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The Flaming Lips: « With a Little Help from My Fwends »

Depuis que Wayne Coyne et Steven Drozd ont cessé d’écrire de véritables chansons et ont commencé à se mêler de faire des freakouts psychédéliques durant jusqu’à 24 heures et de contribuer à des jams paresseuses en collaborant avec chaque artiste indue figurant dans son carnet d’adresses, par exemple The Terror l’année dernière, la «  marque  » Flaming Lips semble s’être engagée dans un déclin précipité. Bien sûr ils ont déjà fait quelques faux pas (Christmas on Mars) mais il est aujourd’hui pratiquement impossible d’explorer la comprendre la supposée profondeur de leur démarche et de dénicher quelque chose qui soit à la hauteur de leurs meilleures productions comme «  Five Stop Mother Superior Rain  », «  Turn It On  » ou «  Do You Realize??  ».

La dernière odyssée des Lips est donc un nouveau «  remake  » d’un album mythique, après le Pink Floyd ils s’attaquent de manière risquée au classique des classiques des Beatles en changeant le nom de façon très appropriée en With a Little Help from My Fwends. Une fois de plus y figureront plus d’une vingtaine de genres avec un éventail d’invités qui interpréteront des chansons de ce chef d’oeuvre des Fab Four.

On ne peut sans doute pas blâmer entièrement The Flaming Lips pour cette grappe de musiciens dont l’amalgame ne peut que vous donner la migraine si on considère que le groupe n’est crédité que sur environ la moitié des plages. Mais c’est sous leur patronage que les choix ont été opérés et on se demande parfois si la missions qu’ils s’étaient donnée n’était pas de désacraliser l’album original. On y trouve en effet des exercices plutôt ratés où ils s’empressent tous à inserer la maximum d’effets qui n’ont rien à voir les uns avec les autres et de les faire infuser dans une atmosphère où seule la drogue aurait droit de cité. Les synthés n’ont aucune justification ici, les vocaux sont limites nauséabonds et les moyens de production modernes n’ont pas d’intérêt dans la mesure où ils congestionnent totalement le mix.

Les Flaming Lips ont toujours saupoudré leurs compositions de bruits bizarres, en particulier quand Ronal Jones appartenait au groupe, mais, jusqu’à présent, on pouvait pardonner ce type d’affectations car elles ne se substituaient pas aux mélodies. Ainsi, quand The Terror utilisait des reverb propres à vous aliéner de ce que vous entendiez et une forêt de synthétiseurs pour dissimuler l’inanité des titres, With a Little Help from My Fwends emploie la même procédure et des astuces comparables pour détruire quelques unes des meilleures chansons pop de tous les temps.

Ceci n’est pas pour dire que Sgt. Pepper est un objet sacré et intouchable au point qu’on ne le puisse retoucher ou lui apporter une autre vision. Après tout, il comporte pour certains quelques faiblesses en son milieu («  Being for the Benefit of Mr. Kite!  » ou «  Within You Without You  » étant le plus souvent citées) mais les versions moribondes qui sont ici présentées ne risquent pas de changer le point de vue de ces critiques. Heureusement il est pratiquement impossible de gâcher des compositions aussi merveilleusement mélodiques que «  With A Little Help From My Friends  », «  Lucy In The Sky With Diamonds  » ou «  Lovely Rita  ».

D’ailleurs le projet parallèle de Coyne et Dodz, Electric Würms, nous montrent une excellente, parce que retenue, reprise acoustique de «  Fixing A Hole  ». La «  cover  » electro-pop que Phantogram de «  She’s Leaving Home  » est, en outre, une expérimentation qui mérite le détour toutefois, la plupart d’entre elles ne visent pas à faire des réarrangements créatifs mais plutôt à effectuer un sabotage musical gratuit et n’ayant aucun sens.

À quoi attribuer cela  ? Vraisemblablement au fait que The Flaming Lips ont décidé d’apparier des artistes ayant des idées disparates quant à la nature de ce que devaient être les morceaux et qui, ostensiblement, n’étaient pas dans le même studio quand ils étaient interprétés. My Morning Jacket et Fever The Ghost ne prennent même pas la peine de jouer «  Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band  » en adoptant le même clef et celui qui a mixé le solo de guitare aigu de J Mascis aurait du penser à le rendre cinq fois plus sonore pour lui donner sa juste place. En d’autres endroits, il y a une certaine inspiration à accorder aux conviviaux folk-rockers de DR Dog. le privilège de s’approprier «  Getting Better  » et de lui conserver son entrain malgré les bavardages désaccordés du rappeur Chuck Inglish en arrière fond.

Presque chaque artiste qui «  honore  » With a Little Help from My Fwends sonne en fait profondément désorienté eu point de donner l’impression ce qu’il fabrique dans le projet. On peut néanmoins trouver une remarquable exception dans la performance de Miley Cyrus dans «  A Day In The Life  » (en particulier le passage du milieu) ou dans «  Lucy In The Sky With Diamonds  » mais dans lequel on regrettera le chorus ampoulé que Moby a jugé bon de lui donner.

Ceci, comme la plus grande partie de l’album, ne mérite qu’une seule épithète  : superflu.

**

1 novembre 2014 Posted by | On peut faire l'impasse | , | Laisser un commentaire

White Violet: « Stay Lost »

Le premier album de White Violet était né du cerveau du vocaliste:guitariste Nate Nelson. C’était un disque mélancolique et introspectif dont l’atmosphère était accentuée par un jeu où les six cordes étaient doucement grattées.

Stay Lost est de la même nature même si l’alchimie entre ce qui est désormais un groupe de quatre musiciens lui apporte un rendu différent. Malheureusement il faut bien avouer que, à la base, le disque est assez fade à l’image du titre d’ouverture, « Weights », avec ses synthés en sustain puis les vocaux de Nelson à peine audibles au-dessus de l’instrumentation. Le morceau n’a ni flux ni reflux, mais reste à un niveau d’énergie et de volume étale.

« Fernandina » apportera une bouffée d’air frais et de vie dans un opus particulièrement terne. La chanson évoque une journée d’amour dans un motel en bord de plage et ses vocaux sont, ici, bien joliment amalgamés à des arrangements garage. C’est une composition parfaite pour une longue virée en voiture mais pas nécessairement avec des amis.

En effet, il semble qu’une grande partie de la musique de White Violet embrasse la solitude et le confinement ce qui n’est pas systématiquement un défaut. « All That I’ve Become » qui suit nous ramènera à la réalité du combo avec des riffs de synthés pleins de mollesse et des vocaux qui sonnent comme issus d’une séquence rêveuse.

DE toute évidence, la production de Stay Lost a bénéficié d’un très grand soin et elle n’est pas destinée au « mainstream ». Mais peut-être est-elle trop tournée vers elle-même comme si ses musiciens étaient seuls au monde. On pourra, toutefois, lui reconnaître le mérite de l’authenticité même si ce type de motivation n’est garant de rien.

Stay Lost est un album pour les rêveurs qui ont perdu espoir mais qui se réfugient trop souvent dans des pensées nostalgiques et peu viables. C’est, quelque part, une zone de confort qui permet de survivre, on peut regretter que White Violet n’ait as songé à l’étendre.

**1/2

1 novembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

The Dø: « Shake Shook Shaken »

Troisième album pour notre duo franco-finlandais qui, d’après son titre, semble vouloir s’éloigner d’une certaine douce folie pour nous offrir quelque chose ayant plus trait à l’énergie.

Il ne faut toutefois s’attendre à une disque plus rock car c’est plutôt dans le domaine de la pop synthétique que The Dø a choisi de nous faire pénétrer.

Les synthés ont un rôle primordial car ils ne se résument pas à servir d’accompagnement. Tout se fait comme si chaque composition se fait sur cette base ; ainsi le titre d’ouverture « Keep Your Lips Sealed » nous renvoie à cette pop 80’s à la fois solennelles et electro.

La recette trouvée est efficace (« Trustful Hands ») d’autant qu’elle est doublée d’arrangements éthérés bien léchés ou d’une synth-pop qui lorgne du côté de Beach House comme « Miracles (Back In Time ») où, la encore, la voix Olivia Merilahti fait le job et accentue l’analogie avec ces derniers.

La signification de Shake Shook Shaken sera, au final, bien aisée à circonscrire : il sera question de pop sautillante et dansante (« Going Through Walls » ainsi que « Despair, Hangover & Ectasy ») mais cela n’empêchera pas le duo de s’embarquer ailleurs que dans ce type d’insignifiance.

On trouve, en effet, des moments de solennité, de nostalgie et d’un souffle romanesque qui voisine avec l’électro-pop standardisée dont il cherche à s’extraire.

C’est un effort qui mérite d’être pris en compte tout comme la voix de Olivia Merilahti dont on ne souligne jamais assez le timbre. Plutôt que ronronner The Dø ont choisi la bravade : ne serait-ce que pour cela Shake Shook Shaken rend légitime attention et intérêt.

***1/2

1 novembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Twin Atlantic: « The Great Divide »

Il aura fallu 3 ans pour que Twin Atlantic sorte ce Great Divide fruit de nombreuses réflexions. Ce « follow up » s’avère différent de leur album précédent, Free, ne serait-ce que parce que les Glasvigiens se sont entourés de Jacknife Lee (Snow Patrol) et Gil Norton (Pixies) à la production.

«  Music is my therapy, I can listen to it all night long » déclare McTrusty dès l’ouverture sur « The Ones That I Love », une ballade au piano aux descentes d’arpèges mémorables comme pour nous offrir une émotion qui serait du domaine du cathartique.

Chose faite on reste dans le même domaine spirituel avec « Heart And Soul », une pop rythmée retrouvant les fondements du genre puis dans un « Hold On » qui, lui, choisit le registre de la power pop et du tube radio friendly en puissance grâce à un jeu de guitare de Barry McKenna efficace par sa présence discrète.

Son savoir faire trouvera toute son expression sur « Fall Into The Part » ; bref The Great Divide nous prend à la gorge dès son entame. Le disque est habilement façonné, il semble même l’avoir été avec la perspective de renouveler le succès de « X Factor » sous la forme de « Brothers & Sisters » avec cette petite touche d’âme que procurent des arpèges de guitares délicats, procédé qu’on retrouve avec plaisir sur « Oceans ».

Voilà donc un album qui est sans doute leur meilleur car le plus abouti. Il est signe de confiance ne serait-ce que par l’incursion dans le hip-hop détendu sur « Rest in PIeces ». « Why Won’t We Change ? » en est d’ailleurs une autre profession de foi ; cette approche ambitieuse ne peut être qualifiée que de justice poétique car elle remettent aussi à leurs justes places certaines critiques dont le groupe avait été l’objet précédemment.

****

1 novembre 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire