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Castanets: « Decimation Blues »

Dix ans se sont passés depuis le premier album des Castanets, un Cathedral loué par la critique pour son amalgame de folk et de psychedelia, genre qui est devenu assez tendance au début des années 90. Son leader, Raymond Raposa, s’est établi comme le fer de lance du mouvement et le voilà de retour avec un sixième disque, brassage de blues, de gothic, de psychedelia et de country, le tout couronné de surréalisme.

Les nouveaux venus trouveront rébarbatif ce registre, Saposa sait néanmoins ce qu’il fait et il le pratique avec une confiance qui ne se dément pas. Les compositions sonnent clairsemées, comme si elles avaient été enregistrées dans la nuit en un lieu désolé et la voix traînante du chanteur est ponctuée de claviers lo-fi et de boîtes à rythme avec, souvent, un orgue menaçant bourdonnant à l’arrière plan.

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un album conceptuel, la sensation générale est fort bien transcrite dans le titre du disque :c’est celle d’un climat post-apocalyptique voisin de l’univers de Nick Cave avec, par exemple, « To Look Over The Grounds » et ses références aux quatre Chevaliers de l’Apocalypse et le désespoir qui les étreint quand ils s’interrogent sur qui gardera leur terre dévastée alors qu’ils continuent leur chemin.

Le disque semble avoir trouvé une âme sœur en la personne de David Lynch en particulier musicalement. Raposa s’est pourtant résolu à ouvrir quelques issues et même à « se mettre à la danse » sur « Black Bird Tune » et d’autres titres figurant au milieu de l’album. Ces morceaux plus conventionnels offrent à Raposa un espace pour souffler et montrer l’étendue de ses talents. Citons « Thunder Bay » (très proche du Neil Young période Harvest) ou « Out For The West » qui voit Raposa décrire, sous forme de récitation un paysage étrange fait de chaussures Nik eet de jeux vidéos.

Si Decimation Blues paraît excentrique, on doit porter au crédit de l’artiste le fait qu’il ne sonne jamais forcé. Utiliser Autotune sur un « Tell Them Memphis » acoustique est osé mais apparaît plus inspiré qu’imposé et il ne donne, d’ailleurs, jamais l’impression de s’adresser à un public particulier. Il s’agit juste de vouloir s’immerger dans ces expérimentation d’avant garde conservant un goût rustique ; une fois de plus Castanets nous offrent un disque qui brille par sa cohérence même s’il peut à la fois conventionnel et alambiqué, évocatif et nuancé tout en baignant dans une atmosphère d’agressivité rentrée

***1/2

14 septembre 2014 - Posted by | On peut se laisser tenter |

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