The Inspiral Carpets: « Inspiral Carpets »

27 novembre 2014

Il fut un temps, il y a 25 ans, ou le logo de Inspiral Carpets, une vache avec un œil infusé de psychedlia et le slogan « Cool As Fuck » se voyait partout sur les tee-shirts. Avec The Charlatans, ils représentaient la deuxième vague du « Madchest Movement » après The Happy Mondays et The Stone Roses. À l’inverse de ces derniers, la musique des Carpets n’est pas restée comme un des canons du rock diffusé encore à la radio.

C’est assez dommage car le son de The Inspiral Carpets abordait un autre registre que le « baggy sound » qui était celui de l’époque. Ils n’arboraient en aucune cas le pastiche avec leeurs vocaux qui semblaient venir d’un territoire où l’ecstasy régnait en maître mais ils étaient fortement imbriqué dans un son où l’orgue Hammond avait la part belle et nous balançait des compositions nourries par le fuzz de groupes garage des sixties comme ? and The Mysterians et pat des textes intelligents comme ceux de Jam.

Cette formule leur a donné 11 « singles » dans le Top 40 entre 90 et 95, quelques uns sont même des classiques, et une dette que leur doit Noel Gallagher qui s’est emparé de leur style en termes de composition.

Ce nouvel album depuis 20 ans les voit retrouver leur chanteur original, Stephen Holt, qui avait quitté le groupe avant que ne surviennent les premiers « hits ». C’est une collection de morceaux agréable qui ne disgrâce en aucun cas leur catalogue passé et qui, par moments, nous illumine de la douceur mélodique de leurs meilleurs titres. Certains adhèrent à l’éthique punk (celle des 60’s) : simple, punchy et construite pour un impact immédiat mais leufs meilleurs chansons sont celles qui sont les plus réfléchies. On notera « A to Z of my Heart », titre lent qui doit beaucoup aux Stranglers, un « Flying Like A Bird » aux harmonies luxuriantes, et les trois morceaux de conclusion, accrocheurs en diable : « Forever Here », fier et mag-istral, « Let You Down » et une composition épique de toute beauté « Human Shield », menée à la basse que n’aurait pas reniée le Velvet Underground.

Ne serait-ce que pour ces trois exemples, ce cinquième et tant attendu album des Carpets méritent d’être exploré.

***1/2


Wreimeister Harmonies: « Then It All Came Down »

26 novembre 2014

Wreimeister Harmonies est le projet de JR Robinson, artiste de doom rock dont le deuxième album, Then It All Came Down, a la particularité de ne se constituer qu’une seule plage. Les chorus fantomatiques, les cloches qui sonnent comme des glas, les arpèges à la guitare acoustique ou les cordes énergiques devraient ravir ceux qui sont fans de compositions d’avant-garde ou de post-rock expressionniste dans la veine de Godspeed You ! Black Emperor mais non avons affaire ici un type qui se produit une fois par an dans un cimetière à Chicago et qui a de connexions sérieuses avec le black metal Son registre est donc sombre, vecteur de morosité et de concepts qui ne sont jamais éloignés de la punition.

Cela ne surprendra pas ceux qui ont connaissance de son opus précédent, l’excellent You’ve Always Meant So Much to Me ni ceux qui ont jeté un coup d’oeil aux collaborateurs qui sont tous des figures du métal. C’est pourquoi ce qui peut sonner calmant à l’origine se révèle très vite une oasis pour des grognements démoniaques servis par un drone de basse particulièrement perturbant.

Pour atténuer le cliché, Robinson a la bonne idée de donner plus d’importance aux cordes mêmee si celles-ci se révèlent une préfiguration des ténèbres qui vont englober l’auditeur.

Then It All Came Down prend, en effet,  son nom d’une histoire de Bobby Beausoleil, un associé de Charles LManson dont les rapports avec l’occulte furent chroniqués dans un essai de Truman Capote. « Beautiful Sun » sera d’ailleurs une élégie chantée en son hommage ; un mouvement qui se révèle un message adressé au Mal à l’état pur.

Les compostions de Robinson laissent d’ailleurs derrière tout climat de paix pour laisser place à un doom pastoral dans lequel tout est englouti dans le néant et laisse place à la destruction. Then It All Came Down est, par conséquent, un titre de 34 minutes qui va être témoin d’une descente dans la folie et la possession. Avec un contrôle omniprésent à chaque mesure.

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Ben Howard: « I Forget Where We Were »

26 novembre 2014

Ben Howard a lentement acquis une certaine renommée, jouant d’abord dans des petits clubs de plage dans le Devon avant de remplir les grands stades et de gagner des Brit Awards en 2011. Après un premier album, Every Kingdom, il semble aujourd’hui ne pas avoir été changé par la notoriété.

I Forget Where We Were est un disque préparé de manière tranquille et même discrète avec des « singles » qui nous préparaient à la tonalité folk pop de l’album.

En surfacen Howard peut paraître un peu trop doux et direct avec une musique qui ressemble à des biographies d’adolescents qui posteraient leurs états d’âme sur Twitter ou autres et se plaindraient de mères qui ne les comprennent pas. Il y a néanmoins une plus grande profondeur et un talent indiscutable dans l’âme détrempée de Howard quand il met en place ces récits.

Le « single » « Small Things » ouvre le disque et, si il n’a pas l’immédiateté de ses précédentes compositions, il se fait très vite audible ne serait-ce que par son atmosphère traînante et plus agressive que les riffs doucereux et simples de ce à quoi il nous avait habitués. L’album, tout comme sa chanson titre, est plus à fleur de peau et, techniquement, plus affuté que Every Kingdom.

Howard œuvre dans un genre qui peut devenir très vite fade et dépourvu d’imagination. I Forget Where We Were va parvenir à s’en échapper en explorant des avenues plus bluesy : « She Treats Me Well » et son climat vintage inédit pour lui ou le long (hui minutes) « single », End of the Affair » une construction subtile de guitare classique complexe et de vocaux tendus d’émotion.

Plus qu’un disque de indie-folk habituel, ce nouvel album marque une évolution qui le distingue des deux pièges dans lequel son répertoire pouvait le faire tomber ; il demeure introspectif tout en se montrant plein de enchevêtrements musicaux et se place à des années-lumières de Every Kingdom.

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Neil Diamond: « Melody Road »

26 novembre 2014

Melody Road : quel titre approprié pour ce pas vraiment crooner et ce nouvel album, nouveau depuis 2008 constitué de matériel original.

Auréolé par un mariage (2012), le chanteur de 73 ans a, semble-t-il (et on peut me déplorer), décidé de ce que ses deux précédents opus produits par Rick Rubin avaient apporté de sang neuf, un peu comme ce dernier l’avait fait avec Johnny Cash.

On pourrait considérer ce disque comme un « album lune de miel », avec des arrangements ampoulés et sirupeux alors que Rubin les avait dépouillés au maximum, des trompettes qui folâtrent etc ., bref un disque de « easy listening » comme on pensait qu’il n’en existait plus.

Neil Diamond est couronné de lauriers et il utilise Melody Road pour mettre en valeur ses divers talents (guitare acoustique dépouillée, orchestration luxuriante, soft rock plus soft que rock) ; tout ceci constitue l’arsenal sur lequel il (se) repose ; le problème est que ces plantes qui ceignent le front des héros ont tendance à vouloir être renouvelés.

Sans doute a-t-il cru le faire en travaillant à la production avec Don Was et Jackknife Lee mais cema ne peut suppléer à un manque d’inspiration et d’imagination. Les récits sont d’une banalité confondante et sans subtilités (« Seongah and Jimmy », histoire d’amour contrarié entre une Coréenne et un gars du New Jersey) et la voix de Diamond, au baryton bien éteint, peine à leur donner vigueur et chaleur.

Resteront quelques mélodies qu’on pourrait fredonner (« In Better Days » ) mais, si on ne peur dénier à Diamond le statut et le respect qu’il mérite, il est un peu triste de constater qu’à un âge similaire à celui de Leonard Cohen ou de Dylan, l’idéee de la retraite puisse venir à nos oreilles si aisément.

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Jessie Ware: « Tough Love »

26 novembre 2014

À travers une longue série de collaborations avec des groupes indie dans le milieu des années 90 (Jack Penate et SBTRKT) et un incroyable étalage de musiciens qui se sont également avérés des aficionados (Florence Welch, Katy B ou The Maccabees,) Jessaie Ware, toute fan de Sade et de Prince qu’elle se réclame, a toujours été liée à une scène un peu plus alternative que sa soul pop sophistiquée pourrait le suggérer.

Elle est soutenue par Radio 4 (une référence culturelle de bon aloi) et le NME (autre appui qui a sa valeur même si elle est plus discutable) ; il est par conséquent difficile de trouver où se niche réellement le répertoire de la chanteuse. Sa musique est lustrée et apaisante ; elle appartient à ce registre qui flottera harmonieusement en arrière fond de n’importe quel Starbucks et elle aura le don de vous facilité votre journée.

Pourtant Ware est une personne beaucoup plus expansive, charismatique et drôle que sa musique le suggère. Le tout forme une image constamment en décalage avec elle-même mais, avec ce second album, il semblerait que Ware ait décidé de prendre à bras le corps le potentiel commercial qui est le sien.

« Say You Love Me » est un des titres phares de Tough Love, sa collaboration avec l’omniprésent (du moins dans les « charts ») Ed Sheeran : c’est une ballade pleine de sentiments faciles à digérer et un chorus éthéré dans lequel on pourrait très bien imaginer un troubadour se racontant ce ses erreurs passées et ses désirs toujours présents.

Ce morceau est un des plus évidents du disque dans la mesure où il catalyse tout ce que la chanteuse cherche aujourd’hui. On pourra edonc prendre ça comme on le voudra, une critique oou non, toujours est-il qu’elle réalise ici ce qu’elle s’était promis de faire sans que, musicalement, on trouve faute à lui reprocher.

**1/2


The Dads: « I’ll Be The Tornado »

25 novembre 2014

The Dads est un groupe « emo punk » qui avait fait ses armes sur le judicieusement nommé Pretty Good. I’ll Be The Tornado en est la suite parfaite avec un peu plus f’emphase mise sur la tragédie plutôt que la lamentation, tout en gardant une méthode DIY qui tentera de vous émouvoir d’une manière plus mélodique qu’à l’habitude.

La phraséologie punk est toujours là (« Sunburnt Jet Wings » et « Hold You Back » construisent un portrait élaboré à base de percussions massives et de constructions élaborées à la guitare) et le tout va se complémenter avec des vocaux agonisants qui vous percent comme du fil de fer barbelé.

Il n’y a pas que la cadence infernale qu’ils impriment à leurs titres qui les différencie d’autres combos. Ils sont capables de ralentir les tempos et de s’adresser à un mode plus « emo mélodique » comme sur « But »ou « Fake Knees », ballades exemplaires qui se terminent en un crescendo permettant à leur vocaliste Scott Scharinger d’aller au bout de ses poumons.

Cet équilibre est leur atout, des accalmies tranquilles au milieu d’ambiances bruitistes le tout miss en valeur par une production impeccable et des textes qui, si on en a la possibilité, permettent d’apprécier la véracité des émotions mises à plat.

I’ll Be The Tornado est un album qui réhabilite le courant « emo » ; il tisse une tapisserie émotionnelle complète et sans atours ni enjolivures. À ce titre, il serait dommage de ne pas être sensible au courant émotif qu’il s’efforce de véhiculer.

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Zola Jesus: « Taiga »

25 novembre 2014

Parfois il suffit de quelques notes pour savoir que vous allez un disque, même si il ne fait pas partie de votre genre de musique favori. C’est un peu comme un habit qui va vous aller à la perfection et vous vous empressez de toucher la touche « lecture » à nouveau en ayant la certitude que votre première impression sera confirmée.

Taiga, le cinquième album de Zola Jesus bénéficie de cette impression ; les vocaux sont doucereux et instinctifs et ils gouvernent avec chaleur les onze plages indie-rock et teintées de fines couches d’electronica. C’est ce jeu sur les antagonisme qui fait de ce disque son opus le plus accessible et presque bubblegum en un sens.

Le titre d’ouverture, « Taiga », affiche des vocaux presque astraux et en échos ; il s’agit en quelque sorte de nous lancer vers un univers céleste qui va s’appesantir tout au long d’un disque d’où on ne décèlera aucune fausse note.

Les nappes sonores sont impeccables et que ce soit sur un « Dangerous Days » conduit au dulcimer et interrompu par un chorus inciisf ou avec les tonalités douceâtres de « Ego », Taiga va, sans heurts, fusionner le sentimental et l’étincelant.

Au milieu de l’album, le monde semble être devenu un univers étranger et distant et tout ce qui nous reste sera une collection de lignes de synthés qui pourraient trouver place dans les hit parades mais qui ne dépareraient pas non plus si elles nous badigeonnaient d’émotions oniriques et introspectives.

La ferveur sera toujours présente, surtout quand elle clôture le disque avec « It’s Not Over » sur un accent vivace et adent. On sent que Zola Jesus a pris son temps pour réaliser Taiga ; celui-ci est non seulement un accomplissement, il n’est guère éloigné de la perfection.

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Ex Hep: « Rips »

25 novembre 2014

Si on considère le milieu du rock comme machiste on ne pourra que se réjouir du « debut alnum » de Ex Hep un trio féminin dont ma musique possède ces attributs qu’on considère comme l’apanage de le gente masculine.

Si vous aimez Sleater-Kinney ce disque sera pour vous, si vous ne connaissez pas et cherchez quelque chose qui va droit au but, Rips sera également pour vous. Pour vous donner une idée supplémentaire, rappelez-vous vos premiers émois à l’écoute de Wild Flag et vous ne verrez pas passer ces 35 minutes.

Rips est véritablement un album de rock en effet car il fait exactement cela : 12 compositions qui sont bien en-dessous des 3 minutes. La vocaliste et guitariste Mary Timony a été membre de Wild Flag mais son long pedigree est avant tout sous la bannière alt-rock, les autres membres offrent d’ailleurs les mêmes lettres de créance.

Leur son évoque un groupe qui fait de la musique depuis les années 70 et pas seulement quand leur « single » garage pop « Hot and Cold » a fait surface en ligne.

Rips est une tuerie, cataclysmique avec un « opener » (« Don’t Wanna Lose ») qui donne le ton et indique la profession de foi et des titres power pop excitants comme « Beast » ou « Waterfall ». « Radio » sera doucement mélodique mais avec ce climat que fait si bien surgir Tom Petty & The Heartreakers ; autant dire que l’album ne nous ménage aucune pause.

La vois de Timony, elle, a cette effronterie si chère à Johnny Thunders ou à Joan Jett, bref ses solos de guitare ne demandent qu’à être réentendus. Si The Buzzcocks avaient été des femmes et si ils faisaient encore de la musique aujourd’hui ils s’appelleraient sans doute Ex Hep ; peut-pn ytouver meilleur compliment ?

***1/2


Philip Selway: « Weatherhouse »

25 novembre 2014

Weatherhouse, titre du second album de Phlip Selway (Radiohead) est un terme désignant une maison censée annoncer la météo en se basant sur l’humidité de l’air. Le fait que ce soit souvent arbitraire va très bien avec Radiohead qui n’a jamais été un groupe prévisible. Il n’est donc pas étonnant que le disque de Selway soit un projet aventureux, un effort de créativité sans filet et une volonté de mettre en place une atmosphère qui n’appartient qu’au musicien.

Écrit en collaboration avec Adem Ilham et Quinta qui faisaient auparavant partie de so, groupe, leur influence ne se dément pas depuis 2010 et le « debut album », Familial. Ce dernier était indubitablement un disque solo et une tentative plutôt domestiquée de s’emparer du folk acoustique.

