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White Reaper: « White Reaper »

Le EP devient un format de plus en plus populaire pour cette génération de musiciens qu’on a baptisée « post-it-quick ». Elle est, en effet, un support adapté pour un groupe qui débute et qui ne se sent pas réellement prêt à sortir un album et à, ainsi, parfois subir des critiques du style « un EP aurait suffi. »

Dans le cas de White Reaper, un combo du Kentucky de la mouvance pop-rock axée sur les guitares en fuzz et les coup d’éclats soniques, on peut dire que cette option s’est avérée judicieuse. On peut exiger d’eux plus qu’une inspiration instantanée dans ses élans juvéniles eu égard à son pedigree.

Le début du disque de ce trio de Louisville démarre de manière assez épineuse mais plaisante avec « Cool », un titre penchant plutôt de côté mélodique de l’esthétique trash-garage. On y décèle des back-up vocals féminins inattendus, des pointes de synthés bon marché et un écho sur les vocaux qui lutte pour se frayer une voix au milieu de la frénésie des guitares. Bref,c’est une bataille de moucherons contre des guêpes au même titre que « Funn » et « Half Bad » où le chanteur passionné qu’est Tony Esposito, crie comme si il était poursuivi par une nuée d’abeilles.

On est dans le registre du trashy estival, ces premiers moments d’énergie que nous apportent les vacances mais sans le kitsch des enluminures power pop. Sur les trois derniers titres, en particulier le tempétueux et épique « Conspirator », le groupe se verrouille encore plus en mode trashy avec des accords minimalistes, des riffs épais et des percussions déchaînées. On se sent alors comme au-dessus d’un endroit où répèterait un groupe de garage-rock novice, c’est à la fois le meilleur et le pire qu’on puisse dire de White Reaper.

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28 juin 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

White Hex: « Gold Nights

Le post-punk est devenu une étiquette qui, aujourd’hui, veut tout dire et ne rien dire. Les seuls points communs sont leur basse assez proéminente et leur qualité dansante. L’expérimentation et le changement entre les genres sont leurs éléments fédérateurs ce qui fait qu’à partir de ces prérequis il n’y a plus guère de sens à s’en réclamer.

C’est ainsi qu’on pourrait qualifier Gold Nights, le nouvel album du duo australien White Ex tant ses influences sont claires et tant, pourtant, il défie toute catégorisation. On ne peut dire que c’est un disque « revival » dans le mesure où le groupe est parvenu à créer un climats aux riches et profondes textures qui ne repose jamais sur une resucée des tropes électroniques ou post-punk.

Il aurait été facile de revisiter le passé mais Gold Nights est habité par une atmosphère à la fois industrielle et luxuriante, justifiant un titre où fleure l’optimisme que la nuit peut susciter. Cette dichotomie est prévalante toute au long de lalbum ; parfois avec des thèmes sombres alliés à de somptueuses orchestrations ou des beats féroces d’où émergeraient des vocaux attendris. Les oppositions jouent ainsi l’une contre l’autre mais d’une façon qui implique l’auditeur plutôt qu’elle ne l’aliène.

La sensibilité pop de White Hex est également très affirmée ; malgré des sujets lourds, les titres se veulent accrocheurs et comme destinés aux dance clubs. Chaque aspect des compositions semble vouloir nous faire dodeliner de la tête et, de ce point de vue, Gold Nights ne peut être qu’un succès. Même quand le contenu émotionnel est absent, il sait se reposer sur une atmosphère scintillante et c’est en cela qu’il est d’autant plus surprenant. Pour un album qui aurait facilement pu tomber dans le rebattu par son utilisation des synthés vintage et de boîtes à rythme, il parvient, et c’est son plus grand exploit, à nous délivrer une substance unique qui ne sonne jamais ringarde ou forcée.

***1/4

28 juin 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire