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Wreimeister Harmonies: « Then It All Came Down »

Wreimeister Harmonies est le projet de JR Robinson, artiste de doom rock dont le deuxième album, Then It All Came Down, a la particularité de ne se constituer qu’une seule plage. Les chorus fantomatiques, les cloches qui sonnent comme des glas, les arpèges à la guitare acoustique ou les cordes énergiques devraient ravir ceux qui sont fans de compositions d’avant-garde ou de post-rock expressionniste dans la veine de Godspeed You ! Black Emperor mais non avons affaire ici un type qui se produit une fois par an dans un cimetière à Chicago et qui a de connexions sérieuses avec le black metal Son registre est donc sombre, vecteur de morosité et de concepts qui ne sont jamais éloignés de la punition.

Cela ne surprendra pas ceux qui ont connaissance de son opus précédent, l’excellent You’ve Always Meant So Much to Me ni ceux qui ont jeté un coup d’oeil aux collaborateurs qui sont tous des figures du métal. C’est pourquoi ce qui peut sonner calmant à l’origine se révèle très vite une oasis pour des grognements démoniaques servis par un drone de basse particulièrement perturbant.

Pour atténuer le cliché, Robinson a la bonne idée de donner plus d’importance aux cordes mêmee si celles-ci se révèlent une préfiguration des ténèbres qui vont englober l’auditeur.

Then It All Came Down prend, en effet,  son nom d’une histoire de Bobby Beausoleil, un associé de Charles LManson dont les rapports avec l’occulte furent chroniqués dans un essai de Truman Capote. « Beautiful Sun » sera d’ailleurs une élégie chantée en son hommage ; un mouvement qui se révèle un message adressé au Mal à l’état pur.

Les compostions de Robinson laissent d’ailleurs derrière tout climat de paix pour laisser place à un doom pastoral dans lequel tout est englouti dans le néant et laisse place à la destruction. Then It All Came Down est, par conséquent, un titre de 34 minutes qui va être témoin d’une descente dans la folie et la possession. Avec un contrôle omniprésent à chaque mesure.

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26 novembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Ben Howard: « I Forget Where We Were »

Ben Howard a lentement acquis une certaine renommée, jouant d’abord dans des petits clubs de plage dans le Devon avant de remplir les grands stades et de gagner des Brit Awards en 2011. Après un premier album, Every Kingdom, il semble aujourd’hui ne pas avoir été changé par la notoriété.

I Forget Where We Were est un disque préparé de manière tranquille et même discrète avec des « singles » qui nous préparaient à la tonalité folk pop de l’album.

En surfacen Howard peut paraître un peu trop doux et direct avec une musique qui ressemble à des biographies d’adolescents qui posteraient leurs états d’âme sur Twitter ou autres et se plaindraient de mères qui ne les comprennent pas. Il y a néanmoins une plus grande profondeur et un talent indiscutable dans l’âme détrempée de Howard quand il met en place ces récits.

Le « single » « Small Things » ouvre le disque et, si il n’a pas l’immédiateté de ses précédentes compositions, il se fait très vite audible ne serait-ce que par son atmosphère traînante et plus agressive que les riffs doucereux et simples de ce à quoi il nous avait habitués. L’album, tout comme sa chanson titre, est plus à fleur de peau et, techniquement, plus affuté que Every Kingdom.

Howard œuvre dans un genre qui peut devenir très vite fade et dépourvu d’imagination. I Forget Where We Were va parvenir à s’en échapper en explorant des avenues plus bluesy : « She Treats Me Well » et son climat vintage inédit pour lui ou le long (hui minutes) « single », End of the Affair » une construction subtile de guitare classique complexe et de vocaux tendus d’émotion.

Plus qu’un disque de indie-folk habituel, ce nouvel album marque une évolution qui le distingue des deux pièges dans lequel son répertoire pouvait le faire tomber ; il demeure introspectif tout en se montrant plein de enchevêtrements musicaux et se place à des années-lumières de Every Kingdom.

