No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

« Une Belle Union » (Interview de Simon Raymonde).

Simon Raymonde est un ancien membre de Cocteau Twins mais aussi le fondateur de Bella Union, un des labels indépendants véritablement indépendant de par la qualité de ses signaures (il admet être accro au fait de signer des groupes) mais aussi par l’enthousiasme etérnel qui semble animer ce jeune homme de 51 ans , qui évoque sans détours et avec franchise sa vie et celle de son label.

« Je suis allé voir un docteur à New York et il m’a dit que je devrais être mort. » Raymonde reste très factuel : « J’étais juste venu chercher un inhalateur pour mon asthme et ils ont vérifié ma tension. Je n’avais pas réalisé l’état où j’en étais car je ne me sens stressé par rien. »

Il ne ressemble pas en effet à à un homme vivant sur le fil du rasoir. Il boit du thé, sourit et paraît assez content de lui. « Je me suis marié et ai déménagé à Brighton l’année dernière ; les vieux chausson et la pipe. Duand je regarde la mer et vais promener le chein sur la plage j’ai ccette impression. »

Raymonde fait tout sauf s’installer pourtant. Il raconte qu’il refait de la musique pour la première fois depuis un bon moment : « J’ai un studio d’enregistrement à Hackney qui reçoit des groupe et j’ai un show radio chaque semaine. Cela fait de moi un homme occupé d’autant que ma femme est Américaine et que, vivant à New York, je suis constamment en mouvement. »

Malgré des décennies dans l’industrie du disque, Simon Raymonde est toujours aussi convivial et ne semble vouloir dne donner aucun signe de lassitude. Depuis ses débuts avec Cocteau Twins jusqu’à la direction de Bella Union et nous a aidés à donner forme à la manière dont nous percevions ce que c’est que d’être indépendant. « Je ne suis pas un bâtisseur d’empire, je ne suis pas quelqu’un comme Martin Mills (le fondateur de Beggars Banquet, autre label indépendant renommé) mais je trouve qu’il est génial dans ce qu’il fait. C’est un vrai fan de musique et sur ce plan nous sommes semblables. »

Mills dirige 150 employés chez Beggars, Raymond simplement quatre. « C’est très petit je sais. Nous avons une sorte d’équipe étendue chez PIAS qui nous aide à exécuter ce que nous prévoyons. J’ai vais donc souvent mais c’est vrai nous sommes comme une petite famille. » Faut-il en déduire que la maison Bella Union est cosy avec Simon en charge de préparer le café ? « Je ne suis jamais à mon bureau, je suis toujours à l’extérieur pour rencontrer des gens, voir des groupes ou partir à l’étranger. Je n’ai jamais aimé rester assis à mon bureua du reste. On a un grand meeting du label chaque lundi et je parle à tout le monde tous les jours mais je suis incapable de rester longtemps en place. »

Bella Union est peut-être une petite entreprise mais c’est un label qui pense en grand avec des groupes comme The Flaming Lips et Fleet Foxes dans son catalogue. Le plus remarquable est l’étendue et la qualité des musiciens qui sont signés chez lui. Simon sourit quand on lui parle de ça : « L’industrie ne cesse de me répéter que nous avons beaucoup et que nous devrions ralentir un peu. Je crois que chacun a sa propre manière de faire et je ne prétends pas que ma méthode est la meilleure ou que Richard Russell (le patron d’un autre label, XL Recordings) a raison ou tort.

Je fais remarquer que XL est peut-être un peu désinvolte alors que le succès de The xx et de Adele n’a pas été suivi de beaucoup de sorties alors que le succès financier que les Fleet Foxes ont donné à Bella Union a été une bouffée d’oxygène bien utilisée. « Eh bien, XL ne signe qu’un ou deux groupes par an, un modèle sur lequel vous n’avez rien à redire si on tient compte de leur incroyable succès. Moi, je suis plutôt du genre remuant dans la façon dont je suis obsédé par la musique. Je l’aime tellement que parfois je dois un peu tempérer cette passion. »

Il est difficile de ne pas adhérer à ce bel enthousiasme et c’est dans cet état d’esprit qu’on peut alors discuter des récentes signatures du label, Hosre Thief ou Xiu. ‘est une conversation détendue dont le résumé est celui de l’état d’esprit : « I faut vraiment être cinglé pour faire ce boulot, il faut vraiment que vous soyez un obsessionnel de la musique, que vous aimiez en découvrir et souhaitiez aider les gens. Ce sont mes trois commandements. »

Il est aisé de comprendre pourquoi tant de groupes succombe à ses arguments tels qu’ils sont véhiculé. Il a un côté philanthropique qui, associé à ses expériences passées, doit peser un certain poids dans la décision d’un artiste. « Soyons honnête, j’ai fait partie de plusieurs labels dans le passé en tant que musicien et j’ai toujours dit que Bella Union représentait le label avec qui j’aurais aimé signer à cette époque. »

L’atmosphère familiale est indubitablement le moteur de Bella Union, elle fait d’ailleurs partie de chaque label mais quand vous avez été vous-même au charbon, un combo peut y être sensible. « Vous savez, quand je faisais partie de Cocteau Twins, il y avait toujours une distance entre le label et l’artiste ; elle n’était pas mentionnée mais elle existait. Peut-être était-ce parce que nous étions antagonistes mais il y avait toujours une légère tension dans nos conversation su style : « Ils nous prennent notre argent, ils nous arnaquent, on est des artistes cool et on fait ce qu’ils devraient faire à notre place, on ne peut pas leur faire confiance, etc. » C’est en général ce que beaucoup d’artistes ressentent mais je ne trouve pas que ce soit productif. »

Pour un label si peu fourni en main d’oeuvre, Bella Union reste très présent. Raymonde le reconnaît plus que tout autre est sa réponses quant aux questions de « management » est la patience : « Il y a tellement de groupes un peu partout qu’il est impossible d’obtenir le même degré d’attention qu’il y a 5 ou 6 ans si le groupe ne vous informe pas un peu de ce qu’il fait. C’est un grand monde, parfois il se rétrécit mais il est véritablement gigantesque. » On comprend la contradiction dans laquelle il est mais l’important est ailleurs.. Dans un monde obsédé par l’instant, Simon croit profondément en l’art du mûrissement : « C’est en grande partie ce en quoi consiste mon job, essayer d’expliquer aux gens pourquoi vous prcédez qu’une manière plutôt que d’une autre. Money en est un excellent exemple : ce sont des jeunes incroyables avec un talent énorme et « The Shadow of Heaven » est leur première sortie discographique. Ça n’est pas parce qu’on ne les voit pas dans les journaux toutes les cinq minutes que rien ne se passe pour eux. Nous faisons, au contraire, le maximum pour nous assurer que ce soit un groupe qui reste pendant un sacré bout de temps. »

Beach House est un exemple similaire. Ce duo de Baltimore a percé avec son troisième album, Teen Dream, en 2010. « On peut voir des choses semblables avec Money ; ils sont très intelligents et ils connaissent suffisamment bien comment tout fonctionne pour qu’on les laisse gérer leurs tournées et leurs concerts. Il sont en tournée avec Wild Beasts et c’est impeccable pour eux car c’est un groupe qui a évolué doucement et organiquement. »

Ce traitement respectable des groupes est sans doute inchangé depuis la fondation du label en 1997 mais la façon de signer des artistes a profondément changé depuis 17 ans. « La façon dont vous écoutez et découvrez la musique est totalement différente.  Je pourrais signer un groupe pratiquement chaque jour ! (Rires) Je fais un nouveau show pour Amazing Radio et c’est très « fun ». On ne peut jouer que ce qui existe sur catalogue aussi, si vous êtes un groupe, un attaché de presse ou un label vous pouvez récupérer une plage et une bio sur internet et en cinq minutes je peux le mettre dans mon show. J’ai plus appris en tant A&R de cette manière que je ne l’avais fait précédemment. »

« Pour être honnête, être A&R est le job le plus facile du monde ; tant que vous avez confiance en vis goûts c’est très simple ! » Quand il parle de sa passion, il est difficile de l’interrompre : «  Je vais vous dire un truc, on se moque de la compétition, on a tendance à ne pas aller aux concerts où tout le monde sera. Par exemple au festival South by Southwest vous entendez parler d’une concert pour l’industrie du disque ou quelque chose comme ça. Tous les A&Rs vont y être, je préfère aller à l’autre bout de la ville. Avant, on n’avait pas assez d’argent pour signer un groupe : il y avait Beggars, 4AD, Domino et nous. À votre avis, avec qui signaient-ils ? Tout ça avant Fleet Foxes. Sinon ils seraient allés vers les autres labels alors à quoi bon entrer dans ce jeu ? C’est à nous de trouver nos propres artistes ! »

