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Dustin Wong & Takako Minekawa: « Savage Imagination »

Quand les art-rockers de Ponytail se séparèrent en 2011, Dustin Wrong réalisa quelques disques en solo ajoutant quelques éléments à sa déjà diverse discographie. Il décida ensuite de déménager à Tokyo et y rencontra Takako Minekawa, une artiste qui en était à sa treizième année d’hibernation musicale. Tous deux sortirent Tropical Circle en 2013 et Savage Imagination est leur « follow up album », un disque de pop expérimentale qu’ils ont souhaité interpréter de manière ludique et « enfantine ».

À la première écoute, l’opus conne presque entièrement instrumental ; il faudra se mettre au diapason du langage japonais pour discerner des textes parlant de physique quantique, de conscience humaine ou d’envolée au-dessus du désert (sic!) L’utilisation de la voix est, en fait, plus un instrument qu’un outil pour exprimer les désirs les plus profonds de la chanteuse. De ce point de vue, même si Savage Imagination n’est pas à proprement parler un album calmant, il demeure un album « fun » et joyeusement libéré.

Le modus operandi du duo semble être de démarrer on ne peut plus simplement puis de s’enfler jusqu’au moment où il n’est plus possible d’y intégrer de nouvelles mélodies. Cela peut procurer, par moments, un sentiment de légère anxiété mais cela signifie aussi que l’on obtient un merveilleux mélange de polyphonies qui se fracassent les unes aux autres. La « borderline » est parfois proche du ridicule dans la mesure où certains passages pourraient illustrer un jeu de Super Mario mais cette construction de tonalités parvient à ne pas dépasser une certaine limite et nous donne plutôt une sensation de plaisir ludique, celui qu’on aurait en s’escrimant avec une console de jeux.

« Dancing Venus of Aurora Clay » en est le parfait exemple avec cette démarche qui consiste à supprimer toute ligne de basse. On reste ainsi dans le domaine d’une pop extra-terrestre parfaitement représentée par la pochette du disque. L’adjonction des vocaux de Wong approfondira encore ici l’ampleur du son tout comme sur « Pale Tone Wifi », emblématique de la façon dont ceux-ci se délectent.

On aura le choix entre les guitares en loop de Wong et les mélodies de Minekawa ; en optant pour les deux on obtiendra une combinaison hypnotique et séduisante, celle d’un e collaboration exercée au Paradis ou dans l’espace sidéral.

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27 octobre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Dntel: « Human Voices »

Il est ironique que le compositeur électronique James Tambollero nomme sous album sous le pseudo de Dntel Human Voices car il opte pour des beats electro et des éléments de musique essentiellement instrumentaux.

Il a abandonné l’indie-pop électronique sentimentale de ses précédents opus et tente ici de se lancer dans une expérimentation qu’on peut juger discordante, ce qui n’est pas nécessairement un mal, mais aussi un peu déconcertante.

Huam Voices est ainsi le signe d’une deuxième rupture, la première ayant été celle avec les refrains enlevés de The Postal Service. Cet effort laisse une impression étrange, celle de « demos » inachevées et parfois même médiocres (« Foraya »).

Curieusement pour quelqu’un qui veut aller de l’avant les arrangements sont ultra simplistes ; « Human Voice » est mou et flasque et « Connections » essaie d’être limpide mais est ponctué de staccato aux synthés qui percutent une atmosphère qui se voulait étale.

Tambollero pense ne pas avoir besoin de vocalistes mais il est certain qu’une présence qui ne soit pas robotisée aurait faire de Human Voices un album plus attractif.

Le morceau final ; « Ashby », apportera une touche un peu plus humains, un peu comme si l’élément extraterrestre offrait un paysage sonore plus accessible et une transition sans heurts vers l’espace le plus profond. Il offre alors une sensation de plénitude dans laquelle il fait bon plonger ; il est dommage que ces rares moments soient pris en sandwich ou n’interviennent qu’au moment le plus inopportun qui soit.

Tambollero a toujours dit qu’il n’était pas un perfectionniste, Human Voices est là pour le confirmer.n

**/12

27 octobre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Chuck Prophet: « Night Surfer »

Qu’est-ce que l’histoire retiendra de Chuck Prophet ? Une sorte de Marshall Crenshaw universellement loué par la critique et tout autant ignoré du public ? C’est fort possible et ça n’est sans doute pas rassurant, voilà pourquoi il est réconfortant de le connaître et de l’apprécier.

Après ses débuts avec Green on Red (excellent groupe méconnu également) et une douzaine d’albums solo il semble avoir tout capté de ce que la pop rock peut avaoir de rafraichissant : un peu de Beck (« If I Was A Baby »), de Tom Petty (« Ford Econoline ») mais aussi sa propre personnalité. C’est une chose qu’on redécouvre ici sur Night Surfer.

Telle est sa muse, diverse mais toujous impeccablement exécutée : vivacité de la guitare et intonations à la Robert Plant sur « Felony Glamour » ou ballade roots-rock avec « Tell Me Anything (Turn To Gold) ».

Night Surfer est un album parfait dans ce qu’il invoque subtilement comme modèles (Bob Dylan, Lou Reed, David Bowie et Elvis Costello) mais il s’agit toujours de dépasser ou dépoussiérer ces icônes plutôt que de les émuler. On saura aussi apprécier, issu du dernier cité, des textes pleins d’esprit et de sarcasme mordant, façon de montrer que ses influences sont revendiquées et assumées artistiquement.

Au fond, quelque part, Chuck Prophet réalise des synthèses idéales sur lesquelles tout bon fan de pop-rock peut fantasmer : Crenshaw et Alex Chilton, Tom Petty et Dylan ou le Green on Red rock avec le Green on Red psychédélique.

Avec un professionnalisme qui reste discret, Prophet montre qu’il n’a pas besoin de lignes de conduite sur ces douze plages dont aucune n’est à jeter. On se rappellera aussi bien sa sensibilité pop sur « Lonely Desolation » que sa faconde en termes de glam rock avec « Loce Is The Only Thing » : non pas parce qu’il les interprète à la perfection mais parce que sa maestria fait presque de lui le prophète qu’il pourrait encore être.

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27 octobre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire