Jim White vs. The Packway Handle Band: « Take It Like A Man »

Le bluegrass n’est pas la première chose qu’on s’attendrait à entendre de la part de ce légendaire chanteur excentrique qu’est Jim White. Pourtant, après avoir vu son documentaire Searching for the Wrong Eyed Jesus à la BBC, Packway Handle s’est mis à sa recherche pour qu’il produise un album. C’est alors qu’ils se sont aperçus qu’il avait une cachette secrète, faite d’influences bluegrass datant de sa période adolescente. Ainsi est né cet opus, Take It Like A Man.

Ce qui ne sera pas surprenant par conte c’est qu’il ne s’agit pas ici d’un disque de bluegrass traditionnel et direct. ; le résultat final en sera, en effet, une joyeuse collision de styles qui apporte un peu de sève à ces mélodies jolies et cool qui décorent une musique d’ordinaire assez collet monté.

Le banjo qui ouvre l’album sur «  Smack Dab in a Big Tornado » vous apportera un faux sentiment de familiarité ; les textes sont du plus pur « southern gothic » et la tonalité est celle d’un frénétique refrain hillbilly. L’accroche est décisive tout comme sur « Jim 3:16 » qui n’est certainement pas une chanson revivaliste religieuse typique de l’idiome bluegrass. Comparer un bar à une église qui sert de la bière résume la chose et ce côté mécréant sera en outre amplifié par une trompette et un euphonium qui se substituent à une fanfare de l’Armée du Salut qui marque la décision de White de préférer le bar à la « Maison de Dieu ».

« Paranormal Girlfriend » est probablement le titre le plus proche d’un classique bluegrass, mais, même sur celui-ci, deux ou trois passages montrent qu’un sourire ne quitte jamais les lèvres de White. Le reste de l’album garde cette facette enjouée ; « Sorrows Shine » interprété au banjo avec de magnifiques harmonies rappellera Gram Parsons et cette élégie qui voit un chanteur rock prêtant hommage à la musique avec laquelle il a grandi est de toute beauté.

La seule composition co-écrite avec Packway Handle ; « Corn Pone Refugee », sera une danse interprétée à plus de 100 à l’heure avec guitares et banjos joués si vite que les musiciens semblent s’éclater plus qu’il n’est permis ; ou du moins plus que le Seigneur ne l’autorise.

Même si le disque se termine sur « Sinner ! » on comprendra que c’est un clibn d’oeil adressé à qui écoute. Jim White est parvenu à subvertir l’univers bluegrass avec une parfaite maîtrise ; il n’est pas étonnant qu’il sorte vainqueur de ce Jim White vs. The Packway Handle Band.

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