Ce sont cinq types de Seattle qui ont tout changé pour Bella Union en 2008 : « On a été sur un autre braquet, cela a coïncidé avec beaucoup de changements et, en toute franchise, avant de signer Fleet Foxes je pensais vraiment tout plaquer car je n’étais plus très heureus dans ce que je faisais. J’étais vraiment frustré par le manque d’investissement que j’aurais pu faire pour des super artistes comme Midlake ou Laura Veirs. Il est extrêmement difficile de vendre 10 000 disques, ensuite, de 10 000 à 30 000, c’est un peu moins dur. Une fois que ça démarre et que le groupe remplit les salles vous vous dites que vous pouvez vraiment arriver à quelque chose et que vous êtes vraiment idiot de ne pas vouloir passer à 40, 50 ou 100 000. Ça n’arrivait pas et j’en étais vraiment frustré. Ensuite notre distributeur a fait faillite et on a perdu beaucoup d’argent. »

Sauvé par Co-Op, un distributeur formé en 2005 des cendres de V2 (un des plus gros labels indie à l’époque), le label de Raymond a été à nouveau en mesure de retrouver une certaine amplitude mais c’était toujours ric-rac : « Vous devez vraiment être résolu et déterminé et prêt à prendre des coups », dit-il. « Je crois que j’ai travaillé comme un malade pour ça et très longtemps et je ne vais donc pas abandonner juste parce que quelqu’un ne peut pas bien faire son job. Heureusement je me suis fait de bons amis dans le business. »

Simon a désormais décidé de travailler avec un véritable indépendant, PIAS, chose assez facile étant donné son itinéraire. « Vous devez y penser en vous plaçant dans le perspective de l’artiste et les majors sont incapables de fonctionner comme ça. ; elle ont pour tâche de faire les choses su point de vue du business. »

Les Cocteau Twins ont pourtant signé pour Capitol après avoir été sur 4AD si longtemps ce à quoi Simon répond : « Eh bien signer pour une major a été une des choses les plus stupides que nous ayons faites. » Il réfléchit puis reprend : « À l’époque notre relation avec 4AD était strès claustrophobe et personnelle. Robin Guthrie et Liz Fraser vivaient avec Ivo Watts Russell le cofondateur de 4AD pendant un petit bout de temps et ils étaient comme nos meilleurs amis et notre famille, un peu comme ce qu’est Bella Union aujourd’hui. Mais vous savez avec tous ces trucs financiers et ces contrats tout a commencé à se désagréger et on s’est dit qu’il valait mieux ne plus avoir de relations avec notre label car tout ce qu’on voulait désormais c’était être payé. C »était assez naïf et trois moi après on s’est dit : « Mon Dieu, quelle connerie on a faite ! » C’est une longue histoire et vous devez vous rappeler qu’il y avait pas mal de drogue à l’époque. »

Raymond en rit désormais mais il insiste que ça a changé sa façon de voir les choses : « Personne n’est venu en studio pour voir comment était fait un disque des Cocteau Twins, jamais. C’est chouette en un sens mais une major ne peut pas comprendre ce qu’on traficotait. Il faut quand même saisir que si un label vous donne 300 000 dollars, ils ont le droit d’essayer de voir comment ils vont récupérer leur investissement. On ne voyait pas les choses comme ça, on comprenait juste l’art, on voulait faire notre truc et qu’on nous laisse tranquilles. »

Le groupe est-il encore dans la mémoire musicale pourtant, est-il vrai qu’on leur a offert £1,5 million pour jouer au festival artistique de Coachella ? « C’est la première fois où ça nous a semblé être une possibilité, plus sérieuse qu’un simple e-mail nous demandant si on le souhaitait. La seule raison pour laquelle ça nous semblait difficile était le fait que le type qui organisait tout ça était un de nos très anciens agents et qu’il travaille maintenant pour l’agence artistique William Morris. Il avait réussi à faire en sorte que les Pixies se réunissent aussi il savait que ce serait introduire dans la même cours une galerie de dépravés. On était à quelques semaines de commencer les répétitions, à parler des morceaux mais, au bout du compte, je suis assez heureux que ça ne se soit pas produit. On ne peut pas effacer le drame émotionnel des 15 ans passés à faire partie d’un groupe et de tout ce qui s’était passé avant même que je sois dans un combo. » L’évocation de la somme proposée renvoie cette réponse : « On ne peut pas tout oublier en agitant un bon gros chèque devant le visage de quelqu’un, mais vous pouvez toujours essayer ! J’aurais pris ma retraite, aurais ralenti mon rythme, acheté un appartement quelque part plutôt que d’avoir à louer un deux pièces à Brighton. »

Mais ralentir n’est pas une option pour Simon Raymonde, il aurait certainement mis la moitié de cet argent dans sa passion pour la musique, à savoir Bella Union.

20 juin 2014 - Posted by | Conversations

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