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Robert Plant: « lullaby and… The Ceaseless Roar »

Excentrique mystique, prince pastoral ou Béhémoth du rock, Robert Plant a transcendé les multiples niveaux de la renommée et du respect et, à ce titre, il lui serait facile de se reposer sur les lauriers posés sur sa tête léonine.

À la place de cela, il continue d’enregistrer inlassablement du métériel dont la plus grande partie est engageante (ce qui est d’ailleurs un euphémisme). lullaby and… The Ceaseless Roar voit notre protagoniste aborder une nouvelle route faite d’exploration et d’expérimentation qui le voit réaliser ici un de ses meilleurs albums solos.

Il s’ouvre sur une reprise digitale et au banjo de « Little Maggie », terrifiante car l’instrument ne fera que vous mettre dans l’inconfort, un peu comme si Led Zep avait souhaité composer la bande original de Délivrance. L’électronique qui le sous-tend est une pure merveille et lui donne un étrange parfum d’avant-garde.

« Rainbow » suivra, autre alliage déroutant entre Tom Waits et des percussions à la Neubauten s’infiltrant dans une tendre ballade où le tintement des guitares se mélange aux lamentations du chanteur. Le titre véhicule un climat de désolation, proche de Cure ou de Low dont il a récemment fait des reprises mais demeurera paisible néanmoins grâce à la densité atmosphérique qu’il dilue. On est loin ici du vocaliste de rock ou de blues acrobatique et plus en phase avec le révolutionnaire sonique qu’il aspire à être.

Malgré ses nombres de disque en solo, parviendra encore à nous surprendre, en particulier dans, et c’est une première, il aborde la pop sur un « Pocketful of Golden » kaléidoscope psychédélique encadré par le murmure séducteur émanant de sa voix.

Toujours dans le même registre « cosmopolite » une ballad tendre et trouble, « A Stolen Kiss » précèderai une incursion dans l’Americana sur « Somebody There » montrant à quel point Plant sait transformer une forme d’expression pour l’ajuster à sa propre expérience. Le « Poor Howard » de Lead Billy en est preuve supplémentaire tant si le violon était remplacé par une guitare on pourrait penser à au Led Zeppelin période Presence.

En fait, chaque morceau semble être une interpolation avec un genre passé à la propre moulinette de Plant. Il peut aussi bien apaiser sur un « House of Love » légèrement gothique ou, a contrario, dérouler un climat scintillant sur « Up On The Hollow Hill (Understanding Arthur) », travaillant avec aisance sur les contrastes, ou sa tendance à alterner tendresse et sauvagerie.

Le dernier morceau de l’album, « Arbaden (Maggie’s Babby) » sera un écho de la première plage avec une intensification de ce qui a été précédemment suscité, une menace véhiculée par de l’electronica façon Moroder.

On peut féliciter l’inspiration mais on peut également louer l’interprétation (Justin Adams, Skin Tyson, John Baggot, Billy Fuller, Dave Smith et Juldeh Camara) ainsi que les arrangements (Tchad Blake) ; tout concourt à ce que lullaby and… The Ceaseless Roar soit un disque fascinant, berceuse et rugissement à la fois, une manière un fois de plus exemplaire la world music au rock (à moins que ce ne soit le contraire) un Houses of the Holy à lui tout seul, bref une fragiilté émotive couplée d’une endurance vocale (ceaseless roar) qui sait faire fi du temps qui passe et que, comparaison extrême, on pourrait assimiler à la vulnérabilité dont Bowie a fait preuve dans son dernier album.

****1/2

4 octobre 2014 - Posted by | Chroniques du Coeur | , , , ,

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