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Sia: « 1000 Forms Of Fear »

Ayant écrit un nombre substantiel de « hits » pour d’autres artistes comme le « Diamonds » de Rihanna (compsoé paraît-il en 14 minutes) ou le « Pretty Hurts » de Beyonce cette chanteuse australienne a parfaitement maîtrisé les conventions de la pop destinée au hit-parade.

1000 Forms of Fear est son premier album solo depuis quatre ans et on pourrait, logiquement, l’accueillir en se demandant quelle vocaliste Sia avait à l’esprit à chacun des morceaux qui le constituent. L’intérêt résidera pourtant de considérer cet album pour ce qu’il est, à savoir un travail solo, et donc de trouver ce qui distingue Sia des autres quand elle écrit pour elle-même.

La chanteuse a toujours voulu rester mystérieuse, allant jusqu’à refuser les interviews comme si elle souhaitait se protéger derrière sa confondante habileté à composer des hymnes pop dans lesquels elle est parvenue à trouver le parfait équilibre avec son éducation musicale jazzy.

« Chandelier » en est un exemple, une petite chanson « dance pop » mais qui est destinée à rester dans notre inconscient musical plus longtemps que de coutume par son exploration de cette zone grise qui va de la détresse à l’espoir tout comme « Big Girls Cry » une « power ballad » énorme dans laquelle n’importe quelle âme en peine (ou pas) pourra se sentir interpellé. Le tout est fait sans trop de grandiloquence, sauf peut-être « Cellophane » ou « Free The Animal » qui sonnent comme emportées par leurs élans.

C’est, en effet, également au niveau des textes que Sia s’emploie à miner (ou déminer) le territoire entre fragilité et force. On ne voit discerne pas chez elle cette recherche d’attention qui accompagne toutes ces chanteuses pour qui elle a composé et sa voix est beaucoup plus nuancée lui permettant, précisément de canaliser le côté sombre qui exsude de sa personne. « Party Girls Don’t Get hurt » présente, à cet égard, un merveilleux équilibre avec son fond de marimba, ses claquements de doigts et la mélodie triomphante qui s’en extrait et accompagne un texte relatant les tourments d’un alcoolique oscillant entre abandon sauvage et descente dans les abysses de l’addiction.

La plupart des titres tombent dans des sous-genres pop stndards (ballades mélodramatiques, hymnes majestueux) mais Sia n’a pas son pareil pour y glisser ses textes qui, glauques et menaçant, sont aux antipodes du glamour se ses compositions pour autrui. On passera rarement à la radio des titres évoquant l’amour ou le désir aussi intenses, violents ou sexués que le sont « Straight For The Knife », « Elastic Heart » parlant de chair découpée ou « Free Tha Animal » qui pousse à son terme l’expression « aimer quelqu’un à mort ».

Sia a choisi de de pas se cacher derrière l’implicite pour parler de l’extrême et elle n’a pas son pareil pour mélanger les métaphores directes et le trouble qu’elle veut susciter. « Burn The Pages » veut consoler un ami dans la détresse mais se transforme en une exploration brûlante, propre à nous déstabiliser dans la façon dont elle veut descendre en spirale, procédé qu’elle applique presque partout, avant de s’arcbouter à cet élan tant recherché vers la victoire.

Jamais cette formule ne nous lasse grâce à la voix prodigieusement élastique de Sia et la façon dont le producteur Greg Kurstin parvient à l’exploiter. 1000 Forms of Fear est un album exemplaire non seulement par sa qualité mais par la fonction de classique qu’il pourrait avoir auprès de certaines de ses « collègues ». Si elle ne domine pas le monde de la pop comme elle le devrait, c’est que le « music business » est encore plus sujet à la peur qu’on ne le craignait.

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12 juillet 2014 - Posted by | Chroniques du Coeur | ,

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