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Cold War Kids: « Hold My Home »

S’il n’y avait pas Nathan Willett, leur guitariste/vocaliste, on pourrait estimer à juste titre que Cold War Kids ne seraient pas différents de cette myriade de groupes indie-rock qui parcourent et émergent de la scène rock américaine quotidiennement. La vois de Willet parvient à couvrir un large spectre d’émotions avec un enthousiasme tapageur et communicatif parvenant à transformer des chansons relativement quelconques en titres entraînants.

Il semble toujours ici fonctionner sur le registre du chant destiné à s’arracher la gorge ou du cri à vous la trancher et c’est cette particularité qui demeure l’élément le plus accrocheur de leur musique. Hold My Home n‘est qu’à peine un départ de leur précédent opus, Dear Miss Lonelyhearts, mais des titres comme un fracassant « Alll This Coud Be Yours » qui ouvre l’album et les grooves cachés de « Drive Desperate » nous rappellent que Cold War Kids demeurent experts en l’art de confectionner une « pop song ».

On note un discret virage vers la soul, mais, hormis cela, on serait bien en peine de trouver des différences entre cet album et l’entière discographie du combo. Les inconditionnels seront ravis de retrouver la même chose en différent, mais ceux en quête de variété ne décèleront que quelques allusions: e légers synthés 80’s sur « Hotel Anywhere » et les percussions trip-hop de « Nights & Weekends ».

Les thèmes non plus n’iront pas vers des grosses évolutions (amants délaissés, potentialité que peut signifie une nouvelle romance) ; à ce stade-là on a presque affaire à une caricature (voir la chanson titre).

On était en droit d’attendre plus de CWK à ce stade ; Hold My Home ne parvient qu’à réussir une certaine constance qui ne génère que de l’inconsistance. C’est un exploit à l’envers. Il serait temps de fédérer les masses sur quelque chose qui ne soit pas une redite.

**

29 novembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Mark Lanegan Band: « Phantom Radio »

Phantom Radio est le neuvième album de l’ancien leader et vocaliste des Screaming Trees et du, toujours, collaborateur des Queens of the Stone Age. Avec son groupe, Mark Lanegan a canalisé toutes les influences post-punk et grunge-rock de ses pairs et a réussi à édifier une sorte de art-pop mâtinée de rock gothique. Le résultat en est un son complété par synthétiseurs en surmultipliée façon Joy Division servant de véhicule à une poésie sombre où on retrouverait les textes et la voix de Tom Waits.

La tonalité morose du disque se profile dès l’ouverture avec les ruminations de « Harvest Home » suivi de « Judgement Time » , deux titres révélant les penchants de l’artiste à ne pas laisser les compositions évoluer de man !ère traditionnelle. Les synthés sont les adjuvants de cette propension à projeter ses pensées sur la mort, le paradis, l’enfer et le péché au moyen des paysages soniques ainsi suggérés.

Même sans que ces derniers n’aient la préséance (sur « I Am the Wolf » ou « Jonas Pap ») on a du mal à échapper à cette impression que les morceaux ne vont pas aussi loin que leurs fondations le laissaient entendre ; un peu comme si on explorait et tournait autour d’une ligne tumultueuse sans qu’un climax ne puisse être atteint.

Cette mélancolie sera exemplifiée par cette phrase : «  Je meurs depuis le jour où je suis né ». Elle sera interrompue à mi-parcours par une chanson d’amour déchirante et incroyablement aboutie, « Torn Red Heart ». Elle révéle un Lanegan plus doux et romantique, chose qu’on ne peut que souhaiter, tout comme le solo de guitare « grunge » avec lequel il a eu le bon goût d’accompagner le morceau.

C’est pourtant comme voyageur rock and roll que Lanegan a décidé de diriger Phantom Radio. C’est une option intéressante mais si elle n’est pas tout le temps magnétique.

Malgré cela, et avec une telle carrière derrière lui, on pouvait être certain qu’un nouvel album du bonhomme ne pouvait être qu’engageant. Ce disque demeure un testament à sa créativité et à son art dans la mesure où il s’éloigne des schémas blues-rock de ses débuts. Après 30 ans d’ascension musicale, Lannegan peut, désormais, aller là où il le veut.

***1/2

29 novembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

… And You Will Kow Us The Trail of Dead: « IX »

En dépit des critiques que l’on a pu adresser à Trail of Dead depuis Source Tags & Code, le groupe continue de nous pondre depuis dix ans du alt-rock expérimental à intervalles réguliers. Malgré des flux et des reflux en matière d’agressivité et des tendances au post-rock voire même des excentricités prog-rock, ils demeurent des personnages punks axés vers les franges de l’inspiration avec toujours autant de détermination.

Cela n’est pas toujours réussi car sur ce disque il y a des titres qui sont indiscutablement des bouche-trous (« A Million Randonm Digit » par exemple) mais c’est, fort heureusement, une exception. « The Ghost Witthin » fera penser à Mellow et « Like Summer Tempests Came His Tear » au Pink Floyd certes mais même un album de Trail of Dead a besoin de répit.

Passées ces réticences, « Lie Without A Liar » sonne comme le genre d’hymnes que l’on retrouvait sur Source Tags & Codes, et « Worls Apart » est empli de ces accroches percutantes et ce ces rythmes downbeat et mélodiques. « To Avoid Ships » est construit tel un énorme crescendo qui regorge de détermination imperturbable alors que « Lost In The Grand Scheme » parvient à nous faire perdre un fil sans qu’on y trouve à redire avec ce pont grinçant qu’on reconnaîtra immédiatement comme une de ces prouesses techniques dont ils ont l’apanage.

Le « closer » « Sound of the Silk » est sans doute une de leurs meilleures compositions, d’un point de vue instrumental déjà (un stone rock tempêtueux plein de drones et de percussions) mais aussi par les textes mélancoliques et infectieux de Conrad Keely. C’est une chanson typique de Trail of Dead avec une description on ne peut plus vive des paysages de l’esprit.

IX est, au final, un excellent moyen de découvrir ou redécouvrir Trail of Dead ; il nous ré-introduit à un groupe alternatif fidèle à lui-même et ce, quelles que soient les registres qu’il se plait à aaborder.

***1/2

29 novembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire