No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Giana Factory: « Lemon Moon »

Giana Factory, Lisbet Fritze (guitare), Sofie Johanne (basse et synthsés) et Loui Foo (vocaux et percussions sèches), sont finalement de retour après Save My Youth retentissant en 2010 produit par Anders Trentemøller.

Les Danoises ont choisi une atmosphère plus élevée qui semble mieux leur convenir ; ainsi l’ouverture, « Rigt Or Wrong » mélange habilement boîte musicale enfantine et sons plus effrayants et légère distorsion. Les choeurs vont vers l’harmonieux et le céleste élevant ainsi les tonalités sinistres de la basse vers le soleil.

Cette ambiance aura cours tout au long de Lemon Moon avec un Trentemøller dont les beats se font à la fois calmes et « dancey ». Le son-même est élaboré avec lui, ce qui donne une fluidité dynamique à l’ensemble, schéma où il n’occulte rien de ce qui est l’ouvrage de nos musiciennes.

La manières dont les compositions sont construites ne varie effectivement pas : un peu de basse, un peu de guitare et de légers vocaux qui vont se mêler pour créer un style à la fois grandiose, sentimental et propice à une certaine frénésie « dance ».

« Walking Mirror » se distinguera par son contraste entre beats électronique appuyés et vois mesurée, il en sera de même avec « Don’t Fall In Love » , « Head Up High » et « It’s Your LIfe ». Ce sont des morceaux essentiels pour comprendre comment faire fonctionner ensemble des contraires : un passage « dance friendly » se muant tout à coup en ballade qui vous plonge dans la tristesse.

La chanson titre semble être, quant à elle, la préfiguration d’une orientation vers une musique plus industrielle tout en conservant cette ambiance « spacey » ; pour un « sophomore albim » celui-ci est excellemment bien troussé et saurait agrémenter ces moments où se se sent à la fois agité et porteur de vague à l’âme.

***1/2

25 août 2014 Posted by | Quickies | , | Un commentaire

The Ghost of a Saber Tooth Tiger: « Midnight Sun »

Avec un nom comme The Ghost of a Saber Tooth Tiger on se dit qu’on a affaire à un groupe de néo-prog adepte de mythologie comme l’étaient certains. Quand on sait qu’il est avant tout constitué du duo Sean Lennon (le fils de…) et de Charlotte Kemp Mulh (un mannequin à succès ayant 8 ans de plus que Sean) on s’interroge sur la direction qui sera celle de leur musique.

Pour Sean tout comme pour son demi-frère Julian Lennon, cet héritage a toujours été un frein dont Midnight Sun (titre et pochette on ne peut plus emblématiques également) va s’employer à tenter de dissiper les idées préconçues. En fait, le patronyme que s’est choisi GSTT va assez bien entériner la première impression qu’il suscite.

On a droit à un rock aux compositions assez longues, chaloupées pour certaines et visant à créer une atmosphère à grands renforts de mellotrons et d’harmonies.Les tempos sont moyens pour la plupart Mulh intervient aux backing vocals et les climats ne peuvent s’empêcher certains groupes « prog » ou « post prog » en particulier les trop méconnus City Boy.

Cette fixation rythmique quelque peu downtempo privilégie certes un environnement dans laquelle il est aisé de renter mais elle est également source d’uniformité. Ce ne sont pas les quelques touches gothique apportée par Mulh ou les rares éclairs psychédéliques que la guitare de Sean va s’aspirer à émettre pour apporter des variations susceptibles de nous faire sentir des climats qui nous feraient rebondir ; Midnight Sun est, certes, un album bien conçu et agréable à écouter mais il demeure au final lassant et quelque peu monotone ce que le passage du groupe à Rock en Seine n’a fait que confirmer durant leur show malgré cette reprise, habituelle chez eux, du « Long Gone » de Syd Barrett.

**1/2

25 août 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Giana Factory.

Giana Factory est une trio féminin danois dont le deuxième album, Lemon Moon, vient de sortir et se situe toujours dans la même mouvance – à la fois gothique et électronique – que le précédent, Save The Youth. Les climats sont hantés et mélancoliques mais les jeunes femmes, en la personne de la chanteuse Loui Foo, sait se montrer enthousiaste pour nous parler de leur musique qui évoque sans la singer Sigur Rós et Röyksopp.

Comment peut-on se sentir à la veille de le sortie  d’un second album ?

Très bien mais un peu effrayées quand on se pose dans la perspective de Lemon Moon. C’est un peu comme avoir eu un enfant et attendre son anniversaire tout en étant anxieux par rapport à la façon dont la fête d’anniversaire va se dérouler.

Il s’est passé trois ans depuis Save The Youth, qu’est-ce que le groupe a fait durant cet intervalle ?

Beaucoup de concerts et de festivals dans le monde entier et nous avons aussi sorti une série de microsillons de 7 pouces avec des reprises de Save The Youth interprétées par Veto, Autolux, Trentemøller et Glasvegas. On s’est aussi beaucoup détendu en nageant, en mangeant des fraises et en écrivant de nouvelles compositions dont certaines figurent sur Lemon Moon. On a beaucoup fait d’expérimentations sonores et aussi exploré une nouvelle instrumentation.

Quel a été le processus qui a conduit à Save The Youth ?

C’était notre premier disque et on avait la sensation d’être des détectives cherchant des preuves et des indices pour nous aider à façonner ce que devait être notre son. On avait cette vision d’en trouver un qui soit vraiment unique et on a passer énormément de temps en studio à expérimenter avec les tonalités, les textes et l’art du « songwriting ». Ren fait on se sentait comme une usine (« factory ») à innovation qui devait nous permettre de fabriquer une sorte de vaisseau spatial que personne n’aurait jamais vu auparavant. La seule spécificité est que notre méthode d’usinage s’apparentait à du bricolage.

Quelles ont été vos influences ?

Des tas de choses ; le cinéma, la philosophie, l’art et l’architecture. Et puis il y a la vie dans toutes ses composantes. La musique devient alors la somme de tout ce qui se passe dans nos trois têtes. Quand on a fait Save The Youth, on avait une sorte d’image qui pendait contre un mur, presque comme un miroir à idées, et on se dirigeait vers lui quand on se sentait coincées en plain milieu de la conception. C’était presque une cérémonie rituelle et ça nous a beaucoup apporté.

Vous avez une composition que vous affectionnez particulièrement ?

Non, pas vraiment . Ça change au fur et à mesure qu’un titre s’insinue dans notre esprit. Quand on a fini d’enregistrer, on a commencé à répéter pour les jouer « live ». C’est dans ces moments que les morceaux acquièrent un nouvel éclairage, une nouvelle vie et une signification différente. Quand d’autres artistes font des « remix » c’est un peu comme si ils transforment les compositions. On aime penser que la musique n’est jamais totalement finie mais a plutôt un élément dynamique et qui est toujours source d’inspiration. Quand quelqu’un écoute un morceau, sa perception sera différente d’un autre ; c’est en ce sens que la musique ne peut pas être figée.

Et le nom de Giana Factory est venu de quoi au juste ?

Comme je vous le disais, notre sensation initiale quand on a commencé à faire de la musique était d’être dans une sorte d’usine car on testait des tas de choses en studio. On aime le nom « Giana » car il est plus doux que « Factory ». À l’origine on a été influencées par un vieux jeu sur ordinateur, The Great Giana Sisters, et on y jouait toutes les trois quand on était gamines. C’était une histoire de sœurs super cools qui mangent des diamants, tuent des dragons et sautent dans les airs.

Que pouvez-vous dire sur Lemon Moon ?

Avec le précédent, il était important de construire notre univers. Sur ce disque on a voulu décortiquer chaque morceau en peaufinant suffisamment les mélodies et les textes pour qu’ils sonnent comme nus. L’album est, en ce sens, beaucoup plus dépouillé et notre producteur, Anders Trentemøller, nous a énormément aidées car il a une super oreille pour faire que chaque son adhère aux autres.

Qu’avez-vous écouté ces derniers temps ?

Du blues africain comme Tinariwen, Nick Cave, de la soul style Denitia et Sene. Mais on aime toujours les « classiques » comme Nick Drake, Nico et le Velvet Underground ainsiq que des choses plus récentes comme Anna Calvi.

Et avec quel artiste aimeriez-vous collaborer ?

J’aimerais beaucoup travailler avec Tinariwen, ils sont Maliens et font des choses très intéressantes en combinant la musique africaine et le blues du désert. Il y aurait aussi Portishead ; on aime leur musique, leurs textes et leur façon de produire.

25 août 2014 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de Clean Bandit.

Clean Bandit est un quartet, ou plutôt un quatuor, de Cambridge dont la musique est une intéressante combinaison de « beats » élaborés et d’arrangements à cordes complexes. C’est un groupe qui fabrique une musique de chambre pour dancefloors où se mêlent des moments de mélancolie glaçante. Formés en 2009, ils sont entrés dans le Top 20 en 2013 avec « Mozarts’ House ». Grace Chatto (cordes) évoque rapidement cet alliage entre electronica et musique classique.

Parlez-moi de son de votre « ensemble ».

Il y a des violons, un violoncelle, un saxophone électrique, des percussions et des boîtes à rythme et des tas de voix différentes. Si je devais nous décrire, je dirais que nous somme un groupe « dancey ».

Et comment vous êtes-vous rencontrés ?

En ce qui me concerne et Jack (Patterson, vocaux, basse, saxo et électronique), nous nous sommes connus à l’université. Mais j’avais beaucoup travaillé avec Neil (Amin-Smith, cordes) auparavant. Quant à Luke, à la batterie, il est le frère de Jack. Voilà ! (En Français dans le texte.)

Que pouvez-vous nous dire sur votre tout nouveau single ?

Il se nomme « Dust Clears » et il parle de la renaissance et de l’amour. La vidéo raconte l’histoire d’un homme qui est malheureux dans son travail à l’usine et qui rêve d’un monde qui serait une piste de patinage artistique où il serait le Révérend Robert Walker (titre d’un tableau du peintre écossais Henry Raeburn montrant un révérend dansant sur de la glace).

Et quels sont les artistes qui vous inspirent ?

Ace of Base, Man Like Me, Hudson Mohawke.

Vous avez fait beaucoup de festivals ; un moment phare ?

Monter sur scène avec Chic au moment de leur dernier morceau au Festival de Beatherder.

Vous avez également un EP en préparation ; à quoi peut-on s’attendre ?

Deux de nos compositions originales (« Dust Clears » et « Rihanna ») et trois remixes de Thom alt-J, Jack de Friendly Fires et Russ Chimes. Notre compositiopn «  Rihanna » comportera un passage du quatuor à cordes en ré mineur de Mozart avec un « beat » assez accrocheur et détonnant.

25 août 2014 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire