Rapid Talk: « Interview de Odonis Odonis »

Odonis Odonis sont avant tout connus pour leur rock industriel le dernier album de ce trio de Toronto, Hard Boiled Soft Boiled, fait allusion à cette époque où les disques avaient deux côtés ; ici du garage punk et du dream rock. Produit par Colin Stewart (Black Mountain, Pretty Girls Make Graves) on y trouve des collaborations diverses comme celle de Kathryn Calder and Kurt Dahle des New Pornographers. Le guitariste et vocaliste Dean Tzenos explique pourquoi, si nuancé qu’il soit, ce nouvel album n’est pas constitué de deux parties si dissemblables que ça.

Vous avez fait beaucoup de festivals, pensez-vous que cela vous à aidés pour faire parler de cet album ?

J’avais l’impression de crier à l’intérieur d’un ouragan. Tous les ans, ceux-ci deviennent de plus en plus gros et, depuis, tout s’est très bien passé pour nous. On a eu la chance de partager l’affiche avec des groupes connus et ça fait une grosse différence. Un festival comme SXSW épouse la folie qu’il génère et ça a été tout bénéfice.

Ça a dû vous changer par rapport aux années précédentes, non ?

Il y a deux ans on était tout nouveaux. La taille de ce festival nous a rendus humbles Cette fois, avec tous les amis qu’on a à Austin, c’était comme une fête. C’est toujours un super endroit pour rencontrer des gens, indépendamment de la musique. Cette fois-ci, on avait une perspective plus précise donc il nous été plus faciles de nous concentrer sur ce qu’on voulait y véhiculer. Ceci dit, SXSW se dénature et devient plus une entreprise commerciale qu’autre chose.

Odonis Odonis et des groupes comme Metz ou Soupcans sont censés faire partie de la scène « bricoleuse » de Toronto. Pensez-vous que la musique qui en vient fait partie d’un genre bien défini ou voyez-vous cela plutôt comme un collectif de musiciens ayant le même état d’esprit ?

Il y a une influence générale qui est celle du « noise rock » et qui a fédéré le son. Néanmoins chacun fait son truc de son côté et grâce à Metz ou d’autres Toronto s’est fait plus largement connaître. On a enfin l’attention qu’on mérite mais ça n’est que le partie émergée de l’iceberg.

Quel genre de choses influence des musiciens venus de Toronto, pas seulement pour enregistrer mais également pour jouer de façon si brute en concerts ?

On nous compare beaucoup à la scène de Seattle et ça n’est pas inexact. ON a tous grandi dur la mentalité grunge et ce côté tripatouillage qui va avec. Je pense que tout cela est lié à une réaction par rapport à la musique canadienne qui a sévi durant dix ans, ce fameux « Canada sound » qui est de la pop mièvre et tiède. Ça n’a jamais été représentatif de ce qui se passait underground et nous avons enfin droit à la parole. Il y aura certainement une relève, et nous en faisons partie.

Si on considère cette pléthore de sons sur Hard Boiled Soft Boiled, quels sont les morceaus écrits le plus récemment et comment les discerner à l’écoute ?

Le seul qui soit tout récent est « New Obsession » et tout le reste date de 4 ou 5 ans. Je ne pense pas que cela a de l’importance car j’ai veillé à garder une cohérence sonique tout au long.

Aiu niveau des vocaux, la production a-t-elle changé ? Elle semble plus intégrée à la musique et moins assise au-dessus…

J’ai toujours voulu qu’ils aient un rôle égal à la musique. Certaines personnes veulent simplement entendre des voix et je peux le comprendre si on a une perspective pop mais les influences de cet album puisent à tous les horizons. J’ai écouté beaucoup de musique industrielle quand je travaillais sur le disque car elle consiste à brouiller les lignes et tout ensevelir sous un son. J’ai essayé de trouver une médiane dont je sois satisfait entre le lo-fi et le hi-fi. Le produit en est ce disque.

En divisant l’album en deux moitiés, y avait-il une style de jeu récurrent, un thème ou un instrumental, qui définit une partie par rapport à l’autre  ?

Ma façon de travailler est écrire, écrire et encore écrire. La plupart des groupes arrivent en studio avec 10 u 12 morceaux. Pour moi ça peut mener à des trucs pas terribles qui figureront sur un album. J’ai écrit une chanson par jour pendant environ un an et j’ai finalement choisi ceux que je préférais. Ils représentent les deux aspects distincts de Odonis et j’ai trouvé excitant de les embrasser en même temps. La plupart des groupes se contentent d’un seul son mais cela m’ennuie très vite. J’aime être mis au défi et je ne veux pas entrer dans une catégorie. Les artistes que je respecte sont dans la plupart des cas ceux qui vous font savoir sur leurs tout premiers disques qu’il faut s’attendre à tout.

De vos deux approches, le rock industriel un peu trash et ce qui est plus axé sur le dream rock, lequel vous est le plus familier maintenant que le disque est sorti ?

Comme nous progressons en tant que groupe « live » il a été facile de nous catégoriser comme « trashy ». Ça a été « fun » pour nous de parvenir à développer ces deux facettes. C’est facile sur disque mais moins évident sur scène.

L’album ayant une face « chill out » et une autre plus agitée, quelle est selon vous la meilleure manière d’écouter votre disque ?

Notre idée initiale a toujours été de nous adapter à l’humeur de celui qui écoute. J’aime de nombreux groupes de hard mais j’apprécie tout autant les choses plus contemplatives. J’ai rarement entendu des combos assembler les deux. Tout au long de l’enregistrement, j’avais en tête le vinyle et les cassettes. C’est ainsi que Hard Boiled Soft Boiled doit être appréhendé

Quels titres selon vous montrent le côté le plus expérimental de votre songwriting ?

Je dirais la totalité de la face « soft boiled ». Ils sont situés à l’extérieur de votre zone de confort. C’est ce que je considère comme expérimental en ce qui nous concerne. Il est plus facile pour nous d’être bizarres que de composer des trucs mélodiques et tranquilles, surtout quand les gens ont pris l’habitude de vous voir comme un groupe oeuvrant dans le hard.

 

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