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Jib Kidder: « Teaspoon To The Ocean »

Sean Schuster-Craig, alias Jib Kidder, est un artiste pop fervent de collages sonores dont la musique est passé de la ballade folk à des enregistrements de fortune fait avec un budget minimum. Cela lui a permis d’explorer les variations qu’il pouvait trouver en matière de nappes musicales en utilisant divers médias artistiques et ce que les rêves pouvaient également lui suggérer.

Cela fait de Teaspoon To The Ocean un véritable premier album (avec un nouveau label, dépendant de Domino Records) dans la mesure où il s’agit de onze compositions qui ont pour point commun le fait de nous fracturer l’esprit à grands coups de guitares « twangy », de jam sessions vivaces et de collages et samplings qui ponctuent le paysage onirique que Craig s’efforce de mettre en place.

Les plages sont d’ailleurs très profondément évocatrices comme « Remove A Tooth » qui ouvre l’album sur des vocaux doublés au milieu d’une mêlée de percussions et de reverb qui pulse comme une rage de dents.

Sur « Apettite » Craig rejoint une de ses vieilles amies, Julia Holter, pour un duo country baignant dans l’acide avant d’évoluer vers un jazz infusé de psychedelia sur « The Waves ». Les vagues seront à peine apaisées qu’elles feront place à un « Situations Of Love » et son climat de combustion lente qui voit Craig réfléchir sur un amour perdu.

« Melt Me » nous vaudra un détour vers le « new age », ce qui amplifiera le climat névrotique qui s’est déclenché tout au long d’un album qui se terminera sur un freak folk dans lequel il sera aisé de se perdre, « Wild Wind ».

Si on est fervent de compositions bizarres, Teaspoon To The Ocean, fera votre affaire. En effet, Craig semble parfaitement maîtriser la situation qu’il crée ; il ne s’agit pas ici d’un délire qui prône la spontanéité mais d’un but qui est de réaliser un album qui nous rende perplexe tout autant qu’impliqué. À cet égard, la mission est accomplie !

***1/2

29 janvier 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Chandos: « Rats in Your Bed »

Chandos est de Boston et ses environs, il n’est donc as surprenant que leur son évoque The Pïxies et Lemonheads. On pourrait dire de ce groupe de l’exemple type du combo qui va permettre aux « kids » d’opérer la transition entre la pop et le rock.

Ce « debut album » est rempli d’agression et de colère, sous-tendues par les vocaux de Dan Coulson toujours en surmultiplié. Il faut dire que Rats in Your Bed a été composé dans une période de regret de doute, seuls moments où, selon Coulson il lui a été possible de trouver une mélodie ou un accord.

La distorsion, omniprésente, ne sera donc pas surprenante et elle crée un effet métallique et sale qui imprègne de nombreux titres comme « … Pretty Sure It’s Tang Top » un morceau pop-rock juteux ou «  Fluorescence : Light : Cubicles : » une chanson pop punk aussi crasseuse qu’elle est brève (2 minutes).

Le fait que le disque ait été conçu avec, pour étais, l’adrénaline et le fun le rend immédiatement accessible un peu comme cette pop facile et formatée qu’on nous sert à-tire-larigot. La seule différence est de taille ; Rats in Your Bed dépasse le stade de la frustration juvénile et nous présente plutôt des personnes qui s’efforcent de mûrir au travers de leurs refrains. Bien sûr il n’est pas ici fait d’oeuvre originale mais, si Chandos parviennent à faire abandonner à leur cible les disques de One Direction, ils rejoindront peut-être Bloc Party, Fall Out Boy ou autres combos comme, plus récemment, les excellents The 1975.

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29 janvier 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Emmy the Great: « S »

Sur S, le premier album (en fait un EP) de Emmy the Great’ depuis Virtue en 2011, la chanteuse née à Hong Kong-et basée à semble d’humeur introspective par rapport à ses précédents opus plus décalés. Enregistré dans plusieurs villes du monde (Hong Kong, LA, New York et Londres) le talent de conteuse d’histoire de Emma Lee Moss atteint, ici, un niveau inégalé.

« Swimming Pool » présente une production minimaliste qui ne peut que vous hanter jusqu’au moment où le lo-fi est soulevé par des percussions qui se fracassent et des accords qui pétillent et se juxtaposent aux observations rêveuses et pleines d’esprit de l’artiste sur le profilé d’un bronzage aligné le long d’une piscine. La voix de baryton de Tom Flemming (Wild Beasts) y fait écho et semble ramper derrière comme pour accentuer ce que ces vocaux irréels ont de fantomatiques.

Il ne s’agit pas d’une chanson qui traite d’un être qui représente un objet d’amour mais plutôt d’un commentaire sur la façon et la vitesse avec laquelle notre monde change inlassablement. On trouve ce thème exemplifié dans « Socail Halo » où Emmy réfléchit avec cette phrase : « Oh no, everything’s moving so close. » sur les notions d’acceptation sociale et de l’anxiété qui peut résulter de cette problématique.

« Solar Panels » sera une composition basée sur des synthés qui évoquera la transition vers une existence en Californie et voit la vocaliste réfléchit sur les rêves qui nous font avancer et qui, parfois, se substituent à la réalité. Le « closer », « Somerset (I Can’t Get Over) » sera précisément une supplique adressée à son amant pour qu’il parvienne à faire coïncider ces deux éléments.

Si S préfigure un prochain album, il sait parfaitement aiguiser notre curiosité. Moss a su en effet délaisser un son anti-folk déjanté pour nous proposer quelque chose de plus fluide. Ne reste qu’à attendre et espérer de cette artiste qui sait mêler textes articulés à ses humeurs musicales aujourd’hui nuancées.

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29 janvier 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Dengue Fever: « The Deepest Lake »

Dengue Fever est un groupe psychédélique De Los Angeles, nommé ainsi à cause de la maladie attrapée par un des ses membres au Cambodge, pays qui est également l’endroit d’origine de leur chanteuse Chhom Nimol. Un des gimmicks du groupe sera d’alterner les deux langages ce qui fait de Nimol la véritable star de The Deepest Lake, un album aux tonalités trippy et surf rock qui se mêlent aisément à sa voix.

Le langage est un élément important du combo et les messages, qui si ils n’étaient pas chantés en Khmer sonneraient maladroits, sont ici concis et travaillés par de nombreux détails soniques. Cela, paradoxalement, favorise l’émotion comme sur un « Taxi Dancer » direct et franc ou « Rom Say Sok »qui amalgame mélopée et percussions. La langue étrangère n’aliène pas l’auditeur mais est là pour, au contraire, l’attirer.

Les vocaux de Nimol sont naturellement sexués mais, le groupe jouant beaucoup dessus, cette répétition devient rapidement lassante pour des oreilles occidentales. La fin de l’album voit d’ailleurs les morceaux se fondre aux autres tant ils sont similaires et, qualité mise à part, on a affaire à un brouillage qui les rend indistincts.

The Deepest Lake possède néanmoins quelques titres de choix. La rythmique hypnotique de « No Sudden Moves » nous embrigade imperceptiblement grâce à certains passages astucieusement séducteurs. Même si le désir sert de moteur à l’album, sa suggestivité n’a rien d’ostentatoire ; elle apparaît plutôt comme une confiance en la sensualité quand celle-ci est assumée. Il y a quelque chose, chez Nimol, qui évoque la femme fatale dans un phrasé dont on ne peut mettre en doute le ciopeur qui y est mis.

Dengue Fever est constituée de cinq musiciens et d’une déesse païenne et The Deepest Lake nous permet d’opérer un voyage dans un univers de divinités issus d’un autre monde ce qui fait de cette célébration une ode onirique à la Femme en soi.

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29 janvier 2015 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Cotillon: « Cotillon »

Cotillon est le nom que John Corso, « singer songwriter » de Los Angeles, a donné à son groupe après divers projets dont une collaboration avec Chet White des GIRLS. Le produit de ce travail se nomme Cotillon qui est aussi le nom du premier album du combo.

Cotillons décrivent leur musique comme du « flower punk » ce qui est une description assez exacte. En effet bien que leur esthétique possède une sensibilité punk évidente, on y trouve également des penchants pour le surf rock donnant ainsi à leur disque une tonalité plus légère et lumineuse que la chose punk traditionnelle. Le titre d’ouverture est d’ailleurs à tort intitulé « Gloom » dans la mesure où il représente plutôt une introduction au son du groupe : quelque chose de joyeusement contemplatif avec des vocaux au phrasé et aux textes volontairement brouillés.

La plage suivante, « Call Me Up », apportera, elle, un climat funk groove assez fun qui confirmera les racines west coast de Cotillon. Même si les vocaux de Corso sont parfois quelque peu geignards, l’atmosphère générale est à une réjouissance qui donne envie de danser et de lever les bras vers le ciel.

La facette plus punk de Cotillon se fera jour sur un « Asteriod » aux tonalités plus sombres et des textes qui sont preuvce que le combo peut adopter une varité de style tout en restant cohérent avec lui-même. « Before » sera un retour à une musique plus légère avant que, à partir de « Yesterday’s Shoes », Cotillon cherchera un équilibre entre surf rock et compositions désaccordées et vocaux punk dont le côté brut ne fonctionne que par intermittence. Un titre se détachera du lot, « Left Bank », une ballade au piano qui dévie totalement du surf mais dont la morosité sous-jacent ne trahit pas l’approche d’ensemble de l’album.

Celui-ci présente un assemblage intéressant de surf et de punk mais, au bout du compte, Cotillon s’oublie facilement une fois l’écoute passée. Les mélodies ne sont pas assez puissantes pour que le charme s’installe durablement ; ce qui en ressort alors sera plus une expérience esthétique qu’un véritable disque avec des chansons dont on puisse se souveni.r

**1/2

29 janvier 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire