Brody Dalle: « Diploid Love »

Diploid Love n’est pas un classique, loin de là, mais il est une bonne indication de ce que l’ancienne leader des Distillers et des Spinnerette mijotait depuis sa décision d’oeuvrer en solo.

Bien ancrée dans le rock and roll (et la maternité) la guitariste s’est associée avec un gans de musiciens pour nous délivrer un album qui, s’il est toujours aussi punchy, fait preuve d’un peu plus de réflexion avec l’adjonction d’éléments nouveaux et inattendus à ses influences héritées des 90’s.

La plus grande partie du disque est sauvage, joue sur un tempo qui mise tout sur l’accélération sans prendre la peine de se monter enlevé. « Rat Race » et « Underworld » sont des « rockers » en surmultiplié démarrant sur un mode légèrement rétro avant que de surprenantes trompettes ne fassent une irruption qui les mène à un niveau autre.

« Don’t Mess With Me » est un exemple d’agressivité façon Riot-Grrrl alors que « Dressed In Dreams » continue sur le même registre sonore mais avec un tempo en décélération mais toujours avec énervement.

 

C’est ensuite que les choses semblent quelque peu dérailler. Des batteries électriques et des synthés écrabouillent l’esprit apaisant de ce qui aurait pu être une très jolie ballade (« Carry On ») et « I Don’t Need Your Love » est un navrant « fuck you » adressé à son père biologique dans lequel figurent des samples d’enfants qui jouent.

 

Similairement, la titre final, « Parties For Prostitutes » est totalement déconstruit avec une instrumentation électronique sans âme même si des guitares gémissantes et des percussions énergiques rattrapent le morceau à la fin.

 

Il aura fallu du temps à Brody Dalle pour sortir ce premier album solo mais ça n’est pas une garantie que Diploid Love marquera les foules. C’est peut-être dans les morceaux paradoxalement les moins convaincants qu’on trouve pourtant raison d’apprécier certaines qualités sous-jacentes. « I Don’t Need Your Love », tout inepte qu’il soit, est signe de vulnérabilité tout comme l’explosif titre final canalisé par QTSA dévoile une sensibilité qui

 

fait de Dalle autre chose qu’une punk vigoureuse mais une artiste qui a su écouter, pas encore assez néanmoins, Garbage et The Strokes.

***

One Response to Brody Dalle: « Diploid Love »

  1. […] Brody Dalle fait partie de ces espèces qu’on dit en voie de disparition : c’est une vraie rock star du moins dans son attitude. Cela fait huit ans que The Distillers se sont officiellement séparés mais l’esprit grondeur et proto-punk qu’ils insufflaient semble encore l’habiter. Catapultée sur la couverture des magazines, elle s est assez facilement débarassée de ce rôle qui lui était dévolu, d’abord avec un premier album en 2010 sous le pseudonyme de Spinnerette puis, aujourd’hui, avec son premier disque solo, Diploid Love. […]

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