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Catfish & The Bottlemen: « The Balcony

Voici une histoire assez familière: quatre copains grattant des chansons garage rock n’excédant pas trois minutes, avec des textes où jurons et histoires d’amour déçu s’entremêlent. Une histoire mille fois racontée et une fois de plus enregistrée, bref rien qui soit susceptible de mettre la planète en feu, hormis un nom qui est une référence à un musicien de rue rencontré par le leader de Catfish & The Bottlemen lors de son enfance.

Rien à quoi on puisse s’attendre et c’est peut-être pour cela que ce « debut album » apporte une certaine joie de vivre propre à nous faire sourire pendant les quelques40 minutes que dure The Balcony.

Le disque pourrait très bien être l’équivalent d’un jus d’oranges bien pressées quand on en a trop bue et qu’on se sent un peu nauséeux après tant de bons rafraichissements. Le choix est alors d’arrêter ou d’amplifier la sensation à grands coups de guitares.

C’est cette dernière option qui a été choisie avec des influences comme les fanfaronnades à la Artic Monkeys, quelques astuces rythmiques madrées qui évoqueront The Walkmen et des textes qui, si ils se réclament des premiers, ne possèdent pas l’humour de Alex Turner. Les paroles sont, pour la plupart, ponctuées de jurons et de déclarations caustiques qui, à force de provocation nous détournent des compositions.

Le combo a passé 18 mois à peaufiner son métier de la manière la plus traditionnelle : concerts sans fin, calendrier de festivals harassant. On comprendra alors pourquoi Catfish se sent particulièrement à l’aise sur les gros chorus même si le produit fini sonne très vite monocorde. On retiendra « Pacifier » et « Homesick » qui ouvre le disque d’une manière infectieuse qui ne peut que cartonner dans les grands stades. Cela masque sans doute la faiblesse du « songwriting » dont l’acoustique « Hourglass » sera le révélateur. Mettons cela sur l’inexpérience et attendons un éventuel deuxième album.

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22 octobre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Hamish Kilgour: « All of it and Nothing »

Co-fondateur de The Clean avec son frère David et membre du groupe new-yorkais The Mad Scene(avec sa femme Lisa), Hamish Kilgour mériterait une plus grande renommée. Il a toujours eu une carrière discrète comparée à celle d’un frère plus que prolifique ; cela pourrait bien changer avec la sortie de cet album, son premier disque en solo, coïncidant presque avec celui de son frère et de l’autre membre de The Clean, Robert Scott.

Ce percussionniste/guitariste/vocaliste est sans prétention aussi il ne vous étonnera pas en vous baladant en mille et un climats. Son folk est doux et il s’aventure parfois du côté d »un jazz légèrement expérimental et d’un soupçon de psychedelia.

Sil nous emmène donc quelque part, cela se fera avec subtilité et en un jardin secret bien dissimulé derrière un travail sur le son soigneusement mis en place. Si All of it and Nothing avait été réalisé à la fin des sixties, il se serait parfaitement inséré à la scène des ménestrels folk de l’époque.

La voix de Hamish est fragile et elle rappelle vaguement celle de son frère David et une partie de sa musique évoquera la travail des deux sur The Great Unwashed. « Rave Up » est de l’acid-jazz trippy avec marimbas et mantras, ce era le morceau le plus turbulent sur un disque qui sera par ailleurs aussi calme que l’eau d’un lac. On peut très bien s’imaginer à dériver le long d’un ruisseau, y mettre ses pieds dans l’eau et paresser au soleil sur un titre comme « Get On Up » qui ne serait pas un intrus chez Yo La Tengo. « Hullaballo » la composition la plus longue sera, elle, légèrement décalée ce qui donne un aspect détaché bienvenu à l’opus.

Il paraît que Hamish a pris son vélo chaque jour pour se rendre en studio à Bbrooklyn . Cela peut expliquer la vibration laidback qui se dégage du disque. Triangles et marimbas enrichissent une orchestration spartiate et lui apportent cette atmosphère plaisante qui va si bien avec un artiste dont la modestie est, ici, une qualité.

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22 octobre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Fauntleroys: « Below The Pink Pony »

Le jazz a été à l’origine de ce concept qui voyait des artistes établis se réunissaient pour un projet avant de se dissoudre. The Fauntleroys sont un des derniers exemples où un groupe ad-hoc s’en emparait dans le domaine du alt-rock. On y trouve Alejandro Escovedo (The Nuns, Rank and File et des efforts en solo substantiels), Ivan Julian (Richard Hell, Richard Barone ou The Flesthones), Linda Pitmon (Miracle 3, The Baseball Project) et Nicholas Treulis (Candy Golde).

Belox The Pink Pony est un EP de six titres dont toutes les mélodies sont directes mais comme entourées d’arrangements en fil de fer barbelé véhiculant sentiment de danger et de menace. Ce côté crasseux est délivré avec une certaine élégance grâce à un climat qui semble donner une certaine beauté à ce qui pourraient être des scènes de rue. Le travail a été collaboratif, chacun travaillant des fragments avant que tout soit assemblé dans le studio de Julian ce qui donne à l’ensemble la sensation que chaque musicien y a mis sa patte plutôt que d’être le travail d’un seul, accompagné par les trois autres.

En ce sens, ce disque est l’antithèse du White Album. Ceci dit, les vocaux puissants et volontaires de Tremulis lui donnent un rôle légèrement plus important que celui des trois autres dans le produit fini. Pitman assure quelques « backing vocals » sur « (This Can’t Be) Julie’s Song » » équilibrant un peu le tout et la guitare sinueuse de Julian lacère le travail en distorsion qui est celui de Escondido.

La production est rude et hérissée et on sent que c’est exactement comme les musiciens la voulaient. L’équation entre le poli du studio et la vitalité des premières prises est parfaite. The Fauntleroys annoncent des projets de tournée, il serait agréable que cette formation ne soit pas qu’un « one shot ».

***1/2

22 octobre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire