Justin Townes Earle: « Single Mothers »

Sur la chanson titre de son nouvel album, Single Mothers, JustinTownes Earle évqoue ce père absent, qui ne donne jamais d’argent à sa femme et semble être indifférent aux devoirs qu’il est censé remplir. Ce sont des paroles d’autant plus fortes qu’elle viennent du fils d’un artiste fameux, le légendaire Steve Earle.

Celui-ci avait quitté sa femme alors que Justin avait deux ans, chose qui va ne pas lui valoir des fans supplémentaires dans les mouvements féministes mais là n’est pas le propos prioritaire du fils.

Ce titre est, certes, autobiographique, tout comme la plupart des autres compositions, mais, au-delà de l’intime, ce sont surtout, comme sur ses quatre précédents disques, les résonances universelles qu’elles peuvent avoir qui importent.

Ce qui donne son universalité ici a à voir avec la grâce souple et confortable qui enveloppe Single Mothers. Celle-ci est très bien introduite par une « vibe » très R&B sixties, « Worried ‘Bout The Weather » où Otis Redding semblerait s’être dirigé vers Nashville pour nous délivrer une chanson où la timonerie dominante serait du « classic country ». « My Baby Drives », lui, possède ce « twang » nasillard propre au honky-tonk qui aurait très bien pu être composé par un jeune Dwight Yoakam et « Time Shows Fools » virera du côté du Elvis Costello country, période Almost Blue.

N’oublions pas, non plus, la voix de Earle, qui transperce les sons comme une balise le ferait dans le brouillard avec son timbre voilé et enfumé mais aussi fort et tourmenté comme sur « Burning Pictures » où il demande combien de fois le cœur de l’autre a été brûlé par l’amour. Le fait que ce soit le morceau le plus enlevé du disque ne fera, de ce fait, qu’attiser la blessure.

On peut louer cette constance mais on peut y voir aussi un travers.au travers de cette quête délicate de l’empathie son ton ne varie pas beaucoup. Les titres les plus poignants seront ainsi ceux où l’énergie est contenue (« It’s Cold In This House » où sa voix est un chuchotement sur fond de pedal steel). Au bout du compte on sera moins affecté pas ses compositions plus rock car elles semblent ne pas vouloir creuser les thèmes abordés. Reste la gravité d’un passé qui est aussi une libération, en particulier du nom de son père ; si tel était le but avéré, le résultat est concluant même si un certain engourdissement ne pointe parfois au fil des plages.

***1/2

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