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Empires: « Orphan »

Ce ne sont plus des novices dans l’industrie musicale après des albums comme Howl ou Garage Hymns, mais un peu de temps a permis à Empires de sortir, avec Orphan, un disque toujours débraillé et à écouter une lame sur la gorge mais avec un son plus propre, plus poli et posé.

Il y a de l’acuité dans ce pop-punk de la fin des 80’s tant il reproduit à merveille des hymnes cool et assez fascinants, toujours enlevés avec une rythmique instinctive aussi bien dans les guitares que dans les percussions. La voix de Sean Van Vleet apporte une touche de hantise permettant de tuer dans l’oeuf toute virevolte pop et son registre de crooner crée une atmosphère électrique et dense dans laquelle il est toutefois aisé de se faufiler.

Sans instruments, on aurait droit à un long lyrisme indéchiffrable, chose accentuée ici par la permanence de la reverb. « Please Don’t Tell My Lover » et « How Good Does It Feel » émergent des influences post-punk rock mais elles véhiculent néanmoins un « feel good factor » qu’on écouterait volontiers dans un bar enfumé. Ce sont des titres qui sont familiers, approchables.

La mélancolie punk-rock classique ne nous sera pas épargnée, mais elle sera presque facile à écouter tant elle semble ne requérir aucune attention de notre part. Empires ne se préocuppe pas d’être un groupe de indie rock de plus, il s’inscrit dans une autre démarche ; celle d’avoir une instrumentation fluide et sans heurts, capable d’accompagner avec placidité les textes de son chanteur et d’intégrer une audience qui fonctionnerait sans avoir à se soucier d’autre chose que de passer un moment où seule la décontraction est de mise.

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29 octobre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Whirr: « Sway »

Whirr est un groupe bruyant dans la vie tout autant que sur le net. Sur scène son shoegaze a toujours été confrontationnel mais il est également parvenu à établir une sorte de communion transcendantale avec son audience.

Les qualifier ainsi est une façon de ne pas perdre son temps à trouver d’autres définitions. Leurs vocaux restent clairs et délibérés et leurs guitares passent sans effort du nuancé au désinhibé. « Mumble » apparie merveilleusement les deux sans qu’on y discerne artifice avec un attirail de tonalités de guitares toutes plus grandioses les unes que les autres et qui semblent danser et nager à la fois.

Les meilleurs moments de Sway sont pourtant ceux qui ne sont pas communiqués « live » mais peaufiné avec attention comme la tension entre douceur et intensité sur « Clear » une des rares plages où les mélodies prennent le pas sur les orchestrations.

Il ne faut donc pas attendre une logique de construction interne dans cet album. Sway signifie d’ailleurs « balancement ». On pourrait pinailler en disant que, sur ce deuxième disque de ce duo de San Francisco, le balancement est beaucoup plus synonyme d’hésitation. On en conclurait alors qu’il a du mal à mâtiner son shoegaze de post-rock. Il est vrai qu’il sonne souvent lunatique et introverti, vague et mal assuré. On hésite à souhaiter qu’ils aient pu mieux se fondre en un seul son ; bref Sway est un disque limite inconstant dont on se doit pourtant de retenir quelques bien jolis et agréables moments.

post rock**1/2

29 octobre 2014 Posted by | Quickies | , , , | Laisser un commentaire