Ici, changement de décor et Weatherhouse fait preuve d’un sérieux sens de l’alchimie dans laquelle la créativité de Selway peut se donner libre cours. Il est aidé en cela par le potentiel des musiciens qui l’entourent ce qui lui permet de créer un son véritablement unique fait d’atmosphères qui sont susceptibles de vous hanter mais qui s’avèrent également délicates et poignantes.

Dès l’entame, nous avons droit à un portrait de ce qui est sombre avec l’electronica hypnotique qui sous-tend « Coming Up For Air ». C’est un indicateur efficace et précieux du changement de perspective qui anime Selway. Les vocaux baignent lourdement dans de la reverb, c’est un titre adéquat pour ouvrir un album qui évoquera un feeling de submersion totale.

Alors que les vocaux sous l’éteignoir profitent à ce type de plages où à « Miles Away », l’ancien batteur fait ici montre de talents vocaux qui s’avéraient plus discrets quand il était avec Radiohead. Ici il parvient à équilibrer parfaitement sa voix, montrant une confidence grandissante en cet attribut. Le summum en sera atteint avec la façon pleine d’assurance dont il s’emparera de « Ghosts ».

Les fondations acoustiques de Familial n’ont pas pour autant été abandonnées. On y trouve simplement une nouvelle dimension que l’on doit aux éléments orchestraux sont l’album n’est pas avare. Des structures traditionnelles, par exemple la guitare sur « Don’t Go Now », sont conduites à un autre niveau qui va transformer la simplicité en quelque chose d’étrange, de fantastique et de mémorable.

Alors que le travail sur le neuvième album de Radiohead est en passe de devenir une priorité, l’assurance qui se dégage de Weatherhouse montre qu’il ne s’agit pas d’un simple projet secondaire. Selway a profité de ce travail pour revisiter certains horizons juste effleurés par la groupe, et la façon dont il les a exécutés ici fait désormais de lui un artiste à part entière.

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Jennifer Knapp: « Set Me Free »

24 novembre 2014

En 2010 Jennifer Knapp était encore une star de de Christian Music mais c’est aussi l’année où elle a sortie Letting Go, un album très personnel qui l’a vue opérer une transition vers un répzrtoire plus personnel et intimiste.

Juste avant, Knapp avait révélé qu’elle était lesbienne et était dans une relation de cette nature depuis qu’elle avait quitté le Kansas pour l’Australie en 2002. La controverse créée n’a pas été surprenante mais, plutôt que de dénoncer l’obscurantisme de la religion établie, elle a préféré persévérer dans une direction plus individuelle dans laquelle sa dimension personnelle prenait la priorité sur ses aspirations spirituelles.

Le résultat a été u songwriting axé sur sur ce qui est du domaine de l’intime le plus profond et de la confession. Le registre choisi est celui du folk ou country rock, manière d’approfondir le côté rustique et introspectif qui est le sien sur Set Me Free.

La alt-pop de ses débuts a été ainsi remplacée par un registre americana tel qu’on le trouve dans le Middle W’est et Knapp y délivre onze compositions empruntes de chaleur et parsemées de la tempête occasionnelle qui traverse parfois cette région.

Enregistré à Nashville et produit par Jacob Lawrence, Set Me Free nous propose un mélange de ballades sombres et introspectives où blues et country ont la part belle et de refrains plus brûlants comme sur l’ouverture de l’album, un « Remedy » empli de désespoir ou sur « Why Wait », road song assez puissant pour véhiculer une phrasé qui n’hésite pas à nous faire savourer ce que peut être un registre rauque.

Les observations sont réfléchies, les émotions chaleureuses s’intègrent à merveille à cet environnement ; elle sont facteur d’affranchissement comme le titre de l’album l’inique. Parfois il suffit d’une pedal steel et d’une Telecaster baignant dans de la reverb pour l’exemplifier ; Set Me Free en sera un exemple probant.

***1/2