Mark Lanegan Band: « Phantom Radio »

Phantom Radio est le neuvième album de l’ancien leader et vocaliste des Screaming Trees et du, toujours, collaborateur des Queens of the Stone Age. Avec son groupe, Mark Lanegan a canalisé toutes les influences post-punk et grunge-rock de ses pairs et a réussi à édifier une sorte de art-pop mâtinée de rock gothique. Le résultat en est un son complété par synthétiseurs en surmultipliée façon Joy Division servant de véhicule à une poésie sombre où on retrouverait les textes et la voix de Tom Waits.

La tonalité morose du disque se profile dès l’ouverture avec les ruminations de « Harvest Home » suivi de « Judgement Time » , deux titres révélant les penchants de l’artiste à ne pas laisser les compositions évoluer de man !ère traditionnelle. Les synthés sont les adjuvants de cette propension à projeter ses pensées sur la mort, le paradis, l’enfer et le péché au moyen des paysages soniques ainsi suggérés.

Même sans que ces derniers n’aient la préséance (sur « I Am the Wolf » ou « Jonas Pap ») on a du mal à échapper à cette impression que les morceaux ne vont pas aussi loin que leurs fondations le laissaient entendre ; un peu comme si on explorait et tournait autour d’une ligne tumultueuse sans qu’un climax ne puisse être atteint.

Cette mélancolie sera exemplifiée par cette phrase : «  Je meurs depuis le jour où je suis né ». Elle sera interrompue à mi-parcours par une chanson d’amour déchirante et incroyablement aboutie, « Torn Red Heart ». Elle révéle un Lanegan plus doux et romantique, chose qu’on ne peut que souhaiter, tout comme le solo de guitare « grunge » avec lequel il a eu le bon goût d’accompagner le morceau.

C’est pourtant comme voyageur rock and roll que Lanegan a décidé de diriger Phantom Radio. C’est une option intéressante mais si elle n’est pas tout le temps magnétique.

Malgré cela, et avec une telle carrière derrière lui, on pouvait être certain qu’un nouvel album du bonhomme ne pouvait être qu’engageant. Ce disque demeure un testament à sa créativité et à son art dans la mesure où il s’éloigne des schémas blues-rock de ses débuts. Après 30 ans d’ascension musicale, Lannegan peut, désormais, aller là où il le veut.

***1/2

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