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26 novembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Neil Diamond: « Melody Road »

Melody Road : quel titre approprié pour ce pas vraiment crooner et ce nouvel album, nouveau depuis 2008 constitué de matériel original.

Auréolé par un mariage (2012), le chanteur de 73 ans a, semble-t-il (et on peut me déplorer), décidé de ce que ses deux précédents opus produits par Rick Rubin avaient apporté de sang neuf, un peu comme ce dernier l’avait fait avec Johnny Cash.

On pourrait considérer ce disque comme un « album lune de miel », avec des arrangements ampoulés et sirupeux alors que Rubin les avait dépouillés au maximum, des trompettes qui folâtrent etc ., bref un disque de « easy listening » comme on pensait qu’il n’en existait plus.

Neil Diamond est couronné de lauriers et il utilise Melody Road pour mettre en valeur ses divers talents (guitare acoustique dépouillée, orchestration luxuriante, soft rock plus soft que rock) ; tout ceci constitue l’arsenal sur lequel il (se) repose ; le problème est que ces plantes qui ceignent le front des héros ont tendance à vouloir être renouvelés.

Sans doute a-t-il cru le faire en travaillant à la production avec Don Was et Jackknife Lee mais cema ne peut suppléer à un manque d’inspiration et d’imagination. Les récits sont d’une banalité confondante et sans subtilités (« Seongah and Jimmy », histoire d’amour contrarié entre une Coréenne et un gars du New Jersey) et la voix de Diamond, au baryton bien éteint, peine à leur donner vigueur et chaleur.

Resteront quelques mélodies qu’on pourrait fredonner (« In Better Days » ) mais, si on ne peur dénier à Diamond le statut et le respect qu’il mérite, il est un peu triste de constater qu’à un âge similaire à celui de Leonard Cohen ou de Dylan, l’idéee de la retraite puisse venir à nos oreilles si aisément.

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26 novembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Jessie Ware: « Tough Love »

À travers une longue série de collaborations avec des groupes indie dans le milieu des années 90 (Jack Penate et SBTRKT) et un incroyable étalage de musiciens qui se sont également avérés des aficionados (Florence Welch, Katy B ou The Maccabees,) Jessaie Ware, toute fan de Sade et de Prince qu’elle se réclame, a toujours été liée à une scène un peu plus alternative que sa soul pop sophistiquée pourrait le suggérer.

Elle est soutenue par Radio 4 (une référence culturelle de bon aloi) et le NME (autre appui qui a sa valeur même si elle est plus discutable) ; il est par conséquent difficile de trouver où se niche réellement le répertoire de la chanteuse. Sa musique est lustrée et apaisante ; elle appartient à ce registre qui flottera harmonieusement en arrière fond de n’importe quel Starbucks et elle aura le don de vous facilité votre journée.

Pourtant Ware est une personne beaucoup plus expansive, charismatique et drôle que sa musique le suggère. Le tout forme une image constamment en décalage avec elle-même mais, avec ce second album, il semblerait que Ware ait décidé de prendre à bras le corps le potentiel commercial qui est le sien.

« Say You Love Me » est un des titres phares de Tough Love, sa collaboration avec l’omniprésent (du moins dans les « charts ») Ed Sheeran : c’est une ballade pleine de sentiments faciles à digérer et un chorus éthéré dans lequel on pourrait très bien imaginer un troubadour se racontant ce ses erreurs passées et ses désirs toujours présents.

Ce morceau est un des plus évidents du disque dans la mesure où il catalyse tout ce que la chanteuse cherche aujourd’hui. On pourra edonc prendre ça comme on le voudra, une critique oou non, toujours est-il qu’elle réalise ici ce qu’elle s’était promis de faire sans que, musicalement, on trouve faute à lui reprocher.

**1/2

26 novembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire