No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Adam Cohen: « We Go Home »

Trois ans après la sortie de Like A Man, un album plutôt réussi et ayant engrangé un succès assez considérable, Adam Cohen est de retour avec un «  follow-up  » qui avait été grandement anticipé, et qui semble marquer un retour à ses racines. Enregistré dans une maison où il a passé une grande partie de son enfance dans l’île grecque de Hydra puis terminé à Montréal, We Go Home, outre son titre peut se voir en effet comme une réappropriation de ses sources, familiales, émotives et personnelles.

Le disque traite de ses réflexions sur l’amour et sa vie en tant que fils du légendaire «  sinegr-songwriter  » Leonard Cohen, une filiation qui est aussi abrdée dans son propre rapport avec son fils qui orne d’ailleurs la pochette de l’album.

Bien que son père a été clairement une influence sur sa musique, Adam Cohen prouve ici qu’il est un compositeur plus que compétent avec toute un série de chanson d’amour organiques et marquées de sensibilité.

Le morceau d’ouverture, « Song of Me and You », introduit la tonalité générale de l’album avec sa guitare cordée de nylon et des cordes qui vont être de la partie sur pratiquement toute sa longueur. Les vocaux de Cohen sont riches, clairs et chaleureux avec certaines nuances charmeuse quand il s’essaie à un rauque un peu voilé comme sur le deuxième morceau, « So Real ». Il s’agit, ici, d’une chanson d’amour qu’il approche de manière réfléchie, où il parvient à être sincère tout en évitant les clichés.

À cette chanson relativement détendue succède le morceau titre dans laquelle la cadence s’intensifie dramatiquement. On pense alors à des groupes comme Of Monsters and Men ou The Middle East. Ici Cohen s’empare d’un style folk plus enlevé avec un chorus prêtant à ce qu’on le chantonne et toute un série d’harmonies enjouées.

Au milieu de l’album, nouveau retour à un rythme plus tempéré et des titres qui parlent pour eux-mêmes avec des textes évocateurs et remplis d’émotivité. « So Much To Learn » sera un modèle d’introspection et, sur toute cette partie, Cohen utilise au mieux le trio ainsi que le section à cordes avec qui lesquels il a tourné tout en y ajoutant de délicats passages de piano.

L’envers du décor est que ces compositions semblent se fondre l’une dans l’autre et suivent une stucture identique de vers simplifiés et de chorus parfois trop ronflants.`

Les quatre derniers titres vont néanmoins réorienter We Go Home. « What Kind of Woman » et « Swear I Was There » nous présentent un Cohen plus téméraire comme si il nous avait réservé un fin plus explosive (toute proportion gardée). Ce dernier titre en particulier commence doucement mais, très vite, il se développe en un chorus en crescendo aboutissant à quelque chose qui est comme un véritable apex, servi qu’il est par une voix qui n’hésite pas à s’affranchir de la moindre retenue.

Le disque va se finir sur un « Boats », tendre berceuse de moins de deux minutes mais aussi touchante conclusion résumant la nature de ce disque. On appréciera la manière dont la voix de Cohen formera un tout en osmose avec la guitare aux cordes de nylon, un glissé qui chronique de manière apaisée ce que c’est que d’être père et fils, un peu comme si toute tension s’était enfin dissipée et que la paix qui infuse We Go Home trouvait sa manifestation dans celle qui habite l’esprit de chanteur et se répand dans sa créativité.

***1/2

26 septembre 2014 Posted by | On peut se laisser tenter | | Un commentaire

Sarah Jaffe: « Don’t Disconnect »

Don’t Disconnect de Sarah Jaffe est le quatrième album de cette chanteuse alternative et il marque une évolution assez flagrante vers une pop expérimentale semblable à celle de St. Vinvent ou My Brightest Diamond.

Sous cette lueur produite de manière savamment lustrée de nombreux genres sont conjugués, le R&B, le folk et l’electro-pop, et ils sont tous ornés de couches soniques du plus bel effet avec des arrangements venus du batteur de Midlake, McKenzie-Smith, qui balance également avec verve des riffs de guitare en distorsion, des accroches de basse pleines d’allant et des drones de synthétiseurs destinés à mettre en valeur les compositions.

La voix de Jaffe, en mezzo, est à la fois forte et résonnante mais elle est capable de rondeur rassurante, les registres propices pour assurer à la fois l’intimité d’un intérieur ou une soirée passée sur les dance-floore.

Sur « Some People Will Tell You » un hymne mid-tempo sur fond de basse scratchée, de guitares étincelantes, d’un piano hypnotique et syncopé servi par une ligne de batterie régulière, Jaffe chante : « Some people ask for honesty / Most people don’t like the truth » mais ce qui pourrait sonner répétitif et laborieux devient puissant et énergique et rend hommage à ses débuts de chanteuse où son répertoire était rempli de sentimentalisme. Elle le fait en embrassant adroitement l’électronique et des rythmes funky, le tout emblématique du terrain sur lequel elle se situe.

La chanson titre se ra sise exactement au centre de l’album, elle vise droit au cœur surtout quand  affe demande : « Do you still feel me ? Don’t Disconnect ». Ce refrain est encadré pas une basse downtempo et de légers synthés apportant une lumière douce et tamisée sur sa trajectoire ; un titre qui résume fort bien de quoi Don’t Disconnect est fait : un virage vers l’expérimentation qui n’est pas pour autant dénué de sensibilité.

***1/2

26 septembre 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire