Philip Selway: « Weatherhouse »

Weatherhouse, titre du second album de Phlip Selway (Radiohead) est un terme désignant une maison censée annoncer la météo en se basant sur l’humidité de l’air. Le fait que ce soit souvent arbitraire va très bien avec Radiohead qui n’a jamais été un groupe prévisible. Il n’est donc pas étonnant que le disque de Selway soit un projet aventureux, un effort de créativité sans filet et une volonté de mettre en place une atmosphère qui n’appartient qu’au musicien.

Écrit en collaboration avec Adem Ilham et Quinta qui faisaient auparavant partie de so, groupe, leur influence ne se dément pas depuis 2010 et le « debut album », Familial. Ce dernier était indubitablement un disque solo et une tentative plutôt domestiquée de s’emparer du folk acoustique.

Ici, changement de décor et Weatherhouse fait preuve d’un sérieux sens de l’alchimie dans laquelle la créativité de Selway peut se donner libre cours. Il est aidé en cela par le potentiel des musiciens qui l’entourent ce qui lui permet de créer un son véritablement unique fait d’atmosphères qui sont susceptibles de vous hanter mais qui s’avèrent également délicates et poignantes.

Dès l’entame, nous avons droit à un portrait de ce qui est sombre avec l’electronica hypnotique qui sous-tend « Coming Up For Air ». C’est un indicateur efficace et précieux du changement de perspective qui anime Selway. Les vocaux baignent lourdement dans de la reverb, c’est un titre adéquat pour ouvrir un album qui évoquera un feeling de submersion totale.

Alors que les vocaux sous l’éteignoir profitent à ce type de plages où à « Miles Away », l’ancien batteur fait ici montre de talents vocaux qui s’avéraient plus discrets quand il était avec Radiohead. Ici il parvient à équilibrer parfaitement sa voix, montrant une confidence grandissante en cet attribut. Le summum en sera atteint avec la façon pleine d’assurance dont il s’emparera de « Ghosts ».

Les fondations acoustiques de Familial n’ont pas pour autant été abandonnées. On y trouve simplement une nouvelle dimension que l’on doit aux éléments orchestraux sont l’album n’est pas avare. Des structures traditionnelles, par exemple la guitare sur « Don’t Go Now », sont conduites à un autre niveau qui va transformer la simplicité en quelque chose d’étrange, de fantastique et de mémorable.

Alors que le travail sur le neuvième album de Radiohead est en passe de devenir une priorité, l’assurance qui se dégage de Weatherhouse montre qu’il ne s’agit pas d’un simple projet secondaire. Selway a profité de ce travail pour revisiter certains horizons juste effleurés par la groupe, et la façon dont il les a exécutés ici fait désormais de lui un artiste à part entière.

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