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Howard Eynon: « So What If Im Standing In Apricot Jam »

En 1974, un petit album est sorti en toute discrétion en Australie, album qui, même si il a fait quelques vagues hors de son pays natif, pourrait être un des nouveaux chefs d’oeuvre méconnus des années 70. Howard Eynon est né dans une petite ville britannique, St . Ives, et il a passé la majeure partie de sa jeunesse avec sa famille dans une ferme laitière de Tasmanie.

Au départ, Eynon rêvait d’être acteur et il c’est à Melbourne à l’âge de 17 ans qu’il l’entama. Il composait en même temps et on lui demanda d’écrire un morceau pour une pièce. Cela lui parit de passer du temps en studio et d’enregistrer ce So What If Im Standing In Apricot Jam devenu depuis album culte.

Le disque est, en effet, dans le style acid folk un véritable joyau. Il combine le facétieux, le fantaisiste et fantastique, le cérébral, le sarcastique et le politique, ou le tout simplement bizarre de manière aigüe, engageante et d’une étrangeté intrinsèquement ravissante.

Débutant sur un récit atypique, «  Wicket Wetdrop, Quonge and Me », l’opus va développer un climat folk alternant avec des orchestrations et une instrumentation propres à déclencher, à l’écoute, ce qu’il peut y avoir d’émotion vibrante en nous. Il touche à l’épidermique mais aussi à l’esprit et l’affect en un alliage qui aurait réuni les voix de Cat Stevens, Donovan et Bob Dylan.

C’est un album diversifié mais doté d’une vision mystique cohérente. « Vision Hill » est une composition folk orchestrée de 7 minutes à la narration parlée vantant les vertus de la nature, « Commitment to the Band » se veut une réponse à l’appel du vide préconisé par Sartre (constructions sociétales abandonnant toute responsabilité) avec son protagoniste debout devant un précipice et tenté d’y plonger alors que « Happy Song » est un morceau directement inspiré du Cat Stevens des années 70. Ajoutons un « Now’s the Time », folk pop aux délicieux arrangements à cordes, « French Army » profession de foi politique agressive accompagnée de cuivres lui donnant un tempo de marche militaire, « Gone to the Pine Tree » une mélodie parfaite sur un amoncellement de textes dont le non-sens surréalisteséduit et, enfin un « Hot B.J. » merveilleusement capricieux.

On peut se demander ce qui a fait que cet album soit passé inaperçu à l’époque où on n’était pas assiégé de sorties discographiques comme aujourd’hui. On restera sur ce mystère tout en se réjouissant de cette réédition qui, on peut l’espérer, ne subira pas le même sort que l’opus original.

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8 janvier 2015 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Nude Beach: « 77 »

Nude Beach est un trio de Brooklyn que leur « sophomore album » II a fait comparer à Tom Petty, The Replacements et Elvis Costello. Si vous êtes fans de power pop vous y trouverez également des traces de groupe comme Badfinger, The Rubinnos ou même de The Raspberries avec juste un peu plus de fuzz pour couronner des mélodies souvent claires et lumineuses

Cet ajout leur a permis de se séparer de l’étiquette power pop et leur nouvel album, 77, est même carrément ambitieux puisqu’il est double et qu’il daploie un son plus clean pour accentuer des qualités mélodiques encore plus évidentes ici.

Parties sont les influences précédentes : le Costello des débuts n’avait pas une tonalité aussi lustrée, Petty a toujours eu un penchant marqué pour l’americana et The Replacements n’ont jamais possédé une telle dextérité.

Se substituent alos des références aux Byrds (un « Used to It » au déhanchement mis en valeur par la slide guitar) sur des titre comme « I’m Not Like You » et « Can’t Get Enough », si ils rappellent la période II ont une instrumentation plus aboutie et concentrée et « Time » sera une ballade de chez ballade avec son récit d’amour perdu, de peine, de doute de soi et de temps qui passe.

La question qui se posera alors sera si, avec une telle profusion de compositions, 77 n’est pas un peu trop riche pour notre goût. Les géniteurs de Nude Beach se sont fait un nom avec des albums n’excédant pas 30 minutes, frappés de génie mélodique et se terminant avant que la lassitude ne s’installe.

77 va plus loin que cette démarche et, ce faisant, risqe de diluer l’impact de ce qui nous est présenté. La qualité n’est pas remise en cause, simplement la perception que nous pourrions avoir à l’écoute de ces 18 titres. En même temps, chaque morceau introduit une légère nuance dans ce qui s’échelonne à nos oreilles ce qui rend l’analyse de ce qui se passe un peu plus compliquée. Ce qui en ressort est un disque de pleine musicalité et qui n’a pas besoin d’étiquette, un album raffiné dans un genre mais qui aurait mérité d’être un peu plus affiné ou dégraissé.

***1/2

8 janvier 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Stars: « Set Yourself on Fire »

Parmi les groupes de indie rock canadiens qui ont fleuri sur la scène il y a une décennie, Stars a besoin d’être apprécié tout au tant que d’être pris en compte depuis leur troisième album, Set Yourself on Fire, ait marqué les esprits par un son frais et une utilisation de la noise pop qui mêlait sans heurts electronica ambient, post punk et pop shoegaze.

Cette approche s’est peu à peu diluée lors des disques qui ont suivi en s’appuyant systématiquement sur les forces de ses deux vocalises : Turquil Campbell crooner (un peu trop) mélodramatique et Amy Millan et son chuchotement apaisant. Les deux guidaient le groupe au travers de compositions de plus en plus chargées. L’impact était, certes, moins fort et immédiat mais le combo était parvenu à garder une qualité liée à une fiabilité qui, elle aussi, était vectrice de confort.

C’est par rapport à cela que No One Is Lost est le disque le plus satisfaisant de Stars depuis longtemps, peut-être depuis 2007 et un In Our Bedroom After the War injustement mésestimé. Il n’est qu’une instance où le combo s’éloigne du schéma musical qu’il maîtrise si bien et sans forfanterie en apportant une une approximation discrète et ponctuée de « raves » à la Guetta sur la chanson titre. L’effet n’en sera pas d’ailleurs très réussi ce qui implique que Stars a eu raison de rester dans sa zone de confort et de montrer qu’il comprend et sait jouer sur ce qu’une formule peut avoir de bon. La seule addition sera une guitare type New Order sur un bouillant « Are You OK » ou une touche de « twang » sudiste pour accompagner l’élégant « Look Away ».

Pour le reste, le groupe s’en tient à sa politique qui d’alterner des giclée de power pop accrocheuses comme « Movie Score » et des ballades ornementées telles « Turn It Up » et « No Better Place » toutes enrobées de leur habituelle lueur New Wave. Les textes sont, conséquemment, constellés de nostalgie et de romance ce qui fait de Set Yourself on Fire un nouvel album agréable mais sans surprises. Bref quelque chose de bien rodée mais d’un peu lisse.

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8 janvier 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire