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The Decemberists: « What A Terrible World, What A Beautiful World »

Être un artiste aujourd’hui n’est pas chose facile car il est maintes choses sur lequelles il faut se reposer et c’est un défi d’être capable de le gérer. Avec ce septième album l’ensemble qui tourne autour de Colin Maeloy, le leader des Decemberists, nous offre une approche assez originale dans la manière d’exprimer cette problématique et le fait de vivre une existence aussi diverse.

C’est bien sûr largement l’angle de Maloy qui est ainsi exploré et qui reflète ici ses influence personnelles. De cette introspection sont nées 14 titres, chacun montrant avec clairvoyance l’impact que peuvent avoir ces différentes expériences ; que ce soit le point de vue de celui qui est à la tête d’un groupe de rock, les relations entre individus et, bien évidemment, sa technique narrative. Le coeur de What A Terrible World, What A Terrible World en est aussi son fruit ; cinq ans qui ont marqué le passage à l’âge adulte, des années à la fois terriblement belles et bellement terribles.

Une caractéristique frappe d’emblée dans le folk rock du groupe est la manière la plupart des morceaux semblent s’enfler pour épouser les émotions qui en sont issues. Dans « The Singer Addresses His Audience » ou « Make You Better », les mélodies sont comme des hymnes qui magnifient en profondeur les sensations de par leurs paysages sonores. Parmi d’autres éléments, figurent des titres accrocheurs, presque mode et bruyants comme « Cavalry Captain » ou « Philomena » qui semblent ludiques et distrayants grâce à un violon ensoleillé et un trombone façon dixie. De toute évidence, The Decemberists ont parfaitement acquis le potentiel de leurs costumes folk-rock indie.

Tout comme sur leurs précédents albums, la couverture a été réalisée par l’épouse de Meloy, Carson Ellis. Comme d’habitude, elle formera un très bel ouvrage qui accompagnera le disque comme si il s’agissait de décorer une forêt magique et secrète qu’il appartiendra aux plus éclairés de découvrir et d’apprécier.

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15 janvier 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Belle & Sebastien: « Girls In Peacetime Want To Dance « 

Avec la sortie, attrayante et calmement aventureuse, de ce disque, toute crainte qu’on aurait pu avoir que Belle & Sebastien aient perdu leur élan en raison des distractions de Stuart Murdoch générées par le projet God Help the Girl ainsi que par l’enregistrement de seulement deux albums en neuf ans, doit être aujourd’hui évacuée. Si le groupe n’a pas percé comme leurs disques des années 90 auraient pu le faire espérer, il ne s’est pas non plus séparé et la faconde créative de ce nouvel opus suggère , au contraire, qu’un processus de jouvence est à l’oeuvre ici.

Les compositions sont subtiles, modernes dans la mesure où elles ménagent un mélange générique de ce qui se fait de nos jours mais lui apportent une touche artisanale old school aussi bien dans la musique que dans les textes. De ce fait, le spectre des chansons est plus large que ce à quoi les fans peuvent être habitués et avec l’érudition et le poli qui émanent des paroles on a droit à un équilibre efficace entre humour et réflexions sentencieuses. « Nobody’s Empire » est ainsi une exploration à la première personne des expériences du narrateur, combinant résilience et vulnérabilité, et riche de détails. « Enter Sylvia Plath » et « Play For Today » sont atteints de changements d’humeur et ponctués d’une synth disco alerte, anthémique et enlevée qui dément le sujet de ces deux drames issus de la BBC.

« Everlasting Muse » affichera un parfum gitan plein de swing et le tout sera enrobé dans un son cristallin du plus bel effet que l’on peut sans doute attribuer au producteur Ben Allen. Celui-ci parvient on ne peut mieux à mettre en évidence la pureté vocale de Sarah Martin en particulier quand elle chante en harmonie dans des duos et qu’elle est épaulée par une délicate reverb lustrée.

Belle & Sebastien valent mieux que le rock respectable et feutré dans lequel ils ont été enfermés. Si on cherche quelque chose d’hédoniste ou de psychotique, Girls In Peacetime Want To Dance sera trop aimable pour vous. En revanche , quand on aime que la musique soit mélodiques pleine d’esprit, diverse et dansante, il sera difficile de déceler une faille dans une écoute qui prodiguera joies et découvertes.

***1/2

15 janvier 2015 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

The Waterboys: « Modern Blues »

Le leader, compositeur et guitariste Mike Scott est l’élément central des Waterboys et, si on considère les débuts du groupe en 1983, Il ne peut plus prétendre être un jeune homme. Malgré le titre de ce nouvel album, Modern Blues, il n’y trouve f’ailleurs aucun intérêt.

Cet opus est un disque d’homme mûr qui contemple le monde d’une manière qui convient à son âge avec ces proportions de regrets, nostalgie et espoir en le futur qu’on peut avoir à cette période de la vie. Les textes de Scott font d’ailleurs librement allusion à Sun Ra, Charlie Parker, Miles Davies ou Elvis et il y a même un extrait du monologue de Keroac figurant dans Sur la Route. Bref rien qui puisse évoquer, comme le fait Nick Cave, la personne de Miley Cyrus. Entre son premier album, Fisherman Blues et aujourd’hui, Modern Blues aurait pu s’appeler aisément Middle-Ages Blues.

À côté de ses musiciens habituels, Steve Wickham et Ralph Salmins, Scott s’est entouré de Paul Brown aux claviers et du légendaire bassiste de célèbre Muscle Shoals studio Davaid Hood qui apporte de superbes touches de soul psychédélique au mélange de folk celtique, de gospel de country et de rock qui est la marque de fabrique du groupe. Pour exemples « Rosalidn (You Married the Wrong Guy) », le « single » November Tale » et le final époustouflant que constitue « Long Strange Road ».

D’autes compositions méritent qu’on s’y attarde, l’exaltant « Destinies Entwined », un hymne pour les « disco dads », « Still A Freak » ainsi qu’une très belle célébration d’un amour qui dure, « Beautiful Now ». On évitera néanmoins un « The Girl Who Slept for Scotland » qui s’aventurera un peu trop près de Chris Rea mais on ne pourra que constater que, avec ce dixième album depuis 83, Scott prouve qu’il n’y a aucune crainte à avoir quand il s’agit de vieillir et que, si Modern Blues est moins anthémique qu’avant dans la lettre, il le demeure toujours autant dans l’esprit.

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15 janvier 2015 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire