Pinkshinyultrablast: « Nothing Else Matters »

Il y a une très belle comparaison à faire entre des étendues désertiques mornes très souvent en-dessous de zéro de température et illuminées par la faible lueur d’un soleil caché et la particularité qu’ont certaines excusions shoegaze. Aucun chemin clair ne s’y discerne pour nous indiquer une direction qui nous soulagerait ; les deux s’engagent dans une direction à l’intensité qui nous écrase et qui n’est apaisée que par le charme intérieur et vacillant qu’on peut distinguer dans ses moirages.

Oeuvrer dans le revivalisme est une entreprise délicate car on s’expose très vite au risque d’être perçu comme une copie conforme. La seule solution viable est de s’emparer du style qui vous convient, ne pas tenter de l’édulcorer ou de le moderniser et de le jouer comme le dictent votre sensibilité et votre environnement.

C’est des frustrations qui sont issues d’un paysage dévasté et d’une scène indie ne bénéficiant d’aucun soutien qu’est né Pinkshinyultrablast, un groupe de cinq musiciens originaires de Saint Petersbourg. Leur « debut album » est donc un double défi adressé qu’il est à un cadre qui fait tout pour les estomper ; on comprend qu’il se manifeste par une musique débridée qu’aucune entrave ne peut domestiquer.

Pédales « fuzz », vocaux qui se fendent pour révéler une splendeur chorale et une obsession shoegaze consolidée par, d’un côté une fixation pour des synthétiseurs Krautock drus et secs et, de l’autre, par une volonté d’aller vers les expérimentations classiques à la Terry Riley et Philip Glass. Le résultat en est celui d’une beauté angélique lumineuse qui s’insinue profondément dans une complexité bruitiste façon My Bloody Valentine.

Nothing Else Matters oscille ainsi au travers d’une dynamique où alternent le calme et le bruyant, les loops pleins de douceur de « Metamorphosis » ou les tempos épiques et carillonnants de « Marigold ». Que chaque morceau puisse être extrait de l’album et plongé dans un mix 90’s sans sonner dénaturé en dit long sur ce combo. Si beaucoup de groupes travaillent sous cet angle, Pinkshinyultrablast fait partie des meilleurs. Que cela soit sur leur premier disque, mérite d’être souligné.

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