PS I Love You: « For Those Who Stay »

Choisir le nom de PS I Love est vecteur de sens et pour ce du canadien dont For Those Who Stay est le troisième album, le fait d’écrire tragiquement sur de fragiles chansons d’amour reflète assez bien le patronyme qu’il s’est choisi et le précédent disque du groupe, Death Dreams, était un trou noir kaléidoscopique où la mortalité et le malheur suintaient de partout.

Paul Saulnier est assez dur avec lui-même et quand il chante c’est les nerfs à fleur de peau, les soubresauts de sa voix semblable à des solos de guitares qui dérapent comme sur « In My Mind At Least » où le décharnement de ses émotions se donne libre cours.

L’album n’est pas que cela, heureusement, et il nous réserve aussi des moments de charme, de poésie et de beauté. « Advice » par exemple est un de ces titres où PS parvient à faire penser à cette tournée à la fin des années 9O ou Neil Young & Crazy Horse partageaient l’affiche avec Sonic Youth.

Il en est de même quand la vulnérabilité de « Bad Brain Day » voisine avec l’épineuse allure de « Limestone Radio » ou quand le batteur Benjamin Nelson s’empare du micro pour donner à la chanson titre un parfum « glam rock » qui se mélange à une jam post-punk.

Le sommet du disques sera sans doute un « Afraid Of The Light » qui ne peut que nous laisser sans voix, une étrange composition psyche-prog qui débute par des choeurs enfiévrés et se conclue sur une éclatante démonstration de guitares en feux d’artifice.

On le perçoit, PS I Love You n’est plus simplement un puits de cauchemars ; « Fire » est comme une échappée hors de l’obscurité, une évolution qui apportent de nouvelles couleurs à un rock qui reste néanmoins toujours orné de guitares fuzz.

L’album se terminera même sur un second degré bienvenu, « Hoarders » un bien joli déboulonnage de la power-pop ce qui prouve que, quand ils enregistrent dans un vrai studio, PS sont capables de fournir une musique dynamique qui, toute mélancolique qu’elle soit, est capable d’avoir des palettes diverses et même épiques. Le duo n’est certes pas Yes mais les riffs explosent avec la même acuité nerveuse que ceux de Tom Verlaine comme ou Bill Corgan (le feedback sur « More Of The Same »).

***1/2

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