « Medecine Hat », de la même manière, sera un faux blues galactico-vénusien à moins que ce ne soit ce dernier élément qui se déguise en minuscule chanson bluesy. Que dire alors d’une composition comme « Heroic Start si ce n’est qu’à force de boursouflures elle pourrait devenir une énorme flatulence, chose avec laquelle Pond s’amuse habilement ?

Le second degré, on peut penser que Pond joue avec constamment d’ailleurs si on considère une « Elvis’ Flaming Star » titre glam-rock tenant lieu également d’hommage au western Flaming Star où Elvis Presley tenait la vedette. Caution artistique aidant on trouvera même une slap-bass directement venue de Sly & the Family Stone et qui évoquerait un extra-terrestre interprétant une version avinée de « Dock of the Bay », bref une abondance de références culturelles qui ne nuisent pas tant elle sont avancées avec une finesse diabolique.

Le pastiche nécessite une certaine subtilité et Pond ont choisi de délaisser les longs solos de guitares pour une approche instrumentale plus nuancée du glam de mauvais goût. C’est là qu’intervient le kitsch, l’éloge de la désuétude semblable à un vieux film de science-fiction aux costumes ringards. Du début à la fin, Man It Feels Like Space Again est le véritable manifeste de ces moments, ceux où l’obsolète se pare de nouveaux habits toujours aussi étincelants.

***1/2

26 janvier 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire