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Conversations: « Vers de Vrais Sommets? » (Interview de Nine Black Alps)

Nine Black Alps a toujours été un groupe dont on considérait qu’il pourrait faire une grande carrière. Courtisé par de nombreux labels, il a signé chez Island Records en 2004. Malheureusement, malgré un excellent premier album (Everything Is) ces débuts prometteurs ne se sont pas confirmés et ils sont devenus un combo dont on disait qu’il était « à la bonne place mais au mauvais moment ». Après une période sans label et un hiatus de deux ans, Candy For The Clowns rééquilibrera peut-être la balance. C’est en tous cas le souhait de Sam Forrest, le principal animateur du groupe.

Cela fait dix ans que Nine Black Alps a commencé sa carrière  ; c’est quand même pas mal si on voit le climat musical d’aujourd’hui. Pensiez-vous, à l’époque, évoquer cette longévité et parler de votre cinquième album  ?

Non, je ne crois pas qu’on ait pensé si loin devant nous. L’échéance moyenne pour nous était de six mois. Et c’est encore le cas car on ne sait toujours pas ce qu’on fera à ce moment. Nous n’avons jamais échafaudé de plans ni n’avons eu d’attentes particulières. Enfin nous en avons quant à ce que nous souhaiterions qui arrive mais rien qui soit basé sur des années ou la vie. On veut tous continuer jusqu’à ce que ça devienne ennuyeux.

Quel est le secret de cette longévité qui vous a fait continuer pendant dix ans  ?

Il y a une bonne alchimie entre nous et on s’entend tous très bien. On n’a jamais eu de réelles disputes. Il y a des tas de gens avec qui je ne pourrai pas former un groupe car ils sont vraiment durs alors, qu’à nous quatre, on est assez cool et la musique reste «  fun  ». je ne vois pas ce que pourrait être une autre explication.

Y-a-t-il eu un moment où vous avez envisagé de tout laisser tomber  ? Je pense surtout à ces trois années entre Locked Out From The Inside en 2009 puis Sirens en 2012 où vous vous êtes retrouvés sans label et occupés avant tout par des projets d’autres personnes.

On avait un management qui s’est, en quelque sorte, dissocié de nous. Je ne sais pas comment le dire d’une autre manière sans que ça sonne mauvais, d’ailleurs ça ne l’était pas vraiment. Ils ont juste cessé tout contact avec nous et vice versa. Ça c’est désintégré et il n’y avait plus personne pour nous pousser un peu. En outre, on était en plein burn out après Locked Out From The Inside et, en plus, se greffaient des raisons financières qui ont fait qu’on ne pouvait plus continuer de la sorte.

On a donc dû penser à comment on pouvait procéder différemment. Ça nous a pris une bonne année et on est pratiquement repartis à zéro après ce troisième album. On a enregistré nous-mêmes Sirens et ça a pris des lustres et nous avons même organisé les tournées nous-mêmes. On n’avait pas de roadies sont on louait un van et on conduisait tous les quatre. C’était en fait un retour à la case départ, celle que connaît chaque groupe quand il démarre. La décision de faire cette pause n’a jamais été consciente tant ça nous semblait évident.

Est-ce que cette adaptation à tout faire par vous-mêmes a été rude  ?

Il fallait qu’on le fasse si on voulait que le groupe ne s’arrête pas. C’est toujours un apprentissage et on voulait le faire sans pression ni attente. Juste avant l’enregistrement de Sirens, je me souviens avoir dit aux autres  : «  On pourrait l’enregistrer et ne pas le sortir.  » Je voyais ça comme quelque chose à faire, une excuse pour traîner encore un peu ensemble. On habite tous à des endroits différents et il est très difficile de se voir régulièrement.

Et aujourd’hui  ?

Nous vivons toujours espacés mais avec cet album tout a été plus concentré, dans tous les sens. On savait ce qu’on voulait faire ertcomment on allait le faire alors que Sirens ne bénéficiait d’aucun plan.

Que changeriez-vous aujourd’hui dans vos enregistrements précédents et pourquoi  ?

Je ne sais pas  ; c’est difficile de penser à ce que vous pourriez modifier. Il n’y a que certains choses qui me font sursauter dans mes vocaux sur le premier album et quelques textes sur le second. C’est très minime comme vous le voyez.

Qu’attendez-vous, vous et votre label, de Candy For The Clowns  ?

Nous ne nous fixons pas d’impératifs. J’ai appris à ne rien escompter de la presse et de la radio;je ne veux rien dire à ce propos excepté que ça me faire sentir comme un lépreux. Personne ne veut avoir affaire à nous de peur qu’on ne contamine leur journal ou leur site web. C’est ce que nous ressentons car nous n’entrons dans aucune case. On n’est pas assez branchés ou people pour le N.M.E., pas assez intelligents pour Pitchfork et n’avons pas assez de tatouages pour Kerrang  ! et Rock Sound.

Ne trouvez pas ironique que, aujourd’hui Radio One ou le N.M.E. aient sauté dans le train en marche en s’enthousiasmant pour des groupes semblables à vous comme Wolf Alice, Paws ou Twin Atlantic  ?

C’est impossible à vous dire car je ne les ai jamais entendus, juste Twin Atlantic et simplement le nom. Je ne pense pas que nos textes passeraient très bien à la radio  ; je ne crois pas que ce soit important mais ça fait la différence. Beaucoup de groupes, depuis le post-emo, adoptent une démarche triomphante et volontariste  ;. l’attitude style «  on lutte contre l’adversité  ». On n’a jamais eu ce comportement héroïque et je n’aime pas réellement ce genre.

Musicalement, Candy For The Clowns est probablement le disque le plus «  heavy  » et sans compromis que vous ayez fait depuis vos débuts. Était-ce délibéré ou est-ce venu naturellement?

Difficile à dire d’autant qu’il est plus mélodique que ce que je prévoyais. Je ne peux pas m’empêcher de composer, vous savez. Ce que j’aimerais c’est écrire comme du Sonic Youth mais ça ne se produit jamais.

« Supermarket Clothes » et «  Something Else  » semblent partager les mêmes thèmes dans la mesure où ils s’adressent aux supercheries de la culture people et des média qui en profitent. Est-ce que cela a beaucoup influencé votre écriture sur ce disque  ?

«  Supermarket Clothes  » a été inspiré par AOSS une boutique de vêtements en ligne. J’ai feuillé leur catalogue et il y avait une rubrique sur la mode «  slacker pop  ».C’était il y a deux ans quand la mode était au lo-fi. Tout ça c’est du recyclage, la marque C86 par exemple. Tout est venu de boutique de fripes et maintenant vous avez des magasins comme comme «  Urban Outfitters  » qui en profite. C’est la même chope que les vêtements que portaient les musiciens grunge dans les années 90  : essayer de vendre cher des habits qui ne coûtent rien. C’est aussi une composition qui traite des par lesquelles vous passez quand vous êtes encore un adulte jeune  ; vouloir faire partie d’une scène et s’habiller en conséquence.

Y-a-t-il un thème commun à tout l’album  ? Sur «  Blackout  » ou «  Clown  » par exemple  ? t

J’ai beaucoup écouté Hole et certains éléments des textes de Courtney Love. Je n’essayais pas délibérément de la plagier mais je voulais m’approprier certains de ses thèmes. C’est pour cela que les images de décrépitude, de choses qui pourrissent en émanent. Il y a aussi l’exploitation  ; je trouve que ce sont des notions qui fonctionnent bien avec la musique. Je n’ai jamais été dans les trucs conflictuels comme «  tu m’as fait ça  » ou «  je vais te le faire aussi  ». J’essaie d’être un peu plus abstrait.

Votre «  live show  » sera t-il basé principalement sur ce dernier disque  ?

Autant que possible, tant que c’est encore fais dans nos têtes. Car si on ne le fait pas maintenant, on ne le fera jamais après  !

Y a t-il des morceaux de votre catalogue que vous n’aimez plus jouer  ?

Il y en a certains qui commencent à me lasser. On a commencé à en supprimer car on les avait joués trop souvent. On préfère commencer sur des nouveaux titres mais, quand on joue des vieilles compositions, ça me donnent l’impression de me remettre sans cesse en question. Il y a un moment où certains trucs vous ont sursaturé et où vous ne croyez plus à ce que vous chantez et où on ne vous prend plus au sérieux.

Candy For The Clowns est la première sortie de on Hatch Records, le label récemment fondé par Simon Glacken de votre ancien label Brew. Qu’est-ce qui vous a fait signer avec eux et est-ce que l’épisode malheureux avec Island vous a décidé de ne plus jamais signer avec une «  major  »  ?

Ils font tout ce que moi j’aurais fait en matière de s’occuper de sortir les disques et n’exercent aucun contrôle artistique, je sais que Simon ne ferait rien pour entraver notre créativité. J’aimerais bien que Hatch ait des millions de avec une bonne partie pour assurer la promo mais ça susciterait d’autres problèmes. Ce qui est bon pour nous est que nous n’avons pas à accumuler les tournées non-stop pendant deux ans. On a connu ça et je ne souhaite pas recommencer sauf si c’était absolument nécessaire.

Si vous pouviez re-signer avec un label comme à vous débuts, ce serait une «  major  » ou des indépendants  ?

J’imagine que notre cas est assez intéressant puisque nous avons débuté de façon imposante puis sommes repassés sue quelque chose de plus petit mais honnêtement je ne sais pas.

Vous avez travaillé avec des producteurs assez estimés, Dave Sardy et Dave Eringa  : si vous aviez un budget illimité, que feriez-vous  ?

Bosser avec eux, sans problèmes tout comme avec Bob Schnapf qui a réalisé notre premier album. Cela fait dix ans et c’est un type super. Il y a certaines choses que je ne referais pas mais c’est toujours sympa d’avoir quelqu’un pour s  ‘occuper de l’enregistrement plutôt que d’avoir à la faire vous-même.

Quels éléments ont-ils apportés à vos disques  ?

Ils sont juste très habiles avec les sons et ils reconnaissent les tonalités ce qui est une bonne chose. Les trucs techniques m’ennuient très vite t je ne sais tujours pas comment ils ont réalisé certains sons. Ce sont de bonnes oreilles et c’est la moindre des choses à attendre d’un producteur. Il doit entendre des sons que je n’entends pas sans véritablement changer ma façon de composer. Je n’ai pas besoin d’un producteur me disant ce qui est nécessaire pour moi en termes de mesures ou autre  . Cela ne pourrait que brouiller les choses pour moi.

Avez-vous une liste de producteurs avec qui vous aimeriez travailler  ?

Dave Fridmann serait l’idéal. J’aimerais avoir cette liberté de suggérer un producteur et de pouvoir l’avoir, comme avant. Hélas, nous n’avons plus cette possibilité.

Et aimeriez-vous vous impliquer dans la production d’autres artistes  ?

J’aimerais mais mon temps m’est précieux. Je préfère travailler sur ma musique que celle des autres. Je n’éprouve jamais de la lassitude à composer et quand j’enregistre d’autres personnes, j’ai, très vite, du ressentiment car ce ne sont pas mes compositions !

Avez-vous beaucoup d’inédits qui pourraient, tôt ou tard, voir le jour ?

Oui mais aucun n’a été très bien enregistré, des tas de choses qui sont inécoutables à mes oreilles. Contrairement à ce qu’on pense, on a toujours veillé à la qualité et à arriver à un certain standard avant de sortir un titre.

Vous avez également joué avec The Sorry Kisses. Ont-ils des projets pour bientôt ?

On va sortir un nouvel album c’est certain. Comme pour Nine Black Alps, nous n’avons aucun management aussi on ne ressent aucune pression à le faire. Il s’agit jute de moi et de quelques amis et quand on se sentira enthousiastes par rapport à un truc, on le sortira.

Vers quoi pensez-vous vous orienter après cet album ?

Je voudrais qu’on sonne plus comme Sonic Youth, j’ai toujours essayé d’écrire dans leur style.

Quelle période de Sonic Youth ?

Idéalement Bad Moon Rising. Je veux faire une musique qui me surprenne et non ressortir indéfiniment les mêmes chorus et des textes pleins de fiel. Je me dis toujours que la prochaine fois je n’écrirai plus dans la veine pop-grunge. Nous sommes trop identifiables à la scène indie et je souhaiterais que nous soyons moins prévisibles. Il est difficile de sortir de l’étiquette dans laquelle on vous a mis ; on a un son qui dicte un peu notre démarche car nous savons qu’il est bon pour nous. Il serait temps d’aller vers plus de bizarreries, mais je ne sais pas encore lesquelles.

16 mai 2014 - Posted by | Conversations

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