Rapid Talk: Interview de Nina Persson (ex-Cardigans)

Peu d’artistes peuvent se vanter d’avoir écrit une chanson qui est devenue un classique pendant une décennie, c’est pourtant ce qu’a fait Nina Persson avec son « Loverfool » interprété avec The Cardigans et, incidemment, la première composition qu’elle ait écrite.

Son premier album solo, Animal Heart, la voit d’une humeur à l’opposé de son image glaciale habituelle : « Je pensais qu’il serait reçu d’une façon différente, mais laquelle ? Je suis extrêmement lente quand je fais de la musique et, quoi que je fasse, ça se termine toujours par une situation où je me dis que je ne pourrai plus jamais faire un autre disque et surfer sur sa vague. Du coup je me mets toujours en-dessous et me noie dans la mousse avant de pouvoir émerger. Je sais que ça va venir, mais ne suis jamais certaine du résultat. »

Même si elle n’a pas été improductive pendant 10 ans, on peut comprendre une certaine impatience des fans de The Cardigans dont le dernier album, Super Extra Gravity, date de 2005 dans la mesure où son projet parallèle , A Camp, est improductif depuis 2009. « J’aime vivre ; ça a l’ait noiais dit comme ça mais tourner et faire des disques est si intense que, quand je peux faire des pauses, j’en profite. J’ai beaucoup travaillé dès l’âge de 18 ans aussi ces dernières années m’ont donné un goût de ce qu’était la vraie vie, celle qui n’a rien à voir avec le boulot. »

La décision de faire cet album solo est alors plus pragmatique que conceptuelle  : « Elle m’est venue avec cette réalisation très prosaïque que je ne pouvais plus travailler avec la même intensité qu’avant et qu’il me faudrait être suprêmement décisive si je voulais planifier tout maintenant que j’ai un enfant. Avant, je faisais un disque et passais d’un projet à un autre sans y réfléchir. Je ne le peux plus désormais. La question était donc : « Comment faire un disque maintenant que j’ai un gamin ? » J’ai alors compris que la solution était de le faire toute seule et que je n’avais pas à chercher une vibration pour que les autres puissent en profiter. J’avais mes propres problèmes et mes propres responsabilités. C’est cela qui a été la source de l’album avec toutes les considérations ennuyeuses que ça peut avoir. »

Ceci étant dit, The Cardigans ne se sont pas séparés officiellement et Persson n’a pas été inactive, en particulier sa collaboration à l’album de reprises de Tom Jones , Reloaded et de leur version incandescente de « Burning Down The House ». Animal Heart est son neuvième disque et il arrive à un moment étrange : « C’est ce que je me suis dit ; 9 est un chiffre un peu boiteux. Encore un et j’arriverai à un numéro à deux chiffres. » Quelle est alors la façon dont elle trouve validation à sa musique ? « Quand je n’avais composé que deux morceaux, je me suis dit que je n’avais pas perdu la main. C’était suffisant pour moi à l’époque car j’étais dans l’ignorance de où j’en étais. En outre, avoir un enfant modifie le fonctionnement de votre cerveau et je n’étais pas certaine que je pouvais ly creuser comme avant. »La peur était double car, comme elle le dit : « Pour moi tout a été si fragile. Je n’ai jamais été certaine de ma créativité » et ce même après le succès de « Loverfool ».

« Oui c’est bizarre, n’est-ce-pas ? » longue pause, puiss : « Tout cela a à voir avec la confiance en soi. Cela vient aussi du fait d’être une femme dans l’industrie musicale. Parfois il m’est difficile de prendre toutes mes réalisations au sérieux, du moins de croire que j’en suis l’auteur et que je peux m’y fier. »

Le sexisme est un sujet qui revient de façon récurrente chez elle, comme chez beaucoup d’artsites femmes. « Il a été important pour moi d’en rencontrer d’autres à l’International Woman Day » car j’ai toujours été dégoûtée du traitement qu’on recevait. On a publié, en Suède, un manifeste de 150 femmes dans lequel on soulignait combien les femmes avaient été oubliées dans l’histoire des arts. C’était assez enrichissant car ça a provoqué un grand débat. »

Elle aborde alors un autre projet né également en Suède : «  Ça s’appelle Popkollo. C’est comme « Pop Camp » et ça dure depuis 10 ans je crois. C’est une sorte de camp d’été où des jeunes adolescentes travaillent sous la supervision d’autres musiciennes. On les encourage à écrire, à faire des groupes et à jouer sur scène. Ça se termine sur un grand how général chaque année. Il y a même un Popkollo Madame pour les femmes d’âge plus mûr. Attention les mecs, les mamans du rock and roll sont sur le point de débouler. » (Rires)

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :