Rhyton: « Kykeon »

Un Rhyton est un vase grec antique dans lequel on buvait de l’alcool. C’est également le nom d’un trio indie de Brooklyn oeuvrant dans le psychédélique expérimental. L’utilisation de cette ancienne urne est censée symboliser leur inspiration pour Kykeon (qui est également une boisson mythologique) leur nouvel album, essentiellement instrumental.

Seul un titre dessus ne dépasse pas les six minutes et, avec un groupe pop-rock ordinaire, cela pourrait sonner comme un travail ardu résultant en un disque ampoulé, mais, comme aucune composition n’arbore de textes, la structure étendue permet à chaque morceau de changer et d’explorer de multiples humeurs en leur sein même.

« Siren in the Byblos » ouvre le bal avec une électronique qui vous fait vous demander si le synthétiseur n’est pas hors d’usage. C’est un début chaotique qui va soudain évoluer vers un groove plus cool grâce à un enclenchement de guitares, un tambourin comme seul instrument de percussion et, si on écoute soigneusement, une mélodie délicate à la mandoline.

Celle-ci va être utilisée de manière plus large sur le deuxième titre, « Topaki », et elle apporte une certaine légèreté aux vagues formées par les minuscules sons de cymbales qui fracassent la composition. Ces deux éléments sont un adjuvant essentiel aux mélodies orientales qui jaillissent des guitares. C’est une composition calme, presque zen ; une transition parfaite à la nature irritante de la première plage et elle se termine surtout par d’extraordinaires et subtils solos de guitares et de mandoline.

« Gneiss » mêlera électronique et guitare de façon plus fluide que sur le titre d’ouverture, tout comme la reverb de la six cordes se fondra harmonieusement au synthétiseur.

Ce que l’album réussit de mieux d’ailleurs c’est de créer des sons de guitares complexes et étranges ; à chaque étape celles-ci proposent des climats différents qui permettent à celui qui écoute de les explorer et de s’y perdre. Sans doute est-ce pour cela que l’avant-dernier morceau ne fonctionne pas ; « California Black Box Vapor » ne sera composé que d’electronica qui formera un chaos déplaisant heureusement de courte durée.

On retiendra le reste ; pour sa créativité et, avant tout, sa fluidité chose suffisamment rare dans la musique expérimentale pour être saluée.

***1/2

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