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Rapid Talk: Interview de Cheatahs

   Le chanteur guitariste des Cheatahs Nathan Hewitt a suffisamment entendu les comparaisons qu’on faisait de son groupe avec Swervedriver pour le son shoegaze de son combo pour en être interpellé : «  C’est vrai que qu’on nous parle souvent d’eux mais c’est un de gens groupes dont je n’avais jamais entendu parler avant que quelqu’un, puis d’autres, pointent la référence. Notre guitariste, James Wignall, a grandi en les écoutant et il aimait beaucoup ? Je ne pense pas que quelqu’un d’autre ne n’ait prêté attention à eux avant cette analogie. On a vérifié et c’est vrai qu’ils sont un super son. Mais j’ai la sensation qu ‘il y a aussi chez nous des éléments d’autre groupes de Creation Records. »

Des comparaisons avec l’écurie Creation ont été faites dès 2012 avec la sortie de deux EPs, Coared et Sans plus tard réunis soue le titre de Extended Plays, en particulier My Bloody Valentine. Ces rapprochements ne sont pas prêtes de disparaître dans la mesure où leur premier album éponyme est riche de compositions baihnant dans la reverb comme « Geographic », « Get Tight » ou « Cut The Grass ».

L’album était presque achevé quand The Cheatahs furent invités à rejoindre la tournée Waaves/Fiddlar au printemps 2013 : « On avairt enregistré 80% du disque avant de démarrer la tournée. On est revenu et notre label, Wichita, nous a dit qu’il n’allait pas sortir avant février. On leur a demandé quelle était la date limite pour terminer le disque et ils nous ont répondu août 2013. On a donc passé tout l’été en studio à ré-enregistrer, changer els arrangements, écrire de nouveaux titres. L’album est finalement sorti plus tard que prévi mais je crois qu’il a bénéficié de ce délai. On se sent plus forts et armés de meilleures compositions. »

Tourner a indubitablement aidé The Cheatahs à solidifier leurs titres et leurs relations personnelles. « Ça a été vraiment la tournée la plus chère que nous avons faite . On a appris à vivre ensemble, à dormir dans le même van, à manger de ce qu’on trouvait. Ça nous a galvanisés, a contribué à nous souder et à mieux définir notre son. Maintenant nous savons vers quoi nous voulons aller. »

L’hiver dernier, plutôt que de rester à ne rien faire, le groupe a tourné en Europe avec les punks du label Sub Pop, Merz. C’était une affiche idéale même si elle n’est pas prête de se répéter car Merz travaille sur son deuxième album. The Cheatahs espèrent passer le plus de temps possible sur la route, à jouer dans des festivals aux USA, Grande-Bretagne et en Europe. Comme l’explique Hewett sans qu’on puisse le contredire : « Rien ne vaut une bonne salle, avec un son idéal et des gens venus voir des groupes jouer. »

30 juin 2014 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: « Interview de Conor Oberst »

Malgré le fait qu’il n’ait que 34 ans, Conor Oberst a plus de 20 ans de carrière dans la musique. Aujourd’hui semble être venu le temps de la réflexion pour un artiste qui a commencé à écrire des chansons dès l’âge de 13 ans. Comme pour tous les musiciens ayant commencé tôt, Oberst s’est constamment redéfini. Il a d’abord été qualifié de musicien « emo » puis a eu avalé le calice empoisonné d’être baptisé le « prochain Dylan » et, plus récemment, son répertoire a varéi entre l’Americana, le stadium rock où la spiritualité n’est pas absente et, enfin, du post-hardcore imprégné de politique protestataire.

Oberst s’éloigne aujourd’hui de l’étiquette Bright Eyes à laquelle il a souvent été associé avec son nouvel album solo, Upside Down Mountain. Bien que ce ne soit pas sa première incursion dans l’entreprise solo (le premier, éponyme, est sorti en 2008 suivi par Outer Soth avec le Mustic Valley Band 12 mois plus tard) ainsi qu’un The Peoples’s Key en 2011 qui ressemble de plus en plus au dernier album de Bright Eyes dans un futur proche, travailler seul offre aujourd’hui la parfaite opportunité pour qu’on puisse approfondir qui est le véritable Conor Oberst, non seulement pour nous, mais aussi pour lui-même.

Avec la production assez imposante de Bright Eyes, chose que le chanteur concède, le fait de devenir aussi dispersé soniquement, la réédition de tout son catalogue et l’importance de ses textes et à sa tonalité vocale, la perspective de cet album solo est assez intrigante quant à ce que le chanteur a à offrir : « La façon dont j’ai tendance à travailler ou à ressentir la créativité est en général une réaction contre ce que j’ai fait précédemment. Si je fais quelque chose pendant un certain temps, mon impulsion sera d’opter pour aller vers autre chose tout de suite après ».

On peut certainement dire que ce disque est un départ si on le considère avec son prédécesseur nettement plus cryptique. Alors que les albums précédents ont toujours vu Oberst chercher l’inspiration auprès de sources extérieures (la spiritualité, la vie dans le Sud des US ou dans une communauté en Floride), ce disque voit Oberrst choisir de regarder en lui-même ce qui fait de Upside Down Mountain son album sans doute le plus personnel.

« Parfois la créativité fonctionne comme un balancier et vous vous retrouvez là d’où vous êtes parti. C’est un endroit où vous avez déjà trouvé quelque chose de vous et je crois que j’ai essayé de revenir à une formule de composition plus traditionnelle pour moi. Avec The People’s Key, j’ai voulu enrober mes textes derrière un code cryptique que les gens devraient déchiffrer pour comprendre. Je crois qu’ici je suis beaucoup plus direct, d’une certaine manière. »

Tout comme un balancier, Upside Down Mountain présente, en certaines occasions, toutes les idiosyncrasies d’un album de Bright Eyes et voit le chanteur dans son registre le plus pensif. Il faut dire que bien des choses ont changé pour l’artiste depuis quelques années ; il s’est installé au Mexique, s’est marié et a signé pour Nonesuch Records une « major » après avoir réglé plusieurs problèmes contractuels. Malgré ce semblant de maturité nouvellement acquise on trouve sur le disque des restes d’introspections avec lesquels nous sommes toujours familiers depuis ses débuts discographiques en 2000.

Le début de l’album en est une indication d’ailleurs car « Time Forgot » voit Oberst vouloir se défaire de sa relative renommée pour emménager dans une ville fantôme de manière à, précisément, « réunir l’éparpillement de mes pensées ». Celles-ci se percutent dans « Double Life » : « J’essaie de dépeindre les périls et les côtés positifs du fait de vivre une existence plus calme , D’ailleurs une grande partie de l’album me voit me concentrer sur ces moments où il faut assumer un problème sérieux, que ce soit le départ de ses enfants ou la vie qui ne se déroule pas comme on le souhaite. »

L’optimisme n’est pourtant jamais loin et ce sur quoi Oberst insiste c’est « cette attitude semblable à la démarche zen qui est d’accepter la vie telle qu’elle vient et de réagir aux choses du mieux qu’on le peut. La vie est une souffrance et il y a des tas de choses cruelles qui arrivent dans le monde. Votre pouvoir réside dans le fait d’être capable de vous concentrer sur la négativité ou sur la nécessité d’avancer. » d’où l’importance qu’il donne au rôle que joue la musique : « Elle a l’unique habilité de nous faire passer derrière les lignes ennemies ; qu’elles soient politiques, spirituelles ou idéologiques. Si j’essaie de communiquer quelque chose, c’est juste un message d’humanisme que je tire des mon existence. Je me vois dans les autres et j’espère juste qu’ils en feront tout autant. » La musique ne changera peut-être pas le monde en effet, mais les gens qui l’apprécient et qui sont en phases avec ces idées pourraient un jour remporter le match.

Oberst gagnera sans doute certains fans et en perdra d’autres, plus proches de Bright Eyes ; mais ce qui compte ne réside-t-il pas dans cette lutte universelle qui se situe à l’intérieur de nous mais aussi au dehors et à laquelle on ne peut que se sentir des affinités ?

30 juin 2014 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de + / –

Les New Yorkais de + / – (Plus/Minus) ont un sacré pedigree musical. Leur leader James Baluyut qui a conçu le projet en 2000 et le chanteur-guitariste, Patrick Ramos, ont tous deux participé à Versus pendant près de dix ans avec le frère de James, Richard. Ces derniers sont peut-être un des groupes indie les plus sous-estimés des années 90 sortant des disques ambitieux qui n’ont jamais réuni rien de plus qu’un bon accueil clairsemé et la fixation obsessive de Sam Fogarino de Interpol qui cherchait désespérément à les faire connaître.

Entretemps, le batteur Chris Deaner, avait fait ses armes avec Prescott Curlywof de Austin et avait également joué avec Kelly Ckarkson, illustrant en quoi son approche était à la fois grandiose et pleine de dynamite.

+ / – sont une unité resserrée, à des années lumières des premiers projets solos de Baluyut avec son ordinateur portable et, au bout de 14 ans, ils ont enfin enregistré ce qui est sans doute leur meilleur album, l’étincelant Jumping The Tracks. Si on lui demande en quoi les six années de latence ont gêné ou aidé le groupe, Baluyut tranche:

« Un peu des deux. de toute évidence toute cette impulsion que nous avions dans les années 2000 est partie. Les fans qui ne nous suivaient que de loin ne sont plus là. Mais ceux qui en étaient des vrais, sont toujours présents et nous attendent. Les gens qui sont les moins inventifs continuent ailleurs, c’est la règle. Ce qui importe c’est de maintenir l’attention des gens. Une pause prolongée n’est certainement pas un adjuvant pour cela. Mais avoir du temps pour réfléchir à un album et à en faire quelque chose de meilleur que jamais ne peut qu’être bénéfique. Patrick et moi avons beaucoup parlé de réalisé un album qui soit un classique et je crois que celui-ci l’est. Nous n’avons aucuns regrets quant à son contenu. »

Ceci étant dit, le fait d’avoir ouvert pour Death Cab For Cutie et d’avoir été sollicités par The National pour tourner avec eux et de les voir atteindre un succès tel qu’ils jouent désormais dans des gros stades leur a donné une certaine assise qui leur a permis de graver de superbes albums sur leur premier label, le vénérable et historique Teen-Beat. + / – n’ont sans dote pas autant de visibilité que ces autres combo mais les leurs plus ardents supporters n’hésiteront pas à écouter et d’adorer d’anciens disques comme Jumping et les plus néophytes seront surpris d’écourter des productions qui valent bien plus que ce à quoi ils s’attendaient.

Baluyut prétend être plutôt imperméable au rôle que sa musique peut avoir dans la vie des gens mais il est toujours surpris par l’effet provoqué par ses compositions quand elles sont exprimées au près du public : « On essaie juste de faire quelque chose qui a du sens pour nous et espérons que cela se communiquera aux autres ;je ne suis pas certain de ce qui peut l’être d’ailleurs, peut-être que ça a à voir avec nos tendances sombres et le fait de s’y réferrer souvent.… J’ai eu quelques mails de gens qui y voyaient des messages qui n’y figuraient pas du tout. C’est intéressant de penser que vous pouvoir établir un rapport avec des personnes alors qu’ils ont une interprétation qui va totalement à l’envers de ce que vous essayez de véhiculer. Ce n’est pas que je ne veux pas me connecter à eux, c’est juste ainsi que je procède. »

30 juin 2014 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire