Last Ex: « Last Ex »

24 novembre 2014

Avec Hot Dreams, les Canadiens de Timber Timbre nous proposaient une pop élégante, efficace et ambitieuse.. Pour ce premier album éponyme de Last Ex, c’est la moitié du quatuor que l’on retrouve avec une tentative de finir de composer un bande son inachevée que le groupe avait en projet.

Ce « debut album » sonne comme il devait sonner, sauf qu’il s’agit d’un film d’horreur chose qui était d’ailleurs prévue initialement. On y trouve une ambiance expérimentale ponctuée par ces synthés qui ont eu leur heure de gloire dans le « shock cinema » des années 70. L’addition de batterie et de basse va néanmoins rendre le résultat beaucoup moins effrayant que ce qu’il aurait pu être.

On doit s’en féliciter d’ailleurs car, en secouant les contraintes, Simon Trottler et Oliver Fairfield ont réalisé une musique qui va nettement plus loin que celle pour laquelle ils avaient été commissionnés.

« Girl Seizure » affiche un instrument qui vrombit mais, à l’image de l’album, Last Ex a fait de son disque quelque chose de plutôt « fun » de de volontairement effrayant. « Flûte Magique » a unevibe surf et « Resurrection Drive » évoque Morricone. Tout se passe comme si ce qui devait être la musique de The Last Exorcism, Part II était devenu quelque chose où l’effroi se combine à la chaleur et où on s’employait à trouver une certaine beauté dans des sonorités boueuses. Les deux protagonistes s’amusent avec les nerfs de son public comme si il s’agissait de les faire frémir, mais il le parvient en associant angoisse qui vous hante et sourires qui, loin d’être nerveux, nous intègrent à ce jeu sur les codes du film d’horreur. Aux qualité de Timber Timbre, ils auront ajouté humour, second degré et intelligence.

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Absolutely Free: « Absolutely Free »

24 novembre 2014

Ce trio de Toronto s’est formé en 2012 après la séparation de DD/MM/YYYY. Leur nom a-t-il été influencé par le titre d’un album de Frank Zappa ? On peut en douter car ile groupe décrivait son approche à la construction d’un bateau dans une bouteille ; retenue, précise et patiente contrastant avec le « math rock » plus bruyant de leurs débuts.

Voilà enfin leur « debut album » éponyme et produit par Mike Haliechuk (Fucked Up). Absolutely Free va brouiller les lignes entre la psychedelia et le krautrock en utilisant des synthétiseurs tout sauf agressifs, des percussions lourdes de prophéties, d’orgues comme des boucles cycliques, d’enregistrements pris sur le vif et d’harmonies en trois parties prises sur le mode de l’apaisement.

Le disque s’enfle et gonfle, tourne et s’égare mais plutôt que de nous donner la sensation d’être perdus dans un puits sans fond il affiche une cadence organique qui débute et termine chaque composition de manière naturelle.

On pressent que, « live », l’expérience se veut viscérale et physique mais, sur disque, une écoute répétée fait percevoir de nouvelles nappes instrumentales, des harmonies chuchotées et à peine perceptibles et des lignes de synthés qui suggèrent l’utilisation plus intime de casques stéréo.

De ce point de vue, le titre et le nom de groupe, tout connotas qu’ils soient, ne sont pas véritablement des leurres. Ils représentent en effet un affranchissement de certains modèles et si, dans la forme, le mode Frank Zappa n’est pas à l’ordre du jour, la référence est beaucoup plus appropriée quant à la démarche.

On appréciera, finalement, le chaos structuré que Zappa avait su insuffler et que l’on retrouve ici tout comme  les enregistrements en analogique. On notera enfin la la psychedelia bouillonnante de « Beneath The Air » et le « closer » incandescent qu’est « Spiral Jetty ». Tout ceci fait de Absolutely Free un album qui tient les promesses augurées par le groupe.

***1/2


Graylag: « Greylag »

24 novembre 2014

Ce disque éponyme de Greylag est l’introduction idéale pour se préparer à la saison des plueis d’une ville comme Portland. Le « debut album » de ce trio est prolifique en vocaux maussades, en instrumentation venteuse et soufflant en rafales et en chansons rock teintées de folk dont les thèmes seraient les échecs et les rapports humains.

