No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Molly Drake: « Molly Drake »

Molly Drake est une collection d’enregistrements effectués sur un magnétophone à bandes dans les années cinquante par la mère de Nick Drake. Ce sont des morceaux qu’on ne peut donc qu’entendre en relation avec son fils et sa courte carrière mais ils sont, avant tout cela, un recueil ; un récit intime et personnel couché sur un support où les sifflements sont nombreux ce qui, quelque part, apporte une plus grande profondeur à l’ensemble.

Le disque comporte 19 titres, brefs pour la plupart, portés par la voix de Molly et son piano. Elle y évoque ici sa fascination pour les oiseaux, la nature, l’amour et le monde qui l’entoure. Ces évocations sont véhiculées sous des tonalités de berceuses mais celles-ci sont douces-amères, le seul élément y échappant est sa révérence pour les oiseaux, (« Little Weaver Bird », Cuckoo Time »), qu’elle utilise de manière symbolique tout en parvenant à rendre touchantes et littérales ces évocations.

Drake parvient aussi à faire passer une certaine sagacité remplie de sagesse sur les visions qu’elle a de l’amour. Elle le fait de façon mordante et intelligente parfois, en particulier sur une plage comme « I Remember ». Sa voix tournoie puis chute comme les oiseaux dont elle parle tant, mais aussi en analogieavec la palette des émotions qu’elle nous sert sur l’album. Cet aspect introspectif peut nous donner l’impression de surprendre une conversation qui ne nous est pas destinée et il est, à cet égard, aisé d’y voir un préambule à l’oeuvre de son fils. Cela ne rendrait pas rendre service à Molly Drake ; voici en effet un disque qui n’appartient qu’à elle, son histoire, ses secrets dévoilés narrés avec cette beauté qui ne peut que vous émouvoir ou vous fendre le coeur.

***1/2

20 décembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

BC Camplight: « How To Die In The North »

Qu’arriverait-il à quelqu’un à qui on aurait offert l’opportunité du siècle et si il était passé à côté ? C’est un peu ce qui s’est passé avec BC Camplight : près de huit ans après son dernier album ce chanteur américain basé à Manchester tente de tirer les leçons de ses erreurs et revient avec un nouvel opus : How To Die In The North.

Le disque démarre sur un mode « funky » avec un « You Should Have Gone To School » aux tonalités galactiques et aux « beats » accrocheurs dont on pourrait penser qu’ils allaient indiquer le climat de tout l’album, mais, au contraire, celui-ci va opérer un virage à 360° avec un « Love Isn’t Anybody’s Fault » qui nous offre un titre aux relents 60’s avec des mélodies orchestrées et des vocaux doucereux et angéliques visant à attirer l’attention de tout le monde et à légèrement introduire un des thèmes du disque.

« Just Because I Love You » est en effet un titre angélique à nouveau, se plaisant à décrire le sentiment amoureux avant que « Grim Cinema » ne débute de façon acoustique pour déboucher ensuite sur un « rocker » décrivant ce qu’on ressent à échouer très (trop?) vite et l’agitation qui s’ensuit.

« Good Morning Headache » poursuivra dans cette voie où colère et dépression sont conjuguées même si il commence doucement sur des vocaux suaves. Les textes insisteront rétrospectivement sur ce qu’on tire de ces épreuves tout comme sur l’amour évoqué aux premières plages.

Viendra ensuite le ton et le temps de la tranquillité avec un « Thieves In Antigua » très Beach Boys d’esprit et une ballade sereine et à la chaleur apaisante, « Atom Bomb ».

Pour presque compléter le tout, on aura droit, avec « Lay Me On The Floor », à un fredonnement aux influences exotiques (Africaines et Cubaines) avant que celles-ci ne se transforment en un rock psychédélique ponctué de « beats » électroniques et de vocaux répétitifs.

La conclusion viendra ensuite avec « Why Doesn’t Anybody Fall In Love » profession de foi qui résumera la thématique du disque et qui, musicalement, montrera la versatilité artistique de Camplight avec son ouverture au piano et des textes songeurs pétris d’espoir en un heureux déroulement à sa quête.

Le personnel, ici, se veut plus global mais représentatif de l’âme de l’artiste. Il nous emmène en un voyage futuriste et hypnotique vers la découverte de soi, étayé de ces divers genres musicaux qui parviennent à nous entraîner de manière convaincante sur ces montagnes russes qui sont le siège de toutes les émotions possibles. Ces sensations, personne ne peut se vanter pouvoir y échapper ; c’est en ce sens que l’on pourra dire que cet album est, non seulement instructif, mais également exemplaire et fédérateur.

***1/2

20 décembre 2014 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Two Inch Astronaut: « Foulbrood »

Two Inch Astronaut est un groupe en perpétuel mouvement. Bad Brother, en 2013, véhiculait le son d’un combo muni de tout un stock d’idées et d’un équipement de studio convenable ; Foulbrood s’en empare, s’emploie à les cimenter, et dispose d’un meilleur matériel d’enregistrement. C’est un disque novateur, un hardcore qui sollicite votre attention dès la première accroche instantanée du titre d’ouverture.

Des morceaux comme le féroce « Part of Your SCene » nous montre leur habileté à taillader un son à partir d’un mélange de hardcore et de indie math rock affuté et que, si on peut les comparer à Jawbreaker et The Dismemberment Plan, Two Inch Astronaut se situe sur un plan bien à part par rapport à ces piliers de la scène emo-punk.

On pourra alors considérer « Dead White Boy » comme la base de ce qui serait le point d’orgue d’un de leurs concerts, un composition épique de plus de 7 minutes téméraire mais ne devenant jamais ennuyeuse. « The best part of getting old is that you know exactly what you want » entend-on ici ; c’est de toute évidence une profession de foi amenée avec force à une conclusion viscérale par des guitares grinçantes.

Foulbtood est la suite logique de Bad Brother et elle est autrement meilleure. Les textes sont plus compréhensibles, l’instrumentation serrée comme ça n’est pas permis et elle déborde du syndrome d’agressivité de celui qui veut tout foutre en l’air. « Cigarettes, Boys, And Mowies » est une lamentation subtile à propos de ces choses pour lesquelles on a perdu goût et les parties plus mélodiques (« Black Moon Nighstick ») seront également mieux articulées.

On retrouvera également l’impressionnant penchant qu’a le groupe pour nos déivrer des tempos inhabituels et des progressions d’accords atypiques dans un format qui demeure accessible aux fans de hardcore. Le disque frappe dur mais est nuancé, ceci avec un équilibre parfait. Voilà un album qui fait évoluer le hardcore de la meilleure manière ; il est, décidément, bien au-dessus du coùmbo lambda.

***1/2

20 décembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire