Dntel: « Human Voices »

27 octobre 2014

Il est ironique que le compositeur électronique James Tambollero nomme sous album sous le pseudo de Dntel Human Voices car il opte pour des beats electro et des éléments de musique essentiellement instrumentaux.

Il a abandonné l’indie-pop électronique sentimentale de ses précédents opus et tente ici de se lancer dans une expérimentation qu’on peut juger discordante, ce qui n’est pas nécessairement un mal, mais aussi un peu déconcertante.

Huam Voices est ainsi le signe d’une deuxième rupture, la première ayant été celle avec les refrains enlevés de The Postal Service. Cet effort laisse une impression étrange, celle de « demos » inachevées et parfois même médiocres (« Foraya »).

Curieusement pour quelqu’un qui veut aller de l’avant les arrangements sont ultra simplistes ; « Human Voice » est mou et flasque et « Connections » essaie d’être limpide mais est ponctué de staccato aux synthés qui percutent une atmosphère qui se voulait étale.

Tambollero pense ne pas avoir besoin de vocalistes mais il est certain qu’une présence qui ne soit pas robotisée aurait faire de Human Voices un album plus attractif.

Le morceau final ; « Ashby », apportera une touche un peu plus humains, un peu comme si l’élément extraterrestre offrait un paysage sonore plus accessible et une transition sans heurts vers l’espace le plus profond. Il offre alors une sensation de plénitude dans laquelle il fait bon plonger ; il est dommage que ces rares moments soient pris en sandwich ou n’interviennent qu’au moment le plus inopportun qui soit.

Tambollero a toujours dit qu’il n’était pas un perfectionniste, Human Voices est là pour le confirmer.n

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Chuck Prophet: « Night Surfer »

27 octobre 2014

Qu’est-ce que l’histoire retiendra de Chuck Prophet ? Une sorte de Marshall Crenshaw universellement loué par la critique et tout autant ignoré du public ? C’est fort possible et ça n’est sans doute pas rassurant, voilà pourquoi il est réconfortant de le connaître et de l’apprécier.

Après ses débuts avec Green on Red (excellent groupe méconnu également) et une douzaine d’albums solo il semble avoir tout capté de ce que la pop rock peut avaoir de rafraichissant : un peu de Beck (« If I Was A Baby »), de Tom Petty (« Ford Econoline ») mais aussi sa propre personnalité. C’est une chose qu’on redécouvre ici sur Night Surfer.

Telle est sa muse, diverse mais toujous impeccablement exécutée : vivacité de la guitare et intonations à la Robert Plant sur « Felony Glamour » ou ballade roots-rock avec « Tell Me Anything (Turn To Gold) ».

Night Surfer est un album parfait dans ce qu’il invoque subtilement comme modèles (Bob Dylan, Lou Reed, David Bowie et Elvis Costello) mais il s’agit toujours de dépasser ou dépoussiérer ces icônes plutôt que de les émuler. On saura aussi apprécier, issu du dernier cité, des textes pleins d’esprit et de sarcasme mordant, façon de montrer que ses influences sont revendiquées et assumées artistiquement.

Au fond, quelque part, Chuck Prophet réalise des synthèses idéales sur lesquelles tout bon fan de pop-rock peut fantasmer : Crenshaw et Alex Chilton, Tom Petty et Dylan ou le Green on Red rock avec le Green on Red psychédélique.

Avec un professionnalisme qui reste discret, Prophet montre qu’il n’a pas besoin de lignes de conduite sur ces douze plages dont aucune n’est à jeter. On se rappellera aussi bien sa sensibilité pop sur « Lonely Desolation » que sa faconde en termes de glam rock avec « Loce Is The Only Thing » : non pas parce qu’il les interprète à la perfection mais parce que sa maestria fait presque de lui le prophète qu’il pourrait encore être.

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Lights: « Little Machines »

26 octobre 2014

Valerie Poxleitner est une chanteuse synth- pop canadienne qui, en tant qu’artiste, répond au nom de Lights. Ses influences sont, selon elle, Kate Bus, Patti Smith et Björk ; c’est du moins celles qu’elle cite pour son quatrième album, Little Machines.

Malgré la participation de Mark Stent qui a collaboré à l’opus de Björk en 1997, Homogenic, le troisième album de Lights, un Siberia qui lui avait permis d’avoir un succès mainstream en 2011 avait peu en commun avec l’univers de la chanteuse islandaise. Il en sera presque de même ici hormis l’introduction, « Portal » qui est un merveilleux exemple d’electronica introspective. Il n’y a, non plus, guère de signe de Patti Smith dans ce disque et, si les mélodies vocales en piqué de « Muscle Memory » font écho à la Kate Bush des mid-80’s, on peut considérer que ce qu’elle désigne comme source d’inspiration est quelque peu trompeur.

En fait, loin de ce mélange de new wave, de rock ardent et de pop d’avant-garde auquel on s’attend, Little Machines est un album d’electro-pop direct qui délaisse la rudesse de ses prédécesseurs en faveur d’une production 80’s et de gros chorus scintillants.

C’est une formule apte à produire un certain nombre de « hits » comme les beats galopanst et les synthés bouillonnants qui entourent « Speeding », l’euphorique « single » « Here We Go » ou le totalement infectieux « Same Sea ».

Le revers de cette formule est qu’elle a tendance à devenir répétitive au bout d’un moment sur une durée de onze plages. Cela se ressent dans la deuxième partie du disque qui lutte pour nous délivrer quelque chose qui ne soit pas instantanément oublié.

Récemment mariée et ayant donné naissance à un enfant, on retiendra l’humeur optimiste de Little Machines mais, maintenant que son tranchants a été émoussé, il pourrait lui être difficile de se distinguer d’une scène synth-pop qui ne cesse de grandir.

**1/2


25 octobre 2014

Jenn Ghetto, ancien membre de Clarrisa’s Wierd, a eu relation avec la musique faite d’implication et de rupture. Après que chacun des musiciens du groupe ait poursuivi ses propres envies (Ben Bridwell et Mat Brooke format Band of Horses), elle se dirigea vers une sorte de pop faite c »at home » pour enregistrer sous le patronyme de S.

Après son deuxième album, Puking and Crying, en 2004, elle décida quelle en avait fini avec la musique aussi parler d’elle aujourd’hui indique qu’elle n’en a pas totalement fait son deuil. En 2010 elle sortit I’m not as good at it as you et, les joies des tournées aidant peut-être, la voici de retour avec Cool Choices.

Aux antipodes d’un enregistrement fait chez soi, ce dernier album est extrêmement travaillé ce qui doit être mis au crédit de la production de Chris Walla que Ghetto a persuadé d’être aux manettes. Choix cool donc, qui pourrait même être reproduit plus tard mais dépendant de l’évolution qu’a la chanteuse avec ses relations. Cool Choices a été, en effet, nommé ainsi sarcastiquement durant une rupture amoureuse survenue en 2012 et cela une conséquence directe sur la fixation qu’on note sur les textes.Si la chanteuse a durci un peu sa voix, ces événements en sont sans doute la conséquence et l’album semble être le produit d’une expérience gutturale si on s’en tient à son phrasé.

« Brunch » fait ainsi montre d’une colère pleine de ressentiment qu’on pourrait apparenter à Alanis Morisette plutôt qu’à Taylor Swift. Pourtant Cool Choices est plus fait de lamentations que de fractures car Ghetto est plus à l’aise dans la contemplation de ses blessures (sortir avec la mauvaise personne) que dans la vindicte. L’humeur demeure sombre mais, une fois que le titre d’ouverture « Losers » se développe avec sa mélodie accompagnée au piano et ses accords de guitare dépouillés, déploie une humeur zen douloureuse à laquelle n’importe qui peut s’identifier sans, toutefois, vouloir en faire l’expérience.

Il y aura néanmoins une lumière à la fin du tunnel ; le disque se termine sur une note optimiste, « Let The Light In ». Est-ce une ébauche de réconciliation avec soi-même et de purge des émotions létales ? Une suite, si elle a lieu, nous apportera peut-être un fragment de réponse.

***1/2


The Drums: « Encyclopedia »

25 octobre 2014

The Drums est un trio indie de Brooklyn, devenu duo pour ce troisième album. Ils ont passé l’étape du « sophomore slump » (la désillusion qui attend parfois le second opus) de manière impressionnante et y ajoutent sur ce Encyclopedia un charme qui se présente avec raison ; celle où un groupe se présente véritablement et où il offre une vue intéressante sur ce qu’il est.

Ce disque marque ainsi une transition entre le fait d’être un groupe sympathique et la passage à un autre statut, celui d’artistes qui méritent d’être écoutés. On pourrait faire une comparaison entre The Drums et la Tour Eiffel en disant que ce troisième opus leur permet d’atteindre l’ultime étage du monument. Ils ne sont plus des musiciens qui s’inspirent des 80’s et de la surf pop car Encyclopedia sert un plus grand dessein que celui d’être un disque qui s’écoute en conduisant sur une route le long d’une plage.

On retrouvera ici toute l’attractivité de The Drums mais aussi les inclinaisons plus mélancoliques de Portamento mais ces dernières sont accentuées et ceci de façon plus sombre. Ici il n’y a pas besoin de déconstruire l’édifice présenté ; il y aura toujours de la place pour des synthés et des guitares qui vous font danser couplés à des des textes à vous faire pleurer. Encyclopedia demeure construit sur des fondations identiques mais son architecture est plus complexe et, du coup, satisfaisante.

Ils démarrent au sommet d’une « Magic Mountain » et ne le quittent jamais. Chaque composition est colorée par cette maturité trouvée sur leur ligne de crête comme sur « I Hope Time Doesn’t Change Him » et « Face of God » qui sont une démonstration de leur volonté de faire face au chaos, à la peur et à la tristesse au point de les embrasser et de laisser de côté toutes leurs oscillations pop.

L’instrumentation reste toujours aussi accessible mais elle couture des chansons qui snt comme autant d’énigmes à déchiffrer. Les synthés semblent vous jeter des sorts issus du répertoire de OMD et la voix de Jonathan Pierce évoque des grimoires dont l’attrait réside dans l’effort qu’on fait pour qu’ils soient décodés. C’est le propre d’une musique comme celle de Encyclopedia de nous divertir mais aussi de nous subjuguer.

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Markéta Irglová: « Muna »

25 octobre 2014

En Islande, pays où cet album a été conçu, Muna signifie « soouviens-toi ». Ce souhait n’est pas difficile à honorer quand on considère le deuxième album de Markéta Irglová, la seconde moitié du duo de The Swell Seasons. Même si ni elle ni Glen Hansard ne sont jamais parvenus à rivaliser avec la beauté fragile qui émananit de leurs travaux en commun, Irglová avait déjà produit un fantastique effort solo avec un Anar trop passé sous silence.

C’est pourtant sur ce premier disque qu’on avait saisi ce qui constituait sa spécifité en tant qu’artiste ; le fait qu’elle ne se sentait pas liée par les canons que tout singer songwriter conventionnel se sentait l’obligation de respecter.

Des influences est-orientales se mariaient souvent à des sensibilités venus du Moyen Orient masi son guide demeraint toujours le même : une mélodie sincère ou une harmonie à fendre le cœur.

Muna suit plus ou moins cette direction, un album où la chanteuse utilise habilement ses outils pour marquer le fait qu’il s’agit un fait d’un disque gospel. (Irglová a référencé Conersations With God et Jesus Christ Superstar (sic!) comme source d’inspiration).

On trouve dans Muna divers exemples : les cloches d’église qui retentissent en écho et qui se joignent à un choeur de chambre sur « Point of Creation », des morceaux intitulés « Mary » et « Gabriel » et l’apparition du Notre Père sur « Without A Map ». L’effet n’est pas toujours réussi, parfois même inverse sur ce dernier morceau, mais il est indéniable que de recherche spirituelle il est question. Ainsi « Time Immemorial » sera une méditation dévastatrice sur l’état du monde aujourd’hui qui ne peut que nous faire nous tourner vers autre chose que le matériel et son final ne pourra qu’émouvoir les plus insensibles.

Mais si tout ceci peut sembler guindé quelque part, Irglová ne laissera pas Muna englué dans une ambiance trop solennelle. « The Leadaing Bird » fera étalage de bien joiis arrangements à cordes épiques et elle commencer à expérimenter avec des « vibes » iraniennes sur « Fortune Teller ». Le seul défaut sera alors qu’elle essayera de trop en mettre dans chaque composition couplé, par moments, à un prosélytisme mal venu sur « Remember Who You Are ». Cela rend au bout du compte l’aréopage encombrant et laisse à penser que, finalement, le titre de cet album pourrait très bien s’appliquer à Markéta Irglová et lui suggérer de se rappeler des ses racines plus simples et de laisser ses mélodies désencombrées faire elles-mêmes la narration.

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Alt-J: « This Is All Yours »

25 octobre 2014

S’il est un concept qui fait date aujourd’hui c’est bien ce qu’on nomme le « art student rock ». Pourtant, écouter This Is All Yours pour la première fois peut nous faire reconsidérer cette idée reçue. La musique de ce deuxième album vient d’un large spectre d’horizons culturels qui prennent en compte les influences « mondialistes » cde ce qu’est la planète aujourd’hui.

Ceci serait bien frelaté si il n’y avait dans ce disque un désir de surprendre, voire de choquer, parfois juste pour l’amour de la provocation. On trouve des morceaux folk chaleureux et touchants comme un « Warm Foothills » accompagné d’un piano, d’une guitare acoustique et de cordes le tout dansant autour de textes à la nature sensuelle et d’une touche electro-folk. « The Gospel of John Hurt » parlera de l’acteur dont l’estomac sera brusquement explosé par un alien et « Pusher » se caractérisera par un falsetto laborieux et faussement touchant qui déboulonne ce qui est censé créer un climat onirique. La question récurrente qui jalonne le morceau ; « Are you a pusher or are you a puller ? » se niche en parallèle à cette approche des relations teintée d’érotisme qui figure sur l’imagerie réaliste de « Every Other Freckle ».

Tous les extrêmes de la vie étudiante sont là : l’humour le plus gaulois et l’érudition la plus honnête. À cet égard, le sampling de Miley Cirus sur « Hunger on the Pine » est à ka fois brillant pas la manière dont les sons se fondent et le côté légèrement gratuit et anecdotique qui s’en dégage. Alt-J savent parfaitement combiner le « comment », mais peinent parfois à répondre au « pourquoi ».

This Is All Yours est, par conséquent, un album plein d’adresse musicalement, intriguant par sa créativité mais peut-être un peu tiède d’un point de vue émotionnel. Il faudra donc faire la balance entre les moments où ils se montrent des ventriloques madrés et des artistes munis d’un flair indéniable. Pour la brillant conceptuel ou l’ingéniosité, Alt-J sont difficiles à égaler, pour l’ingénuité, il reste encore des progrès à faire.

***1/2


Earth: « Primitive and Deadly »

24 octobre 2014

On peut essentiellement définir Earth comme un groupe ayant eu deux carrières. La première va de 1989 à 1997 où ce qui était à l’époque un trio basé à Washington a très vite été reconnu comme un des pionniers de «  drone metal  », un ensemble qui avait toutes les qualités musicales possibles et inimaginables et à qui rien ne pouvait arriver artistiquement.

Un succession d’évènement tragiques comme l’addiction à l’héroïne, la mort de Kurt Cobain (camarade de chambrée du leader de Earth, Dylan Carson) et, enfin du temps passé en prison ont donné la sensation que le groupe avait vécu et était irrémédiablement passé aux oubliettes.

La deuxième période commença véritablement en 2003 quand un nouveau line-up réinventa le style initial en y incorporant des éléments de de jazz, de folk et des influences country dans le son pré-existant.

Aujourd’hui, Primitive and Deadly est le cinquième album de Earth depuis leur renaissance et il est conforme à l’esprit Léviathan qu’on était en droit d’attendre d’eux. Le morceau d’ouverture, « Torn By The Fox Of The Crescent Moon » est une composition instrumentale combinant des harmonies vocales qui vous hantent  avec des riffs rythmiques monolithiques. C’est un procédé connu chez eux mais on y est toujours sensible. Le mur sonique n’est pas aussi ample mais il est plus dense. « There Is A Serpent Coming » suivra, titre rock ‘n’ roll débridé mais dont la vitesse est soigneusement contrôlé pour qu’on puisse en savourer chaque instant. Voilà du blues épais comme on les aime, à savoir terriblement sexy.

« From The Zodiacal Light » empruntera le climat psychédélique de Bees Made Honey (2008) et étouffe le tout sous des harmonies à trois parties presque occultes. L’ensemble crée une atmosphère sombre et pénétrante nous enveloppant dans une obscurité qui nous dérange tout autant qu’elle nous rend extatique. Le morceau trouve son rythme grâce à un tocsin contribuant un peu plus à nous entraîner dans une béatitude relaxante.

Pour terminer ce béhémoth, « Rooks Across TheGates » prendra les éléments de guitare inspirés du folk des deux derniers opus de Earth mais va les utiliser d’une manière elliptique et presque sous-entendue afin d’augmenter encore le travail vocal mélancolique et poignant de Mark Lannegan. Cette cinquième et monstrueuse plage finale met un terme à un disque peut-être trop opaque pour certains mais totalement captivant dans sa démarche. Il serait dommage de passer à côté sous prétexte que l’on n’est pas un fan absolu de l’étiquette, trop souvent perçue comme un sous genre, de ce doom metal dont il se réclame.

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JAWS: « Be Slowly »

24 octobre 2014

Aux côtés d’autres artistes comme Peace et Swim Deep, JAWS sont censés appartenir à un phénomène célébrant le grand retour de Birmingham sur la scène musicale. Ce quatuor précoce semble avoir irrésistiblement gagné une audience fidèle non seulement dans leur Angleterre natale mais aussi dans plusieurs autres états.

Leur recette:sortir de nombreux enregistrements de façon régulière depuis 2012 et, maintenant, les faire figurer sur leur premier album, Be Slowly. Si beaucoup les voient comme des revivalistes du mouvement « slacker pop », il n’est pas aisé de discerner ce qu’ils apportent de réellement nouveau et d’excitant à la pop.

Quand on leur demande ce qui les différencie d’autres combos de dream pop à guitares, il leur est d’ailleurs difficile d’y répondre. On ne pourra d’ailleurs qu’être d’accord avec eux à l’écoute du disque.

Admettons néanmoins que la dernière partie propose des choses prometteuses, quand le groupe a enfin décidé de laisser tomber la « vibe » éthérée du début et qu’ils ont décidé de se focaliser sur une approche plus garage rock ce qui aurait rendu la chose plus cohérente.

Les titres les plus anciens comme « Surrond You » (2012) ne montrent en effet que très peu d’innovation ou d’astuce lyrique avec des rimes de style « end/pretend » ou « aroud you/surround you » pas très inspirées.

Une grande partie des morceaux ayant été écrits alors que les membres de JAWS avaient entre 16 et 18 ans, il aurait peut-être été judicieux de retarder la sortie de Be Slowly pour qu’ils puissent peaufiner leur « songwriting » et définir un peu plus leur son.

On retiendra « Fith », une chanson qui rappellera le Weezer de la période Pinkerton ; espérons par conséquent que JAWS décident de s’inspirer de ce titre comme la balise marquant un véritable point de départ à sa carrière.

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King Tuff: « Black Moon Spell »

24 octobre 2014

Kyle Thomas et son King Tuff sont de retour, aussi sauvages que jamais, avec leur façon de manière d’aborder classic rock et psychedelia. Celle-ci se manifeste de façon généreuse et débridée, avec une bonne dose d’humour qui n’exclut néanmoins pas une certaine sentimentalité.

Black Moon Spell est un album qui impressionne de par sa diversité en passant de la ballade « Staircase of Diamonds » aux compositions sophistiquées mais graisseuses comme « Eddie’s Tune », au dépouillé et acoustique « Ungly » sans dédaigner bien sûr les échos à la Ramones que sont « Sick Mind ».

Le monde de Tuff est coloré par des anecdotes réjouissantes et divertissantes, délivrées par le biais de vocaux souples et pressants, un « »Demon from The Hell » qui semble vomir de l’acide par exemple, ou un refrain rétro aux effets soniques tranchant comme le laser sur « Black Hole in the Stereo ». L’un comme l’autre concourent à la mise en place d’un King Tuff, demeuré à l’âge teenager, qui semble toujours prêt à en apprendre plus dans un magasin de disques qu’à l’école.

Musique juvénile et vivifiante dont le ton est désinvolte mais ne tombe jamais dans le laisser-aller « slacker ». King Tuff est sincère, on le sent, mais il semble se faire un point d’honneur à ne pas se prendre au sérieux. Sur « Rainbows Run », on oévoque une caricature de hippie vieillissant mais le cliché est étoffé par des sonorités de guitares modernes et plus vives et, constance dans tout le disque, les effets à la Black Sabbath (gros riffs et ambiance jam session sur la chanson titre) sont abordés le plus économiquement possible.

King Tuff a indéniablement perfectionné son style tiré des 70’s. L’attrait qu’exerce Black Moon Spell tie,nt à cela bien sûr, mais il atteint également des territoires plus profonds qui transcendent le côté « novellty » grâce à des compositions qui tiennent la route et ne font pas que rabâcher les schémas éculés aujourd’hui d’une décennie lointaine.

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