Greylag va ainsi onduler entre moments risqués où les distorsions fonctionneront à plein régime et passage acoustiques plus doux où les arrangements baigneront dans un brillant nuageux, aidés qu’ils sont par les vocaux traînants de Andrew Stonestreet.

On ne pourra s’empêcher de rapprocher Greylag de Band of Horses ou Fleet Foxes et c’est une influence dans laquelle le groupe se fond à la perfection. L’interaction des guitares entre acoustique et électrique s’exerce de manière dynamique et fait se côtoyer à merveille murs de distorsions brumeuses et denses avec six cordes sèches frappées avec détermination mais finesse.

Le tout concourt à donner une atmosphère étrange et fort amène à vous hanter tant elle vous absorbe avec des harmonies qui flottent de manière incessante. Le morceau phare sera « Yours To Shake » qui débute sur un léger ruisseau de slide guitar et de percussions avant de, traitreusement, nous engloutir dans un océan où les vagues seraient énormes et peuplées de guitares en fuzz.

« Arms Unknown » suivra un format similaire, mais avec une intonation ici plus folk, qui ne pourra que vous accrocher avec les lames gonflantes de son chorus qui incorporera notes plus arrondies et slide traînante.

Arrivé à la seconde partie du disque, on se sera familiarisé avec la formule et, même si elle n’atteint pas la qualité de la première, le courant sera assez fort pour nous accompagner jusqu’au dénouement. Rien ne sera vecteur de gaieté dans cet album, c’est certain mais, comme dit plus haut, il convient parfaitement à essuyer les saisons automnales.

***1/2


Erlend Øye: « Legao »

24 novembre 2014

Erlend Øye s’est fait connaître avec King of Convenience, un duo pastoral influencé par Nick Drake mais avec quelques tonalités plus cosmopolites. Øye ne cessait pas pour autant de jouer avec l’eléctronique et des artistes comme Röyksopp. Sa voix folk s’est orientée alors vers la « dance » et, pour ce deuxième album solo, il a gardé l’oeil sur celle-ci tout en se rapprochant de sa mère patrie, la Norvège et nous délivrant un disque que l’on pourrait qualifier de « reggae nordique ».

Legao a été en effet enregistré avec un groupe de reggae islandais, Hjálmar, et ces derniers apportent leurs pattes sur des morceaux comme « Peng Pong » ou « Rainman ». L’instrumentation y est délicate et les rythmiques balancent doucement pour nous emmener dans un univers de relaxation.

Le songwriting de Øye est comme sous-entendu et il s’intègre alors parfaitement aux moments les plus calmes du disque comme « Save Some Loving ». L’instrumentation est d’ailleurs curieuse car elle semble touffue et envahissante mais il serait difficile d’imaginer qu’il puisse en être autrement.

Le résultat est un album au flot tranquille ; à cet égard, on pourrait associer le chanteur à quelqu’un comme James Taylor (le faux reggae de « Bad Guy Now ») ou Paul Buchanan sur cette élégie au piano qu’est « Who Do You Report To ».

Même si l’atmosphère générale est celle, morose, qu’on associe à des déceptions amoureuses, il y aura pourtant de nombreux éléments dans lesquels ont pourra se laisser bercer . Kings of Convenience étaient à la tête du mouvement « Quiet is the new Loud » , Leago lui apportera sa confirmation sur un autre registre plus organique, celui des émotions.

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The Bots: « Pink Palms »

24 novembre 2014

The Bots est un groupe garage de Los Angeles dont Pink Palms est le premier disque . Celui-ci est empli de grunge rock accrocheur, de riffs sonic punk façon 70’s et de quelques ballades blues ; bref,c’est le « debut album » dans toute sa speldeur.

Mikaiah et Anajah Lei sont frères et sœurs (17 et 21 ans) et leur premier EP, Sinverely Sorry, leur a valu de figurer à l’affiche du Coachella 2014 et ce disque va vouloir élargir l’attention dont ils bénéficiaient au-delà de la scène locale.

L’opus démarre fort avec « Ubiquitous » : riffs séducteurs et sonorités punk rappelant Black Flag. Autre influence les guitares étouffées à la Black Sabbath omniprésentes dans le disque, montrant leur appréciation des techniques du metal des débuts.

Le deuxième morceau, « Blinded », pourrait très bien être un « single » : accrocheur, enlevé avec une structure similaire à celle des Arctic Monkeys. Tour le disque d’ailleurs semble être un écho du dernier des Monkeys AM.

« All I Really Want » prendra une direction plus avant-garde avec des vocaux volontairement fauxs et des riffs expérimentaux puis Pink Palms s’orientera vers des climats plus calmes avec « All Of Them (Wide Awake) » et « Alabama ». « Bad Friends » aura la même tonalité mais avec une légèreté plus appuyée et nuancée, prouvant la capacité du groupe à incorporer ce type de subtilitytés autant que des influences plus batailleuses.

Au travers de toutes ces atmosphères et d’un tracklisting qui sait à merveille alterner le chaud et le froid, The Bots montrent que leur musique peut être « fun » mais aussi diversifiée au point de prendre des virages inattendus. Si Pink Palms est une profession de foi, elle mérite d’être entendue.

***1/2


The Young Sinclairs: « This Is The Young Sinclairs »

24 novembre 2014

Qui n’est pas attiré par une musique qui se réclame des années 60 ? This is The Youg Sinclairs est précisément une véritable fête sonore pour qui aime les guitares en arpèges et les harmonies douces amères qui émanent de cette période.

Le titre d’ouverture, « You’re Tied » exemplifie à merveille cette tonalité. Il sonne comme s’il aurait pu apparaître sur le premier album de Love mais il est également garni d’une petit galop qu’on pourrait qualifier de « garage folk rock » : guitares carillonnantes sous des vocaux influencés par le r&b de l’époque.

« New Day » est un autre de ces morceaux de choix rempli de guitares à la Byrds et sonnant comme certains groupes des 80’s comme R.E.M. (période Murmur) qui voulaient apporter une certaine résurgence à ce style.

The Young Sinclairs ont néanmoins une tournure plus rétro, un peu comme si la new wave n’avait jamais existé. On retrouve dans leur musique un esprit détendu et communautaire façon CSN&Y ou Band (« That’s All Right », « Dead End Street »).

Ailleurs les chorus sont énormes mais subtils et des harmonies à vous faire fondre ‘ »Turned Around » façon Big Star ou « Never Uneasy » et sa cadence plaisamment tranquille à la Crazy Horse).

Bien sûr, tout cela a été fait avant ais il y a quelque chose de réjouissant à pouvoir réentendre ces mêmes éléments aujourd’hui. The Young Sinclairs ont également d’y ajouter une certaine nuance explosive mod héritée des Who. Les quatorze titres alterneront ainsi climats « laidback » et refrains plus rapides ; un morceau comme « Someone Like The Hawk » ira même dans le plus extrême de ce son « West Coast » et « Orion » sera un joli petit prodige de folk rock ou Lein Young aura eu la bonne idée d’éparpiller des étoiles de poussière sur une mélodie brumeuse.

Ce dernier titre pointe d’ailleurs déjà vers une évolution, et elle semble prouver que The Young Sinclairs ont d’autres cordes à leurs guitares et qu’ils n’en resteront certainement pas là.

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KMFDM: « Our Time Will Come »

24 novembre 2014

Trente ans d’existence et plus d’albums qu’aucun autre groupe, KMFDM sont de retour avec un nouveau albu de rock industriel, Our Time Will Come. La première chose qu’on note est que le combo a laissé tomber le symbole à cinq lettres qui faisait office de titre et retrouvé un intitulé long, le premier depuis 1988.

Cela n’a que peu d’importance à l’écoute, à moins d’y voir un signifiant particulier, car les motifs de KMFDM sont toujours là que ce soit sur la pochette ou la combinaison de riffs brutaux et de synthés dance.

Le début, « Genau », entame le disque de manière familière, un morceau « club friendly » rcité en allemand avant d’adopter une tonalité plus mesurée sur un « Shake The Cage » pensif et morose.

« Respekt », « Salvation », « Get The Tongue Wet » ou « Make Your Stand » poursuivront la démarche habituelle dont le groupe a été le pionnier, ce mélange d’accessibilité et de climats qui se veulent être des hymnes.

Les morceaux plus lents, « Out Time Will Come » et « Playing God », plus dépouillés, s’efforceront de mettre l’accent sur le cponcept de « songwriting » et de nous apporter une profondeur dont les textes, mis en avant, seront les porte-voix.

On sait à quelle continuité s’attendre après 30 ans de carrière pour KMFDM. Production impeccable, vibe vivante mais les Allemands parviennent toujours à apporter à leur musique de nouveaux éléments et même des variations stylistiques.

Ils ne sont sans doute plus à l’avant-garde des concepts qu’ils ont créés mais ils demeurent une unité forte et avec laquelle il faut toujours compter. Ajoutons que, comme c’est le cas chez eux, il n’y a absolument aucune plage qu’on puisse considérer comme un titre de remplissage et on ne voit donc pas pourquoi, la patience réclmée qu’induit le titre soit épuisée une fois l’album écouté.

***1/2


Rapid Talk: Interview de We Were Promised Jetpacks

23 novembre 2014

Ils viennent de sortir leur troisième album, Unravelling, We Were promised Jetpacks entrent maintenant dans le rituel des concerts censés assurer la promotion de ce nouvel opus. À la veille de cette tounée, leur guitariste Michael ‘Mike’ Palmer parle bien sûr du disque, de ses accointances avec The Twilight Sad et de ce que serait pour lui une collaboration idéale ; Dr. Dre…

 

Vous avez désormais un nouveau membre, Stuart McGachan, comment l’avez-vous rencontré et qu’est-ce qui vous a poussé à changer votre line-up ?

Moi et Adam (Thompson, vocaux/guitare) sommes copains depuis des annéeet on allait même à l’école ensemble. On avait décidé de secouer un peu les choses et on l’a engagé car il est bon aux claviers. On jouait les mêmes morceaux depuis des années et on commençait à en interpréter d’autres qui figurent sur Unravelling. On avait donc besoin de quelqu’un pour assurer les parties de claviers en « live » également. On souhaitait également avoir un autre avis pour être certains qu’on ne refaisait pas les mêmes choses. L’arrivée de Stuart a résolu ces deux problèmes.

Vous avez enregistré Unravelling avec Paul Savage ; qu’est-ce qui vous a poussé à travailler avec lui et comment est-ce que cela a affecté votre approche pour cet album ?

On savait qu’on voulait enregistrer en Écosse, chez nous avec des horaires réguliers. On ne souhaiait pas nous enfermer je ne sais où et travailler 20 heures par jour comme avant. On avait besoin d’heures spécifiques pour bosser puis rentrer voir nos copines. Une fois ceci acquis, il nous paraissait évident de travailler avec Paul car il est fantastique. On a fait beaucoup de pré-production avec notre ingénieur du son Andy Bush aussi on avait déjà quelque chose à proposer pour un assez grand nombre de titres. Une fois qu’on s’est assuré que Paul était avec nous, ça nous a rendus encore plus confiants.

Sommes-nous censés percevoir quelque chose si on fixe assez longtemps la pochette de Unravelling ? Ou est-ce une plaisanterie sur les gens qui essaient de trop interpréter ?

Il y a un visage qu’on est supposé voir, hormis cela rien de plus !

Vous avez tourné avec Frightened Rabbit et Twilight Sad. Êtes-vous encore en contact avec eux ?

Tout à fait ! D’ailleurs on part en tournée américaine avec Twilight Sad. On adore tout ce qu’ils ont fait et c’est toujours une joie de jouer avec eux. Je ne connais pas leur nouvel album même si on est sur le même label. C’est un mystère… Je vais leur demander de me l’envoyer.

Quelle est la chose la plus étrange qui vous soit arrivée en concert ?

Il y a eu un couple qui s’est marié durant un show à Los Angeles. On ne s’en est rendu compte qu’après. Parfois des gens veulent monter sur scène et c’est toujours un peu effrayant pour nous.

We Were Promised Jetpacks existe de puis 10 dans : de quoi êtes-vous le plus fier ?

Jouer à Coachella était incroyable. Et puis récemment figurer en vedette au Webster Hall à New York. C’est toujours assez exceptionnel de voir tant de gens ayant payé leurs tickets pour venir nous voir.

Et dans l’idéal avec qui aimeriez-vous travailler ?

Dr Dre. On aurait aimé être en 2001 mais c’est un peu tard. Peut-être viendra-t-il en invité sur un prochain album.

Finalement quelles ambitions vous reste-t-il à réaliser ?

On n’a pas véritablement de listes aussi on aimerait continuer à écrire et enregistrer. Un peu d’argent ne serait pas de mal aussi surtout quand on approchera la trentaine. On pourra se vanter qu’on se bourre la gueule tout en tournant !


Meatbodie: « Meatbodies »

23 novembre 2014

Cet album éponyme de Meatbodies débute sur une longue exploration de l’espace, qui ne sert qu’à faire de la première réelle composition, « Disorder », une chanson parfaitement adaptée à son titre. C’est un morceau de punk-rock classique enthousiaste qui se termine en total chaos sonique ; tout cela nous révèle le spectre de la palette du groupe et préfigure ce dont le disque va être fait.

Ce dernier à un sens du flux inflexible, nous amenant au travers de déguisements faits de rockers périlleux de première ordre lacés à une psychedelia acoustique brumeuse vers quelque chose qui a une essence rock and roll authentique avec juste ce qu’il faut de punch pour être efficace.

Les compositions sont bien construites et contiennent une bonne dose d’accroches et de lignes instrumentales mémorables On peut citer par exemple »Two » et son colossal pont musical en huit mesures (façon « Hard Day’s Night ») dons lequel le chanteur Ubovich se distingue par un phrasé étonnant dans lequel les mots servent à révéler un côté vulnérable inhabituel dans l’image qu’on se fait d’un rocker.

On notera également des procédés atypiques comme des passages de scat jazzyt qui semblent surgis de démos et nous rendent encore plus proches du groupe et de son processus créatif. « Wahoo » sonne, ainsi, comme une supplique avec un pont frais et détendu mais, a contrario, ne déparerait pas également d’être l’accompagnement musical d’un produit à la mode grâce à son énergie et à son chorus vocal perçant. Le tout est délivré Par Chad Ubovich avec l’assurance d’un vieux briscard, climat confiant distillé sur tout l’album.

On pourra accorder une mention spéciale à « Tremmors » un des morceaux phares de l’album : solos de guitare étourdissants en interaction avec la section rythmique tout droit sorti du rock des 70’s ou « Off » qui ne sera pas sans évoquer Nirvana.

Meatbodies se révèle un disque qui nous enchante à chaque écoute ; c’est aussi gratifiant pour celui qui aura le temps de s’y pencher, volume au maximum, que pour son créateur

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Museum of Love: « Museum of Love »

23 novembre 2014

2014 a été une année chargée pour DFA. Elle se termine sur Museum of Love un duo composé de Pat Mahoney (LCD Soundsystem) et Dennis McNany (Run Doc). Les deux ont déjà tournée ensemble et cet album éponyme les réunit avec pour but d’échapper aux stéréotypes de la musique electro et d’en présenter une face plus chaleureuse.

Museum of Love est éclectique à souhait mais, grâce à la volonté des deux artistes, ne manque jamais de cohésion. Un bon exemple en sera le « single », « Down South » avec les vocaux d’un invité de marque, David Byrne dont le phrasé paranoïaque est accompagné d’un tempo funky mais passuuffisamment agité pour en faire ce qui serait un de ces titres « techno dance » de rigueur.

D’une manière générale, les multiples nappes de synthétiseur set de boîtes à rythme effacent la frontière entre ce qui est humain et ce qui est issu d’une programmation (« In Infancy », « Fathers » contiennent des tonalités analogues dont la chaleur est incontestable)ett en fait, la totalité de l’album s’efforce d’apporter une riche onctuosité aux climats que ce soit par les nuances de basse sur le « xloser », «  And All The Winners (Fuck You Buddy) » ou ces halètements qui semblent chercher de l’aide sur la freak-out jam qu’est un « The Large Glass » où les micros sont placés comme si ils voulaient capter toutes les possibilités de la voix humaine.

Enregistrements méticuleux, apportant donc profondeur (on ne saurait conseiller un casque), et même si une seule écoute des neuf compositions pourrait paraître succincte, Museum of Love semble être un excellent point de départ pour de futures collaborations.

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