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Lewis Watson: « The Morning »

Lewis Watson fait partie de cette génération de jeunes chanteurs compositeurs qui, à l’instar de Jake Bugg, essaie de se faire un nom avec un répertoire qui oscille entre le soft-rock, le folk et les ballades intimistes. The Morning est son premier album après une série de E.P.s ayant connu un succès relatif.

Le ton reste pourtant simple et humble, presque terre-à-terre, et sa voix qu’accompagne une guitare acoustique et des « beats » très soft se veut chaleureuse et sincère. « Stones Around The Sun » est ainsi une réalisation assez adulte de l’insignifiance de l’homme et de sa propres personne et, avec la même honnêteté, Watson délivre sans fard ses réflexions sur les relations humaines.

« Outgrow » est un constat nostalgique de ce qu’il est devenu, lui et ses amis, par rapport aux temps de sa jeunesse faite de fun et de virées nocturnes, contrastant avec la volonté du jeune homme qui se veut mûr et se met en exergue alors son désir de continuer à compter les étoiles. C’est une chanson étrange quand on considère que Watson n’a que 21 ans tout comme « Castle Street » qui se dote d’une instrumentation atypique et variée dans les quelles toute un palette d’émotions s’empile servie par un « multitracking » de voix et de textures sonores.

Il est rare qu’à cet âge un artiste soit capable de prendre en compte et de gérer toutes les discordances qui peuvent traverser notre psyché ; l’artiste y parvient de manière fluide et doucereuses, peut-être même, à l’image de la pochette de The Morning, un peu trop aseptisé.

Simple troubadour ou auteur plus complexe que son apparence peut le suggérer, l’avenir dira si son approche poétique conservera la même sagacité et si ses compositions, convenables, atteindront un niveau où l’écoute musicale se fera plus attentive.

**1/2

24 juillet 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Proper Ornaments: « Wooden Head »

Il n’y a pas beaucoup de groupes qui peuvent prétendre ne pas être influencés par un artiste ou un autre et le premier album de The Proper Ornements, Wooden Head, ne dérogera pas à cette tradition. Il possède même tous les prérequis qui ont servi de marqueurs à la culture pop. Le Velvet Undergroud ? Oui, mon général. Les Byrds ? Absolument ! Le Paisley Underground des années 80 ? La psychedelia ? Bien sûr. Quant aux incontournables Beatles ? Il n’est que d’entendre « What Am I to Do? » ou « Don’t you Want to Know » pour se rendre compte que nul musicien n’y échappe et, dans ce cas-là, avec bonheur.

La faculté d’apprécier Wooden Head dépendra alors de la connaissance que l’on peut avoir de cette èere (n’oublions pas non plus le Pet Sounds des Beach Boys) et de la façon dont elle nous parle. Heureusement, The Proper Ornaments nous façonnent de bien habiles chansons qui nous donnent cette impression bienheureuse de nous retrouver dans une boutique vintage à Londres et d’être entourés par une musique qui lui correspond absolument.

De cette collection de quatorze plages rien n’est à jeter, montrant un groupe qui, stylistiquement, est mieux qu’à son affaire. Il lui est alors facile de référencer d’autres groupes dans ses titres, « Stereolab » par exemple, ou de parler de choses aussi quotidiennes que le temps (« Step Into The Cold », « Sun », « Summer’s Gone ») un peu comme en cet âge d’or musical sur lequel il est impossible de ne pas revenir.

Sur Wooden Head les caractéristiques de composition peuvent ainsi se donner libre cours. Le registre lyrique est sincère et concis, les guitares ont cette qualité onirique et carillonnante qui demeurent des archétypes, on y évoque vaguement des promesses de régénération et de renouveau comme dans les sixties même si une mélancolie nostalgique semble perméabiliser l’album. Le penchant pour le laconisme est assumé hormis qur un « You Shouldn’t Have Gone » qui dépasse les quatre minutes.

« Now I Understand » sera peut-être la chanson emblématique de la méthode du combo : brève, fuyante et lo-fi, avec un « fuzz » affirmé emprunté aux Byrds et des accroches pointues. Ceci étant donné, l’album est fait d’humeurs contrastées : l’allant de « Step Out Into The Cold » n’est qu’un chorus qui se prolonge, alors que le mélodique « Always There » fait preuve d’une morosité qui met mal à l’aise pour ce qui semble être une chanson d’amour. Parfois l’inconfort se traduit par des sujets presque surréalistes ; une journée dans l’existence d’une balle (« Magazine ») ou tout simplement l’au-delà sur « You’ll See ».

L’essentiel est toutefois brillant et ne peut que nous affecter car direct et sans emphase même dans son approche de la dépression (« Summer’s Gone ») et The Proper Ornaments se montent tout au long de l’album suffisamment distingués et personnels pour que le somme de ses influences sonne légère et libérée.

Que ce soit par dessein (il a dû en falloir de la réflexion pour concevoir un tel album) ou par accident ou moment de grâce, Wooden Head est un disque charmant, suintant un doux optimisme et rappelant, par son euphorie tranquille, les jours paradisiaques où le monde était un lieu sûr, ou du moins la musique qui lui servait de bande son.

****1/2

24 juillet 2014 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Un commentaire