No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Rapid Talk: Interview de Clean Bandit.

Clean Bandit est un quartet, ou plutôt un quatuor, de Cambridge dont la musique est une intéressante combinaison de « beats » élaborés et d’arrangements à cordes complexes. C’est un groupe qui fabrique une musique de chambre pour dancefloors où se mêlent des moments de mélancolie glaçante. Formés en 2009, ils sont entrés dans le Top 20 en 2013 avec « Mozarts’ House ». Grace Chatto (cordes) évoque rapidement cet alliage entre electronica et musique classique.

Parlez-moi de son de votre « ensemble ».

Il y a des violons, un violoncelle, un saxophone électrique, des percussions et des boîtes à rythme et des tas de voix différentes. Si je devais nous décrire, je dirais que nous somme un groupe « dancey ».

Et comment vous êtes-vous rencontrés ?

En ce qui me concerne et Jack (Patterson, vocaux, basse, saxo et électronique), nous nous sommes connus à l’université. Mais j’avais beaucoup travaillé avec Neil (Amin-Smith, cordes) auparavant. Quant à Luke, à la batterie, il est le frère de Jack. Voilà ! (En Français dans le texte.)

Que pouvez-vous nous dire sur votre tout nouveau single ?

Il se nomme « Dust Clears » et il parle de la renaissance et de l’amour. La vidéo raconte l’histoire d’un homme qui est malheureux dans son travail à l’usine et qui rêve d’un monde qui serait une piste de patinage artistique où il serait le Révérend Robert Walker (titre d’un tableau du peintre écossais Henry Raeburn montrant un révérend dansant sur de la glace).

Et quels sont les artistes qui vous inspirent ?

Ace of Base, Man Like Me, Hudson Mohawke.

Vous avez fait beaucoup de festivals ; un moment phare ?

Monter sur scène avec Chic au moment de leur dernier morceau au Festival de Beatherder.

Vous avez également un EP en préparation ; à quoi peut-on s’attendre ?

Deux de nos compositions originales (« Dust Clears » et « Rihanna ») et trois remixes de Thom alt-J, Jack de Friendly Fires et Russ Chimes. Notre compositiopn «  Rihanna » comportera un passage du quatuor à cordes en ré mineur de Mozart avec un « beat » assez accrocheur et détonnant.

25 août 2014 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Anderlin: « Lowborn »

Si il faut partir autant que ce soit avec style ; c’est peut-être ce que se sont dit les membres de Anderlin au moment où ils ont enregistré leur septième et ultime album, Lowborn. De retour sur leur label initial, Tooth And Nail, il semble que ça a été l’intention d’un groupe qui, tout au long de ses douze années d’existence, s’est efforcé de maintenir une certaine attitude rock, à mi chemin entre la new wave et le screamo.

Le titre d’ouverture, « We Are Destroyer », a d’ailleurs cet héritage mais le groupe sait, graduellement, s’en défaire pour aborder des territoires plus calmes et subtils dès « Strange Ways » dont la cadence, plus mesurée, permet à celui qui s’en imprègne de s’approprier l’humeur de la composition (invariablement celle d’un être épris se mourant de se rappocher de son objet d’amour) et de faire coïncider tonalité et textes.

C’est ainsi que doit être perçu Lowborn, un aller-retour entre colère (un « Stranger Ways » explosif) et climats apocalyptiques impossibles à contrôler comme sur le bien nommé « Armageddon » ou « Losing It All » qui, tous deux, ambitionnent de nous rappeler qu’iil y a une fin à tout. On ne peut s’empêcher de penser alors que, passant de la déclamation théorique à quelque chose de plus personnel, le groupe fait le constat de ces douze années de perdues puisqu’il a décidé de se séparer.

Concrètement, chacun de ses membres a accepté un défi : celui de s’enregistrer lui-même comme pour faire un pied de nez au destin. Le résultat est à la hauteur puisque textes et vocaux se mêlent avec fluidité sans qu’on ait la sensation de subir un discours didactique. Chaque morceau entraîne l’envie d’accéder au suivant ce qui n’est pas une mince affaire quand on s’essaie à conceptualiser une œuvre.

Il n’y aura rien ici qui décevra les fans de la première heure, si ce n’est le regret que l’aventure se termine, quant aux autres, ile ne pourront que regretter amèrement s’arriver si tardivement à une « farewell party » en forme de doigt d’honneur parce que jamais elle n’aurait eu lieu d’exister.

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22 août 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Jess McCartney: « In Technicolor »

McCartney est un nom lourd à porter mais pour Jesse, le « singer-songwriter » en costume auteur du « hit » pop de Leona Lewis « Bleeding Love » ainsi que du « blockbuster » de 2008 « Leaving », le stress ne semble jamais habiter le chanteur alors que sort son 5° album, In Technicolor.

La chanson titre , (augmentée d’un « Part 1 ») ouvre un disque qui porte assez bien son nom puisque les dix autres plages qui vont suivre le verront explorer ses racines urbaines de façon variée, à l’instar d’un Justin Timberlake ou Bruno Mars.

Les vocaux de McCartney ont toujours infusé dans un registre smooth jazz, ici pourtant sa pop soul semble vouloir prendre un virage plus énergique, propre à la « dance ». In Technicolor voit le chanteur se lâcher un peu plus et donner à sa voix veloutée d’autres textures et nuances à la fois soyeuses mais dans lequel l’élégance et le chic semblent vouloir disparaître derrière un beat plus explosif comme sur « All About Us » ou « Punch Drunk Celebration ».

S’il a choisi de parcourir un autre chemin, McCartney ne s’aventure pas pour autant vers un registre plus risqué. Son phrasé n’a rien d’agressif et demeure suffisamment sucré pour que le public « teen pop » auquel il s’adresse n’en soit pas perturbé.

Reste un chanteur capable de performances saisissantes:à cet égard «  Goodie Bag » ou « Tie The Knot » tentent à prouver qu’il peut être considéré comme un musicien à part entière ; peut-être est-ce cette aisance cumulée à un manque de complexes assumé (la façon dont il délaisse une production R&B qui aurait été évidente chez n’importe quel autre chanteur sur « Checkmate » et « The Other Guy ») qui mériterait une attention plus soutenue si il se décidait à s’orienter vers une audience plus adulte.

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22 août 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

The Raveonettes: « Pe’ahi »

Sharin Foo et Sune Rose Wagner, ce duo danois connu sous le nom de The Raveonettes s’est bâti une réputation en mêlant harmonies à la Everly Brothers et guitares bruyantes comme le faisaient Jesus & Mary Chain ou Sonic Youth. Le groupe a sorti 6 albums et 5 E.P.s avec l’aide de musiciens variés, tous sur le même mode aussi leur sixième, Pe’ahi, est une véritable surprise qui marque un virage fondamental alors que The Raveonettes entrent dans leur deuxième décennie.

Pe’ahi est le nom d’une étendue de plage à Maui, célèbre parmi les surfeurs pour ses vagues, énormes et imprévisibles. Même si le disque comporte encore des passages familiers (jeu de guitare en distorsion et en fuzz) l’inattendu viendra d’autres procédés, en particulier la voix de Foo qui prend plus d’ampleur tout en restant à la fois sombre et angélique et s’accorde de merveilleuses harmonies avec celle de Wagner. Cela deviendra la cœur d’un album où jamais le groupe n’a aussi bien sonné.

« When The Night Is Almost Done » est un des morceaux phares d’un disque qui en comporte un certain nombre et on se plait à admirer la façon dont la voix de Foo passe de l’innocence béate à l’expérience amère et acquise chèrement.

Le « songwriting » de Wagner est le deuxième élément fondamental. Pe’ahi est, selon lui, une réponse directe à la mort inattendu de son père fin 2013 et les textes en sont emprunts dès le titre d’ouverture « Endless Sleeper ». Les thèmes aborderont donc le trépas, le regret, l’isolation dans un album qui parfois donne l’impression d’être un disque d’adieu qui ne s’adresse pas uniquement au père de Wagner mais aussi au son précédent du duo. Peut-être n’est-ce pas une coïncidence alors qu’en langage hawaïen, le terme « pe’ahi » signifie « vague » comme quand on fait un signe d’au revoir à quelqu’un ou quelque chose.

***1/2

21 août 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Young British Artists

Bien que leur nom puisse transporter quiconque a connaissance de l’univers culturel britannique vers les temps de la « Cool Britannia », Young British Artists ne sont pas influencés par Damon Albarn ou autres mais plutôt par les sensibilités plus austère du post-punk. Leur premier opus, Change By Any Other Name, en est le témoignage musical. Leo Scott, le bassiste vocaliste, nous en dit un peu plus.

Vous avez la réputation d’être un groupe plutôt animé sur scène ; avez-vous tendance à vous lâcher ?

Pour nous jouer « live » est un objectif. Il n’y a plus beaucoup de groupes qui, aujourd’hui, se donnent tant à leur public. Je n’aimerais pas voir des stypes qui, sur scène, me donneraient l’impression que j’entends leur disque. Je veux voir un show, même si il est perfectible plutôt qu’embellissement.

Votre nom est-il une référence à ce collectif artistique des années 80 et à l’ère de la « britpop » ? En effet, à vous entendre, l’allusion cette allusion n’a pas beaucoup de sens.

C’est du second degré, une référence assez brute à cette période. Bien sûr on était tous fans de Blur ou autres mais ils n’influencent pas notre musique. On est devenus amis car nous étions tous fans de Sonic Youth , At The Drive In et And You Will Know Us By The Trail Of Dead et surtout Pylon. Notre guitariste, Sebastian Mariner, adore les six cordes qui hurlent.

Vos vocaux sont délibérément distordus et donnent un tonalité sinistre et décharnée à votre répertoire : sur quoi écrivez-vous ?

Tout cela sonne un peu sérieux et je suis sûr que certains trouveront que ça l’est trop et même agressif mais les textes ne sont pas des facéties. Ils sont au contraire très directs.

Comment avez-vous abordé l’album ?

On a enregistré en partie à Manchester, notre ville d’origine et Londres. On a fait ça avec Owen Turner qui a produit Factory Floor. On aimait bien ce qu’ils faisaient et on a été dans le Norfolk pour tout peaufiner. La campagne était l’endroit idéal pour nous distraire de la ville.

En quoi cela a-t-il changé depuis vos premiers « singles » ? Est-ce toujours un procédé de fortune qui vous fait utiliser des méthodes lo-fi ?

On a essayé le lo-fi mais ça ne fonctionnait pas. Les premiers enregistrements sonnaient hagards et à Londres tout devenait trop poli. On souhaitait avant tout que l’enregistrement soit comme celui d’un disque « live ».

21 août 2014 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

La Roux: « Trouble In Paradise »

Le «  revival  » eighties a duré bien plus longtemps que les eighties elles-même et Elly «  La Roux  » Jackson en est une des figures vitales pour sa durabilité. Son album éponyme, une électro-pop qui avait résonné comme un coup de canon, par ses arrangements de synthés extrêmes et des vocaux qui vociféraient des futurs de dystopies, augurant ainsi de ce nouveau millénaire.

Forte de cette percée, et après le départ de ses collaborateurs la chanteuse a attendu le temps qu’il fallait pour peaufiner un Trouble In Paradise, manière de trouver un peu plus de substance et de profondeur.

On retrouve le même style froid, tout comme la même attitude glaciale mais aussi une voix plus riche et des compositions et des arrangements plus sophistiquées. Si on devait se référer aux eighties on pourrait voir les influences de Grace Jones produite par Trevor Horn, Nile Rodegrs et son travail avec Madonna, Bowie (le fabuleux «  Tropical Chancer  ») ou Carly Simon.

L’électro-pop va se teinter de pop-soul et malgré des titres plutôt «  trash  » («  Sexotheque  », «  Kiss and not Tell  ») ceux-ci sont plutôt des démentis car ils nous emmènent dans un univers où la virulence est plus luxuriante que débridée.

Jackson n’a aucunement perdu sa férocité ni la maladresse qui l’accompagnait parfois mais elle a trouvé le moyen d’assumer et même de es complaire dans l’inconfort et de le transformer en un élément vers lequel on aurait hâte de plonger.

Trouvant confiance dans une variété de styles, l’album nous apporte paradoxalement une certaine chaleur  ; celle d’une artiste qui sait s’éloigner des schémas pop ou dance traditionnels et nous proposer quelque chose où le vindicatif et le glorieux ne sont jamais dissociés, une enivrante margarita ou autre nectar propices au mélange des genres.

***1/2

20 août 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

5 Seconds Of Summer: « 5 Seconds Of Summer »

l paraît que la controverse suscitée par One Direction (herbe, puis désir de s’orienter vers une musique plus pop dans le bon sens du terme) leur a fait perdre un bon nombre de fans. En outre, la place vers laquelle ils ont décidé de d’orienter risque désormais d’être prise par un quatuor venu d’Australie, 5 Seconds Of Summer, une groupe de petites fripouilles dont le répertoire se situe à l’intersection de la musique « radio-friendly » et d’une attitue légèrement rebelle et punk.

Cette position leur a assuré un « hit » mondial avec un « single » « She Looks So Perfect » et leur album va être une tentative de reconstituer cette formule. IL n’y a donc rien de particulièrement original dans leurs douze compositions, et leur image demeure celle de stars sur « youtube » avec des chorus qui se veulent aussi accrocheur que ceux de Weezer mais en plus stupides d’autant que les txtes se résument souvent à des exhortations de style « hey hey hey ».

La cible est désignée, ce sont les teenagers et pour cela ils distillent exubérance et soupçon d’une espièglerie qui veut passer pour de la révolte.

Tout ce qui pouvait être âpre a soigneusement été gommé mais on ne peut nier à 5 Seconds Of Summer un enthousiasme même si celui-ci se révèle être un emportement qui n’apporte rien. On a parfois même l’impression qu’ils s’évertuent à prouver qu’ils sont des punks (référence à la chemise de Cobain) mais si la musique est ajustée, l’élan sonne faux et préfabriqué.

Les textes sot souvent stéréotypés (‘Good Girls ») mais ils sont là pour répondre à un marché, on ne peut donc en attendre rien de plus.

Au fond, ce combo rappelle ce groupe monté de toutes pièes pour conter les Beatles dans les années 60 : The Monkees . Ces derniers avaient montré qu’ils valaient plus que ça ; on peut se demander si la notoriété de 5 Seconds Of Summer ne s’exemplifie pas déjà dans le patronyme qu’ils se sont attribués.

**

18 août 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

To Rococo Rot: « Instruments »

To Rocooco Rot n’est pas vraiment un groupe mais une unité artistique composée de trois membres. Et celle-ci continue son exploration d’un univers musical sis entre « electronica », « ambient » et post-rock. Avec succès, ils ont deuis près de 15 ans redéfini les possibilité de faire fonctionner synthés et électronique sur ordinateur ainsi que la façon d’e permettre une interaction entre techno minimaliste avec basse et véritable batterie.

Les Berlinois sont de retour sur leur premier label, City Slang, et Instruments suit un Speculations datant de 4 ans, hiatus qui les avait vus chacun s’afficher dans des collaborations avec d’autres musiciens du même type.

Comme d’habitude, on retrouvera la fluidité du jeu de basse de Stefan Schneider et celle-ci sert de point d’appui à tout l’environnement du disque. Des titres comme «  Besides Down in The Traffic » avec sa pulsation abstraite ou « Pro Model » avec ses multi couches en crescendo ou les percussions jazzy de Ronal Lippok ont toujours un résultat compulsif qui garde une doses appréciable de momentum débridé, chose qui aurait été différente si un autre producteur s’était saisi de l’affaire.

Une chose est nouvelle pourtant, ce sont les vocaux., ceux de Arto Lindsay (une figure établie de la « no wave » de New York). Sa voix est douce et on la retrouve sur plusieurs plages (par exemple « Longest Elevator In The Wors ») tout comme sa guitare primitive et abrasive. On retrouve le même minimalisme dans l’enregistrement des pianos ce qui donne au tout un climat plutôt détendu.

En dépit de toutes ces « innovations », le son de To Rococo Rot demeure reste indifférencié : sa démarche demeure discrète et modeste ce qui fait d’eux, en contraste avec d’autres artistes de la même mouvance, un ensemble qui sonne toujours de manière optimiste. Cette faconde procure ainsi excitation musicale qui va bien au-delà du genre dans lequel il sait si bien se confiner.

***1/2

17 août 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Young British Artists: « Change By Any Other Name »

Ce groupe tire son nom d’un groupe d’artistes des années 80 (Tracy Emin, Damien Hirst) mais il n’en est pas pourtant un aficionado du « art rock » ou de l’époque « Cool Britannia » que suggère son patronyme.

Après pas mal de buzz, le combo de Manchester nous livre son premier album, assez étrange et graveleux qui semble faire la description de paysages urbains humides et totalement dépourvus de cet optimisme, de cette ironie ou de cette « britishness » qui caractérisait le mouvement dont il a adopté l’appellation.

Young British Artists s’inscrit plutôt dans une mouvance hybride faite de « shoegaze » et de punk maussade, une effort discipliné, revêche et tendu. Des murs soniques sont censés prodiguer un effet de transe qui enveloppe une musique austère rappelant les premiers albums des Walkmen, Alkaline Trio ou Eagulls. Change By Any Other Name est un cocktail de textures misérabilistes conjuguées à des références musicales et des « lyrics » qui ne font qu’un avec elles.

Le disque est néanmoins constitué de plusieurs sections. La première est frénétique, fiévreuse et en colère, la seconde s’empare de ce dernier élément mais y ajoute introspection avec des passages instrumentaux qui, graduellement, s’élèvent pour se finir abruptement. « Living In Skin », par exemple, pourrait appartenir à un tout autre album que « Kato » : le premier tout en riffs incessants, angulaires et aigus, le dernier mélancolique, lent et propre à vous hanter.

« Kato » s’efface en feedback alors que « Blood Bothers » va de l’avant, appuyé par une batterie toute en nuances et des textes indéchiffrables. « Start A Colony » nous ramènera dans un environnement plus enjoué tout en laissant intactes les fondations édifiées par les premiers titres.

L’album s’arrêtera sur une note soudaine, « Forget Your Past », une conclusion abrupte et dissonante alors que tout concourait jusqu’à présent à bâtir un crescendo. Cette ode finale apporte un peu plus d’intrigue à un album qui suscite l’envie d’en savoir plus. Quelque part, cette forteresse édifiée par YBA incite à ce qu’on y pénètre à nouveau et que son onirisme perturbateur soit réécouté sans crainte mais plutôt avec délice.

***1/2

16 août 2014 Posted by | Quickies | | Un commentaire

Reigning Sound: « Shattered »

Greg Cartwright, le leader de Reigning Sound, est le prototype du héros « garage rock ». Dan Auerbach semble trop vouloir s’efforcer à l’être, Jack White est un excentrique, Mick Collins pourrait faire l’affaire mais même le suprêmement cool meneur des Dirtcombs ne peut égaler cet esprit soul qui revisite les années 50, 60 et même la période Nuggets, ces moments qui vous frappent aux tripes, le tout délivré avec une  faconde qui fait de Cartwright une personnage qu’on ne peut qu’aimer.

Après plus de 10 ans entouré de musiciens de sessions (sous le nom de The Oblivians ou de Compulsive Gamblers) et d’enregistrements aussi fantastiques que méconnus, notre homme a enfin un line-up stable et sur Shattered enregistré à Brooklyn pour son nouveau label (rien que moins que Merge) cet équilibre est flagrant. L’organiste Dave Amels peut, en effet, être considéré comme son frère de sang grâce à un jeu en qui ronronne en permanence donnant à des morceaux comme « Falling Rain » ou « If You Gotta Leave » une qualité de douce réassurance. Sur des titres tels un « You Did Wrong » en accélération constante il procure, par contre, avec habileté un lustre imparable et une énergie dense à ce joyau de « Southern Soul ».

Reigning Sound étant sur le mode éclectique, Shattered offre aussi des rockers « fun » et fuzzy comme « North Cackalacky Girl » qui ouvre l’album ou des ballades bluesy du style de « I’m Trying (To Be The Man You Need) » quin lui, ferme la marche.

Ce quintet, étayé par trois membres du groupe soul de Amel The Jay Vons semble avoir ainsi maîtrisé tout ce que l’Amérique à pu produire musicalement en termes de post-rockabilly et de pre-punk. Même la pop anglaise n’est pas ignorée avec un « My, My » qui véhiculera l’excitation des Them de l’époque Van Morrison dans une histoire verve de subversion adolescente narrée avec verve, passion et simplicité. A contrario, « Never Coming Home » sera une ballade pop scintillante et pleine d’émotion avec une arrangement bienvenu, celui d’une flopée de violons,  le tout mettant merveilleusement en valeur le côté troubadour qui peut sommeiller chez le chanteur.

De ce disque on peut reconnaître le côté « hard » mais il y a beaucoup plus que cela dans la mesure où Reigning Sound ne s’évertue pas à jouer fort et vite. La vie n’est pas qu’un crescendo et Cartwright semble l’avoir compris en y apportant une âme qui vise à élever l’auditeur plutôt qu’à vouloir le  faire entrer dans  un cadre de « stadium rock » et d’emphase. C’est aussi cela la définition du rock & roll, quelque chose qui vous secoue certes, mais qui est aussi capable de révéler votre part d’intime sans qu’il soit nécessaire de trop en rajouter.

***1/2

16 août 2014 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire