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Anderlin: « Lowborn »

Si il faut partir autant que ce soit avec style ; c’est peut-être ce que se sont dit les membres de Anderlin au moment où ils ont enregistré leur septième et ultime album, Lowborn. De retour sur leur label initial, Tooth And Nail, il semble que ça a été l’intention d’un groupe qui, tout au long de ses douze années d’existence, s’est efforcé de maintenir une certaine attitude rock, à mi chemin entre la new wave et le screamo.

Le titre d’ouverture, « We Are Destroyer », a d’ailleurs cet héritage mais le groupe sait, graduellement, s’en défaire pour aborder des territoires plus calmes et subtils dès « Strange Ways » dont la cadence, plus mesurée, permet à celui qui s’en imprègne de s’approprier l’humeur de la composition (invariablement celle d’un être épris se mourant de se rappocher de son objet d’amour) et de faire coïncider tonalité et textes.

C’est ainsi que doit être perçu Lowborn, un aller-retour entre colère (un « Stranger Ways » explosif) et climats apocalyptiques impossibles à contrôler comme sur le bien nommé « Armageddon » ou « Losing It All » qui, tous deux, ambitionnent de nous rappeler qu’iil y a une fin à tout. On ne peut s’empêcher de penser alors que, passant de la déclamation théorique à quelque chose de plus personnel, le groupe fait le constat de ces douze années de perdues puisqu’il a décidé de se séparer.

Concrètement, chacun de ses membres a accepté un défi : celui de s’enregistrer lui-même comme pour faire un pied de nez au destin. Le résultat est à la hauteur puisque textes et vocaux se mêlent avec fluidité sans qu’on ait la sensation de subir un discours didactique. Chaque morceau entraîne l’envie d’accéder au suivant ce qui n’est pas une mince affaire quand on s’essaie à conceptualiser une œuvre.

Il n’y aura rien ici qui décevra les fans de la première heure, si ce n’est le regret que l’aventure se termine, quant aux autres, ile ne pourront que regretter amèrement s’arriver si tardivement à une « farewell party » en forme de doigt d’honneur parce que jamais elle n’aurait eu lieu d’exister.

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22 août 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Jess McCartney: « In Technicolor »

McCartney est un nom lourd à porter mais pour Jesse, le « singer-songwriter » en costume auteur du « hit » pop de Leona Lewis « Bleeding Love » ainsi que du « blockbuster » de 2008 « Leaving », le stress ne semble jamais habiter le chanteur alors que sort son 5° album, In Technicolor.

La chanson titre , (augmentée d’un « Part 1 ») ouvre un disque qui porte assez bien son nom puisque les dix autres plages qui vont suivre le verront explorer ses racines urbaines de façon variée, à l’instar d’un Justin Timberlake ou Bruno Mars.

Les vocaux de McCartney ont toujours infusé dans un registre smooth jazz, ici pourtant sa pop soul semble vouloir prendre un virage plus énergique, propre à la « dance ». In Technicolor voit le chanteur se lâcher un peu plus et donner à sa voix veloutée d’autres textures et nuances à la fois soyeuses mais dans lequel l’élégance et le chic semblent vouloir disparaître derrière un beat plus explosif comme sur « All About Us » ou « Punch Drunk Celebration ».

S’il a choisi de parcourir un autre chemin, McCartney ne s’aventure pas pour autant vers un registre plus risqué. Son phrasé n’a rien d’agressif et demeure suffisamment sucré pour que le public « teen pop » auquel il s’adresse n’en soit pas perturbé.

Reste un chanteur capable de performances saisissantes:à cet égard «  Goodie Bag » ou « Tie The Knot » tentent à prouver qu’il peut être considéré comme un musicien à part entière ; peut-être est-ce cette aisance cumulée à un manque de complexes assumé (la façon dont il délaisse une production R&B qui aurait été évidente chez n’importe quel autre chanteur sur « Checkmate » et « The Other Guy ») qui mériterait une attention plus soutenue si il se décidait à s’orienter vers une audience plus adulte.

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22 août 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire