Savages & Bo NIngen: Words To The Blind »

Quand il s’agit de faire collaborer des artistes qui se complètent, Bo Ningen et Savages vont ensemble comme deux éléments d’un même genre ; ce sont tous deux des explorateurs soniques implacables qui peuvent passer de l’assaut brutal à un minimalisme tendu et plein de retenue en une fraction de seconde.

Cette combinaison a un siège privilégie : celui de l’expérimentation. Les résultants en sont parfois brillants, mais toujours étranges. Jehnny Beth était déjà apparue dans III de Bo Ningen et elles ont joué « live » ensemble.Une des ces performances se nommait Words To The Blind, elle est devenu ici un album composé d’une seule plage.

Nous sommes censés être en face d’un Poème Sonique Simultané basé sur l’idée d’avoir différents langages entrant en collision. C’est une approche héritée du Dadaïsme, ce mouvement artistique subversif où, comme chez Duchamp, un urinoir à autant sa place dans un musée qu’une œuvre d’art.

Le premier langage de Beth est le Français, celui de Ningen, le Japonais et l’Anglais va se bousculer ici et là pour trouver un espace au-dessus de lignes de basses violentes et non linéaires qui sonnent comme si elles avaient été produite en frappant l’instrument sur un quelconque objet.

Le tout commence par une conversation effrayante et chuchotée dont on discerne qu’elle est conduite en Français. En chemin, Beth va sonner comme si elle plongeait dans un tunnel rouillé comme un fantôme qui manierait une guitare et serait suivie par des craquements terrifiants rappelant The Shining.

Avec Dada revendiqué de cette manière, il n’est pas surprenant que Words To The Blind est, en grande partie, déroutant et déconcertant. Quand on discerne des structures, elles ressemblent vaguement à un groove où serait introduit toute la rage et le leitmotiv qu’un son peut produire et d’où sortirait une étonnante floraison issue de l’obscurité. Mais il s’agit de quelque chose qui demeure sombre et d’où nulle issue n’est envisageable, bref un répit pour mieux nous faire retomber. Le fait que Words To The Blind n’ait pas ainsi de véritable sens d’un point de vue conventionnel est peut-être le but de cette entreprise. Si c’est le cas pour Ningen et Savage ; la réussite est totale.

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