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The KVB: « Out of Body »

Ce duo britannique s’efforce de donner voix à une musique semblabe à un rêve brumeux dont on se souviendrait vaguement, un mélange de shoegaze et de production électronique minimaliste comme si, tel un songe, leur son devait être délicat mais &phémère.

Nicholas Wood et Kat Day ont sorti un premier album, Always Then, en 2012 puis deux autres ont suivi l’année suivante, Immaterial Visions et Minus One qui constitue leur premier véritable opus.

Out of Body nous fait glisser doucement dans le même style, à la fois complexe, aux multiples couches sonores mais en même temps minimaliste. Leur son est linéaire avec un harmonieux mix de guitare formant un mur sonique, de synthés apportant la ligne de basse, d’une boîte à rythmes et des vocaux doucereux de Nicholas Wood.

Le disque est composé de six plages, enregistrées en une semaine au studio de Anton Newcombe (BJM) à Berlin. Un titre hanté, au riff oriental conduit au clavier, « All Around You », servira d’hommage à ce dernier tant il reprend la signature sonique de BJM et Joe Dilworth de Stereolab apportera sa contribution aux percussions sur quelques morceaux.

Out of Body continue d’explorer la fascination du groupe pour la phénoménologie, l’immersion du corps et la conscience. Des cordes et des synthés vont alors apporter de riches nappes sonores aux compositions pendant que des « delays » sur la voix de Wood leur donnent un climat éthéré (« Heavy Eyes »).

Appairé à une rythme de percussion régulier et propulsif, the KVB ne se privent pas de référencer Joy Division et My Bloody Valentine ce qui fait de la poly instrumentation de Out of Body un disque dans lequel l’expérience sonique ne peut que nous engloutir.

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10 juin 2014 Posted by | Quickies | , , | Laisser un commentaire

Gold-Bears: « Dalliance »

Des guitares noisy et en feedback, des structures de pop songs plutôt indiscernables et beaucoup de moments où on a envie de reprendre des passages en cœur font de ce deuxième album de Gold-Bear, un exemple d’architecture pop punk.

Dalliance voit son leader Jeremy Underwood rejoint par un nouveau groupe de musiciens avec qui il nous entraîne dans un voyage musical fiche en octane fait d’énergie vocales et de rythmes explosifs.

Le côté positif du disque est que Underwood nous livre une palette de pop songs aux multiples parfums. La dernière plage de Dalliance, « Her Fears » a une vibration enlevée et post-punk alors que sur « rom Tallahassee To Gainesville », Gold-Bears sonne comme du Belle & Sebastian soumis à la distorsion. On notera, en particulier, l’arrangement intelligent de ce dernier titre, avec un solo de guitare en feedback accrocheur et les « backing vocals » de Pam Berry de Black Tambourine.

Ces deux plages montent que ce nouvel album a une plus grande profondeur que leur précédent et cette impression se confirmera avec le « surf rock » de « Hey Sophie » et ses guitares en carillon alors que la fin de « Death With Drums » sera une démonstration spectaculaire de speed rock qui nous mènera à « I Hope They’re Right » embellissant le répertoire du groupe d’une ballade intéressante.

La plus grande partie de Dalliance vous frappera par son allure fiévreuse sans pourtant se montrer agressive. L’album ne se veut pas novateur mais prétend néanmoins avoir insufflé une nouvelle vie à une vieille formule et mis l’accent sur ce qu’il y a de mieux en matière de noise-pop. Maintenant qu’ils sont tout au bord de la confirmation, ce sera avec curiosité qu’on observera comment le groupe va évoluer.

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10 juin 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Devon Williams: « Gliding The Lily »

 

Rêveur, onirique ou évocateur : ce sont les mots qui viennent constamment à l’esprit quand on écoute cet artiste pop de Los Angeles. Même quand ce troisième album est d’un volume un peu plus accentué voire rock (« Puzzle », « Deep I The Mind Of My Mnd ») ne se départit jamais ce ces sensations tourbillonnantes et éthérées qu’il suscite en nous et qui sont à la base de son approche du son.

On y décèle aussi un arrière courant qui rappelle le New Order et le Teardrop Explodes à l’époque du milieu de leurs carrières tout comme une forte influence de Iam MacCulloch de Echo and the Bunnymen dans la scansion effervescente contrastant avec une technique d’enregistrement qui est en retenue permanente. Les morceaux sont de beaux titres endeuillés, tissés minutieusement comme un « Lost My Concentration » qui pourrait tenir lieu de joyau si on devait dresser une liste de compositions post-punk indispensables.

La prédilection de Williams pour la « big pop » est évidente sur « Pendulum » une pépite de pop song uptempo mais toujours l’émotion sera de mise au long d’un Gilding TheLily qui transcende ainsi les standards pop rock habituels.

C’est cette qualité émotive qui forme le message de ce disque au si joli titre, album qui pourrait presque être une collection de compositions sélectionnées pour une compilation. « Flowers » et « Rabbit Hole » sont d’une beauté sidérante qui traduit à merveille le dévouement mis par l’artiste à sa musique ; il est preuve d’un sommet dans l’émotivité qu’il sera difficile de dépasser, sauf peut-être par Williams lui-même et les moyens les plus subtils qu’il emploie pour faire vibrer le sol sous nos pieds, ou l’esprit dans l’intime de notre personne.

***1/2

 

10 juin 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

King Buzzo: « This Machine Kills Artists »

King Buzzo est le nom de scène de Roger (Buzz) Osborne guitariste solo des Melvins. Sur ce premier album, il y a clairement un effort de se libérer des chaînes du cliché de l’auteur-compositeur s’orientant vers la musique acoustique. En général cela va avec des morceaux introspectifs, une voix douce et des textes remplis de sentiments.

Sur This Machine Kills Artists, Osborne ne fait rien de cela. Sa guitare est frappée toujours avec la même violence et le même désir de créer de la tension au point qu’elle sonne presque électrique. « The Vulgar Joke » a ainsi un claquement déglingué qui le fait sonner comme la musique d’ un film d’horreur

Quand Osborne chante, sa voix résonne comme la plainte des premiers « guitar heros », parfois proche de l’intonation gothique projetant des incantations hantées sur un instrument de guingois. La musique est simplement plus calme parce qu’elle n’est pas amplifiée, pour le reste elle n’est pas plus douce que celle de son répertoire habituel. On est même étonné de la façon dont Osborne s’emploie à le rendre aussi combustible que possible.

Le concept, fondamental s’il en est, de mélodie est parfois étudié mais il ne ne s’approche jamais de ces accords apaisants à la James Taylor. Au contraire « Everything Is Easy For You », s’il permet aux notes de dériver légèrement, évoque plus le Led Zeppelin qui laissait ses accords se figer en suspension dans les airs.

Cette nouvelle esthétique ne va pas modifier les sujets auxquels Osborne s’attaque. Ses textes pourraient s’insérer dans n’importe quel disque des Melvins, des Dead Kennedys ou des Fugs. Ses admonestations sont toujours aussi tranchantes (« The Spoiled Brat », « How I Became Offensive », « The Blithering Idiot »).

On discerne, peu ou prou, de quoi il parle même si on en apprend encore moins sur Osborne que si il était accompagné d’une basse tumultueuse et de percussions détonantes. Admettons toutefois que ce passage réussi à l’acoustique montre quelque chose de lui que nous ne connaissions pas auparavant.

***1/2

10 juin 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Peter Murphy: « Lion »

Ce dixième album de Peter Murphy est produit par le bassiste de Killing Joke, Youth, et son influence se fait se sentir de manidère évidente dès le titre d’ouverture de Lion : « Hang Up ». Des guitares remuantes et des beats électroniques sombres propulsent l’ancien chanteur de Bauhaus vers un décollage abrasif dont le baryton sonore réduit à un rugissement granuleux évoquera Jaz Coleman, le vocaliste de Killing Joke.

C’est une amorce d’album assez frappante dans la mesure où elle plante les graines de ce qui est un départ sonique pour un Peter Murphy dont les styles vocaux sont d’ordinaire plus mélodieux.

Lion, agit en fait comme un hybride entre ses travaux les plus expérimentaux, les flirts avec la techno de Cascade en 1995, la submersion dans les atmosphères du Moyen Orient sur Dust en 2002 et les approches « guitar rock » plus musclées de Ninth en 2011.

Le « single » « I Am My Own Name » est une parfaite distillation de ces styles ; une intro exotique, des claviers gothiques glaçants et la voix de Murphy en mode mélodique. « Low Tars » enfin révélera la synth-pop 80’s don,t le chanteur s’était entiché et dont il fera ici un pastiche.

Le chanteur sonne très en voix et plein de vigueur ce qui est une bonne nouvelle pour un artiste affecté par des nombreux problèmes légaux et, avec Youth, ils forment une parfaite dichotomie Yin et Yang en déboulonnant tous les éléments de ces sous-genres et en leur apportant un sursaut d’adrénaline.

Tous les titres ne sont pourtant pas réussis : « The Ghosts of Solkan Lake » et « Holy Clown » sont trop répétitifs et ressemblent plus à des esquisses soniques que des chansons abouties et le rocker mid-tempo « Eliza » souffrira d’un chorus trop multi-tracké et d’une mélodie hasardeuse.

On trouvera, après tout Maurphy a désormais plus de 50 ans, quelques ballades aux tonalités sépia en particulier la mélancolique « I’m On Your Side » et la crépusculaire « Loctaine ».

Lion est un effort particulièrement fort si on considère la somme de ses parties. Il est toujours rafraîchissant de voir un artiste avançant en âge garder la passion de sa jeunesse. Ça n’est peut-être pas son meilleur disque, mais il fait encore tpreuve d’une certaine grandeur.

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10 juin 2014 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Joe Henry: « Invisible Hour »

Ce 13° album solo de Joe Henry est une longue méditation d’une heure, ici sur le mariage, et, comme toute œuvre du musicien il s’agit de quelque chose de construit de manière complexe et personnel. Invisible Hour est le premier à être enregistré dans son studio,  en une session qui a duré 4 jours.

La tonalité en est laid-back, retenue et sans urgence affichée et Henru a su s’entourer des musiciens les plus propres à intégrer à son univesr (Greig Leisz à la guitare, jay Bellerose pour la batterie, le contrebassiste David Pilch) ; Le fils de Joe, Levon, fournissant une instrumentation riche et délicieuse aux bois et à la clarinette.

On sent Henry dans le désir de s’épanouir artistiquement sans avoir à se préoccuper d’impératifs commerciaux, poursuivant ainsi la démarche de son précédent opus, Reverie

Les textes sont prolixes et nécessitent une attention particulière et les mélodies sinueuses tout comme l’instrumentation. La diction de Henry est celle d’un homme ordinaire qui rend la chose enveloppante et sympathique. « Sign », près de neuf minutes, nous ramène à l’enfance puis à l’âge adulte avec sans doute une bonne proportion d’autobiographie. C’est in morceau intime, à la musique mélancolique et un doux scintillement de chamber pop. Tout relaxant et duveteux qu’il soit, il ne s’agit pas ici de « easy listening » et il nécessite un état d’esprit prêt à être captivé pour s’y plonger.

L’instrumentation est majoritairement acoustique, metta,t en valeur les textes et les ballades ; cet apprêt de délicatesse se heurte pourtant à la monotonie de morceaux trop souvent similaires. On a, aloprs, le chois entre s’absorber totalement dans l’album et de goûter le soin pris aux détails ou, si on est moins concentré, apprécier les compositions minutieuses et sans compromis de loin et en n’y adhérant que de manière distraite et volatile.

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10 juin 2014 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Shoe: « I’m Okay »

The Shoe est un duo indie rock formé de l’actrice Jena Malone (Donnie Darko, Saved!) et du compositeur Lem Jay Ignacio. Le nom du group evient d’un instrument créé par la première et nommée « The Shoe » fait à partie d’une partie d’un steamer et d’une variété d’instruments électroniques en son intérieur.

Après la sortie de leur premier EP en 2009, At Lem Jay’s Garage, le groupe est de retour avec un I’m Okay qui dément son titre tant il est rempli de chansons d’amour sombres interprétées dans le style intimiste propre aux « singer songwriters ». On y dénote des traves de Regina Spektor et de Zooet Deschanel, ce qui se conçoit dans la mesure où Malone présente cette dernière comme une des ses principales inspiratrices tout comme une autre de ces actrices musiciennes avec laquelle Ignacio a collaboré.

Le morceau titre ouvre l’album, c’est la chanson sonnant la plus sincère du disque avec un texte sensible et plein de mélancolie avec une simplicité dans musicale toute charmante. C’est pourtant ce même élément de dépouillement sur tout I’m Okay qui rend l’écoute frustrante malgré son charme. Les rimes sont élémentaires plutôt que poétiques comme par exemple sur « Paper Cup » où Malone susurre comme un « crooner » : « I’m a paper cup/You can fill me up. »

Le titre « Indian Giver » sera une nouvelle instance de maladresse avec cette façon inappropriée de s’emparer de la culture des Native Americans pour un faire un élément de mode ou d’art pour l’art en soi. Malone se dit sensible au sort de ces derniers, l’illustration qu’elle en fait ici est assez navrante tant elle transforme un un morceau accrocheur en une plage proche du cliché.

À son meilleur, Malone est naïve, maladresse et trop avide de plaire. Malheureusement, même si I’m Okay ne s’égare pas au de-là de sa thématique sur ses neufs compositions, l’effort est trop monotone et peu ouvert, d’esprit et d’interprétation.

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