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David Gray: « Mutineers »

David Gray est véhicule une image contrastée mais pas nécessairement contradictoire. Son premier album, White Ladder, peut être considéré comme la bande-son idéale pour les années 2000 avec son interaction de boîtes à rythme et de guitares acoustiques annonçant une résurgence des auteurs-compositeurs et d’un répertoire en mode troubadour morose . Depuis plus de 10 ans, malgré des disques qui s’efforçaient de briser ce stéréotype il demeure fondamentalement associé à ce genre, un peu comme Coldplay, musiciens créant une musique pour des gens qui n’en achètent que peu, idéale à écouter sur les autoroutes ou sur les radios grande écoute.

Mutineers se veut plus intéressant mais, même si on veut s’efforcer d’apprécier cet album venant d’un artiste qui s’est toujours efforcé de se débarrasser d’une étiquette AOR, nous voilà à nouveau confrontés à un album clivant puisque composé de deux parties dans laquelle la deuxième moitié est incontestablement la meilleure. C’est d’ailleurs sur le dernier titre, « Gulls », que ce décalage est le mieux symbolisé avec ce « single » qui est tout bonnement magnifique ; il s’agit ici d’une sorte de morceau avant-folk rappelant King Creosote et Jon Hopkins avec un profond climat mélancolique merveilleusement mis en valeur par ses multiples couches de vocaux hypnotiques qui nous maintiennent en suspension.

Si on commence par le début pourtant, les choses ne sont pas aussi enchanteresses. « Back In The World » ouvre Mutineers sur une atmosphère évoquant Ben Howard et Tom O’Dell et « Last Summer » s’englue rapidement après, pourtant, un bien joli départ et « Snow In Vegas » ne nous ménage même pas cet interstice de qualité avec des textes emplis en outre de clichés. Néanmoins, comme pour tout ce qui est du domaine du folk-rock, les choses peuvent passer insidieusement du mièvre au hantant. À partir de « Cake and Eat It » et sa mélodie en pirouette les compositions acquièrent substance et sur « Incredible » nous nous retrouvons plongés dans ce royaume doux-amer dont Bon Iver semble avoir le secret.

Gray cite John Martyn comme sa principale influence sur cet album et on peut comprendre pourquoi sur une chanson aux synthés dépouillés comme « Girl Like You ». Là l’ambient se combine à l’agitation avec fluidité et c’est dans cette seconde partie que la voix du vocaliste se charge le mieux de gravité et de sens. Qu’il ait fallu attendre la sixième plage pour éprouver empathie pour l’émotion qui est au cœur du répertoire de Gray ne nous fait que plus regretter que l’échelle qu’il a commencé à gravir il y a 15 ans soit encore à mi-chemin.

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11 juillet 2014 - Posted by | On peut faire l'impasse | ,

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