OFF!: « Wasted Years »

12 avril 2014

Wasted Years est le troisième album de OFF ! supergroupe hardcore punk formé par, entre autres, le chanteur de Black Flag et Circle Jerks, Keith Morris et Steven McDonald (Red Krossà à la basse et Mario Rubalcaba (Rocket From The Crypt, Hot Snakes) à la batterie.

Si on n’a pas apprécie les premiers disques du groupe, on ne trouvera aucun intérêt à se frotter à ce nouvel opus. OFF ! n’ont pas vraiment évolué et nous délivre toujours le même punk dont la colère s’exprime au travers des courtes explosions vocales vociférées par un Morris que tout semble rendre furieux. L’accompagnement ne s’en distingue que peu : rythme hardcore serré et martelé comme s’il voulait nous punir de l’écouter avec, néanmoins, quelques recherches dans la musicalité plus complexes.

Le disque a été enregistré « live » dans la salle où le groupe répète d’ordinaire. Les interprétations sont donc un peu plus lâches qu’à l’habitude mais pas assez pour qu’on puisse le remarquer.

L’éclat a été également quelque peu poli ce qui fait que Wasted Years ne sonne pas comme une répétition et c’est un point positif. Les riffs de Dimitri Coats sont épineux et la section rythmique se montre infatigable ce qui est un autre atout dont le combo peut se prévaloir.

Morris n’a jamais sonné plus en colère ; il s’exclame : « Ever fell you’re being used ? » sur « Hypnotized » un titre qui est une véritable épopée à 2 minutes 15 alors que le moyenne des morceaux tourne autour de 90 secondes. C’est une ligne simpliste mais elle résume de manière appropriée l’atmosphère de désenchantement qui, conjugué à la rage, court tout au long de l’album. Quel que soit le thème abordé (distribution des richesses, addiction, inégalité de la vie moderne) Morris ne sonne jamais proche de la joie et c’est ainsi qu’il faut l’apprécier.

On goûtera moins la côté monochrome et absolument pas ornementé de l’album mais, comme il a été dit avant, ça n’est pas pour cette raison qu’on écoutera du OFF !.

**1/2


The Faint: « Doom Abuse »

11 avril 2014

Durant le boom de l’indie dance au début des années 2000, The Faint se sont fait connaître en musclant avec flair leurs claviers grâce à des guitares. Leurs titres les plus mémorables, lle revivalisme new-wave de «  Worked Up To Sexual » ou le post-punk gothique de Danse Macabre, restaient toutefois d’une énergie punk débridée et immédiate.

Doom Abuse est de ce tonneau (après un Fascination qui suscitait tout sauf son titre) en s’appropriant à nouveau la spontanéité et la verdeur de leurs meilleurs opus. Leur leader, Todd Fink, semble avoir retrouver une inspiration lyrique avec des textes abstraits empli d’imagerie religieuse et catastrophique et les riffs à la guitare ont un tranchant qui accompagne à merveille les thèmes du groupe ; la paranoïa, la nature émasculante de l’Amérique du business et l’angoisse par rapport au futur.

Parfois les vocaux de Fink sont si étouffés ou distordus par les effets qu’il est difficile de leur donner sens ; ce procédé d’imprécision est pourtant efficace pour que l’atmosphère de claustrophobie et d’aliénation prenne une signification aussi prégnante.

Comme sur un Danse Macabre « overdosé » à la caféine, Doom Abuse donne la part belle aux tempos nerveux, aux synthés crissants et aux percussions ravageuses. Le résultat est un patchwork nerveux de pogos synthpunk (« Evil Voices », un « Dress Code » qui rappelle Devo), d’electronica industrielle glaçante (« Animal Needs » , « Unseen Hand »), de punk métallique (« Salt Me Down ») ou de dance-pop allumée (« Scapegoat »).

La fin de l’album culminera avec « Damage Control » grinçant dont la synthpop évoquera le Human League des débuts mais, même avec son climat étranger au reste de l’album, le résultat sera effectif dans la façon où les textes de regrets et de chagrin nous parleront à nouveau comme dans le reste du disque. Qu’il soit peuplé par l’agitation ou la rumination, Doom Abuse est un album exemplaire pour dresser le tableau de toutes ce choses qui vont de guingois ou autour de nous, et à l’intérieur de nous.

***


Tweens: Tweens »

11 avril 2014

Ce groupe de Cincinnati s’est fait connaître par son pop punk qui a fait du bruit au sein de la blogosphère ; ce premier album époyme justifie l’intérêt mais nous livre aussi une indication de ce qui pourrait être leur évolution.

L’explosif « Bored In The City » ouvre le disque en fanfare et, comme à peu près tous les morceaux, est déborde dune énergei contagieuse avec ses riffs furieux et ses accroches. Le « single » « Be Mean » illustrera le côté « fun » et désinvolte du combo qui les met à part des autres groupes punk stricto sensu. Ils ne se prennent en effet pas trop au sérieux et c’est cela qui se décèle à l’écoute les rend attrayants.

« Rattle + Rollin’ » et « Forever » louchent plus du côté de la pop : refrains addictifs et lyrisme intact pour ce qui est la trame de Tweens : « qu’il est bon d’être jeune et fou ».

Cela n’empêche pas l’instrumentation d’être profonde et riche tout comme des textes du style « cette ville me croque tout cru » , le tout apportant plus qu’une vision simpliste à deux dimensions. Le résultat est un album qui respire la sincérité dans sa capacité à aborder les hauts et les bas de la vie.

Pour cela, la chanteuse Bridget Nattles est sans doute la star du spectacle, avec, en particulier, une chanson qui en serait le clou : « Want U », une ballade à la Lana Del Rey et aux riffs de guitares brouillés à vous tordre le cœur. Le reste du temps elle exsude volontarisme avec tant d’aplomb qu’elle n’en devient jamais lassante ou poseuse.

Il est peu de groupes, aujourd’hui, qui n’ont pas peur de se distinguer de la norme, qu’elel soit classique, rock ou autre, Tweens font exactement le contraire et n’hésitent pas à monter tous les bois avec lesquels ils se chauffent. Qu’il parviennent à en faire autant pour nous nous apporte un pur moment de délice pop.

***1/2


School of Language: « Old Fears »

11 avril 2014

Le dernier effort solo de « David Brewis capture la même sophistication mélodique que l’on est venu à attendre de ses albums avec Field Music avec peut-être plus de mesure et de focus. Old Fears est, lui, un disque de « blue eyed sou »l, construit autour des synthétiseurs et d’un funk béat qui laisse parfois passer quelques imprévus. Sur une durée de 35 minutes on va avoir à faire à des chuchotements en falsetto, des grooves chaleureux dospersés par des coups de caisse claire secs et des lignes de guitares cliquetantes. La sensation en est celle d’un travail en état d’avancement, comme des demos faites chez soi et polies pour leur donner une qualité immaculée, ce qui les rend encore plus véridiques.

Old Fears s’ouvre sur un « Distance Between » qui établit le climat, étayé qu’il est de rythmes soul qui montent puis descendent puis construise une mélodie à vous hanter qui va se fondre dans la titre suivant. « A Smile Cracks » emprunte son roulement de percussions à « Seconds » de U2, et s’avèrera le prototype même d’une seconde plage.

« Suits Us Better » affichera riches harmonies et boîte à rythmes subtilement doo-wop juxtaposés sur des guitares éthérées qui semblent glisser comme des gouttelettes. Le « single » « Between The Suburbs » illustre parfaitement l’énergie trébuchante du disque avec son courant de beats stitubants mêlé à des overdubs aux intrications complexes.

Le disque ce terminera par un bref détour du côté de Bowie période Berlin qui ne dure pas assez longtemps et Old Fears s’achève abruptement avec une « outo » sombre et calme.

Après le chaos soigneusement organisé de Field Music, on ne peut que voir en ce disque qu’une approche alternative, L’album sonne comme un moment sorti hors du contexte du groupe auteur de Plumb et laissé à lui-même pour évoluer vers quelque chose de plus ample. Les bonnes idées sont épuisées à mi-temps de l’album ce qui, malgré certains bons passages, nous fait aspirer à ce petit plus auquel Field Music et son leader nous avaientt habitués.
**1/2


Protomartyr: « Under Color of Official Right »

11 avril 2014

Il doit y avoir quelque chose dans l’eau de Detroit, un élixir de créativité qui a filtré au travers des restes huileux de cette industrie automobile dilapidée et de ses façades aux murs défigurés. Elle a donné naissance à une techno majestueuse qu’on ne peut confondre avec aucune autre en concordance sans doute avec ce désir d’éviter le jour blafard et de se réfugier dans l’obscurité.

On n’oublie pas non l’influence de la Motown ni du jazz ou des Tooges, MC5 et consorts faiasant de la ligne rythmique de Detroit une chose qui n’st jamais en repos.

La dernière production de Protomartyr a pour nom Under The Color of Official Right et ce second album semble voir le groupe opter pour une direction encore plus inimaginable et extrême. On y trouve un classe qui, toute fluide et confortable qu’elle puisse sonner, fait penser à un moteur dont le grondement fait deviner qu’il en a encore dans le carburateur.

Le titre d’ouverture, « Maidenhead », présente une réverbération lustrée imitant presque les intrusions stoner surf des new-yorkais de DIIV mais les gaz sont fermement au sol quand Joe Casey murmure son introduction : « Shit Goes Up, dhit goes down. » Le punk pur et dur de leur premier disque reste toujours sous-jacent comme thème accompagnant Under The Color of Official Right mais le groupe s’aventure encore plus loin dans cette ouverture qui semblait embrassée par le surf avec la nostalgie d’un » Trust Me Billy » omù la mélancolie des Smiths renconterait l’indie rock des Vaccines.

Protomartyr semblent à l’aise dans cette progression ; avec un Casey charismatique dans la narration de « Tarpeian Rock » puis du titre qui suit, « Bad Advice ».

Il ne sera guère étonnant qu’avec des morceaux aussi noueux, le groupe éprouve le désir de retomber sur ses pattes avec les compositions plus familières mais toujours enragées que sont « Sons of Dis » et « I Stare at Floors ». On y retrouve ici un peu de cette grandiloquence compulsive même si les compositions demeurent concises et punchy.

C’est cet alliage doublé de sa façon de nous emmener dans des climats allongés où, yeux mi-clos, nous laisserons une chaleur faussement cosy nous envahir que Protomartyr démontre qu’il n’est pas qu’un simple groupe post-punk de plus.

***1/2


Avey Tare Slasher Flicks: « Enter the Slasher House »

11 avril 2014

 Zigzagant sur les fissures de Animal Collective et son propre pseudonyme de Avey Tare, Dave Portner est un homme doté de multiples personnalités.

Quand les bribes de pop expérimentale tordue de son groupe tombent du bon côté, le fonctionnement de Portner va inévitablement lui faire invoquer la venue de nuages noirs comme sur son album solo, Down There en 2010, dont l’intériorité ne ménageait nul rai de lumière et où il laissait l’obscurité se faufiler tout comme les démons se glisser pesamment pour véhiculer une atmosphère de deuil.

Qu’il se confronte à ces éléments n’est pas nouveau et il n’est pas surprenant que ses derniers projets baignent dans une imagerie et un climat imprégnés de sang et d’une tension digne de Hitchcock.

Ce qui est surprenant par contre est que ce Enter The Slasher House concoté avec Angel Deradoorian des Dirty Projectors et le batteur de Ponytail Jeremy Hyman n’a que peu de ces éléments effrayants que son titre aurait pu suggérer.

Le penchant de Portner pour le funèbre et sa détermination à créer quelque chose qui , selon ses dires,« vient d’un endroit qui n’est pas humain » est largement circonscrite au nom du groupe et à celui de l’album.

Enregistré « live », c’est un album composé de guitares crasseuses et de mélodies tourbillonnantes dont le meilleur exemple serait « Duplex Trip » et l’esprit de carnaval de « Blind Babe » qui n’est pas sans évoquer Perry Farrell.

Ailleurs, « That It Won’t Grow » frappe dur avec une énergie et une guitare agressive incessante qui rappellera le Fuzzy Logic des Super Furry Animals et « Catchy (Was Contagious) » nous permettra de découvrir une facette imprévue de Portner, son aisance à mêler rythmes de calypso déformés et climats éthérés porteurs d’une’vague menace.

Enter The Slasher House nous impose son dynamisme au milieu de cette ambiance que Portner affectionne. On se croit plus à une fête macabre qu’à un cadre baignant dans le sang. Cette séance est peut-être circonstancielle mais son éclat ne nous empêchera pas de penser à ce qui se dissimule dans ces corridors éclairés partiellement.

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Rapid Talk: Interview de Timber Timbre

11 avril 2014

Écouter la musique de Timber Timbre est comme regarder un film. Il s’agit d’une expression qui se développe autant visuellement que musicalement. Taylor Kirk n’est en effet pas du genre à se contenter d’un seul de nos sens et il presque dommage qu’on ne lui demande pas des musiques de films comme à Nick Cave. Ce processus se poursuit sur le cinquième album du groupe,  Hot Dreams qui permet à Kirk d’évoquer ici le pouvoir que peuvent avoir certains éléments sur son inspiration.

Vous parlez souvent d’images et Timber Timbre a toujours eu une qualité cinématique ; vous en avez en tête quand vous composez ?

Parfois oui mais je ne me concentre pas véritablement sur une chose ou une autre. C’est même assez rare. Je dirais que ça s’apparente plus à un processus où je collectionne des choses puis ma pose pour réfléchir aux corrélations entre elles. J’y ajoute mes intérêts en littérature, musique, etc. C’est ainsi que ça marche en général.

Comment s’est passé votre collaboration avec Simon Trotter pour la composition de Hot Dreams ?
Ça n’a pas été un si grand changement que ça par rapport aux derniers enregistrements que nous avons fait ensemble. Nous avons toujours travaillé en équipe ; cette fois-ci il a amené quelques compositions et nous en avons écrites certaines ensemble. Je n’avais jamais procédé ainsi et ça s’est passé très bien ; on se comprenait assez bien et nous avons suffisamment de goûts communs en matière de musique pour que ça soit cohérent.

Avez-vous été inspiré par des choses spécifiques, films, musique, littérature en écrivant cet album ?

Il y a eu certaines choses, le disque de Nick Cave venait de sortir, Push The Sky Away. Ça m’avait passablement excité tout comme les concerts où je suis allé le voir et qui étaient sensationnels. Je connaissais peu The Bad Seeds aussi la découverte était encore plus imposante. Il y avait aussi Sunn O))) qui est un groupe de « metal drone » expérimental et a fait des choses intéressantes l’année dernière. Je me susi aussi beaucoup intéressé à Lee Hazlewood et à Roger Miller, particulièrement sa façon de chanter.

Laurel Canyon a définitivement influencé tout ce qui a été écrit ainsi que l’histoire de Los Angeles, le syndrome Hollywood, son âge d’or, ou son deuxième âge d’or je suppose avec Polanski, Woody Allen et tout le reste. Beaucoup de films m’intéressaient au moment où je faisais les arrangements même si la plupart des titres avaient été écrits à Laurel Canyon. Los Angeles est une ville très exotique pour moi, pour tous les Canadiens j’imagine.

Vous avez précédemment utilisé Nosferatu comme visuels pour vos concerts ; avez-vius un intérêt particulier pour les premiers films muets ?

À un moment oui, mais c’était il y a bien longtemps. Je suis allé en école d’art, y ai étudié le cinéma et peut-être cela a-t-il joué un rôle. Ça fait longtemps que je n’y avais pensé. On a juste fait ça une fois, je crois, à Londres. On ne faisait pas ça régulièrement autant que je m’en souvienne.

Timber Timbre ont toujours eu un son unique, un peu à l’extérieur de ce que faisaient les autres groupes. Vous sentez-vous proche de certains artistes ?
Oh, je ne sais pas, c’est dur à dire. Je suis si à l’écart de ce qui se passe. Il y a ce type qui m’intéresse beaucoup pourtant, Sean Nicholas Savage. Je l’ai vu une fois à Montréal et je n’ai pas du tout compris. Je m’attendais à ce qu’il joue un genre de folk avec un groupe mais, au lieu de cela, il y a avait ce type bizarre dansant sur scène et chantant en direction d’un iPod. C’était comme un truc de karaoké complètement idiot et j’avais détesté. Aujourd’hui je me suis familiarisé avec ça démarche et je commence à apprécier.

J’aime aussi cet autre type de Montréal, Dirty Beaches et Fiver qui est de Toronto. À la base c’est du folk, une chose de type auteur-compositeur, mais en ce moment ça ressemble plus comme à un groupe de garage rock. La chanteuse se nomme Simone Schmidt et elle chante aussi sur quelques uns de nos enregistrements. Elle a une très belle voix et est une excellente compositrice. Il y a aussi The Highest Order, le même line-up que Fiver mais avec un répertoire différent.

Vous parlez beaucoup de musiciens de Montréal, pensez-vous qu’il y a une scène particulière là-bas ?
Il y en a une c’est certain. Cela me faisait me sentir un peu vieux car je ne savais pas trop ce qui s’y passait. Je m’y suis un peu mis mais ai eu a sensation que je n’étais pas vraiment impliqué et que j’atais complètement déconnecté. Pour moi, elle reste composée du label Arbutus Records même si je n’en sais pas beaucoup sur eux. Ils ont sorti The Grimes, Sean Nicholas Savage, Doldrums et Moon King. Je ne sais plus, par contre, ce qu’ils deviennent. J’habite à Toronto mais comme le reste du groupe vit à Montréal j’y passe beaucoup de temps.


Rapid Talk: Interview de Chuck Ragan

11 avril 2014

Chuck Ragan transforme souvent ce qu’il touche en or, ainsi il n’est pas surprenant que son quatrième album solo, Till Midnight, contient une portion non négligeable d’Americana. C’est peut-être son effort le plus abouti depuis qu’il a quitté Hot Water Music tout en s’occupant toujours de « Revival Tours ».Il parle ici de ce que que collaborer avec d’autres musiciens signifie et de ses autres projets futurs.

Vous semblez vous être pas mal amusé avec cet album.

C’est vrai, il est très différent de mes disques précédent. Ça a été l’effort- d’un groupe et ce disque est sans aucun doute celui qui est le plus soudé avec un son plus riche et plus plein. Au niveau des textes il est plus optimiste et se veut positif On a vraiment eu du bon temps et ça s’entend quand on l’écoute.

Aviez-vous en tête l’idée de faire un album plus joyeux ?

Oui, mes chansons ont toujours documenté là où j’en étais à un moment précis. J’écris au débotté et, quelque part, je fais étalage de mes émotions. En cette période ce qui se passe dans ma vie est plutôt chouette, je me sens super bien et entouré de personnes incroyables et positives. Ce sont des gens qui vont de l’avant, progressistes et j’ai la chance d’être mariée à une femme incroyablement forte. Je ne peux demander meilleur type d’inspiration. Je suis fait pour jouer de la musique, en écrire et je suis toujours épaté quand je vois des gens se soucier de ce que je fais. Cela fait une sacrée différence dans ma vie quotidienne et ça m’importe d’en faire aussi dans celle des autres.

Les gens doivent ressentir que vous cherchez toujours la symbiose.
Oui, il en est de même pour les artistes que j’aime. Quand je vois quelqu’un jouer avec conviction et croire en ce qu’il fait, cela m’irradie. Quand je m’en vais, j’ai quelque chose à quoi me raccrocher et à utiliser parfois dans ma vie. C’est une des beautés de la musique ; tout le monde peut trouver du réconfort ou de l’ardeur dans une chanson ou une autre. Ça peut être la même chanson mais chacun l’appréciera pour ses propres raisons. C’est fabuleux d’être en capacité de faire cela. Mais cela n’est possible que quand vous fonctionnez en équipe, comme ici. Je ne pourrai pas le faire sans eux, ma famille et mon label. Nous sommes mus par les mêmes intentions.
Ce disque est-il le point culminant de votre effort à avoir fait travailler tous ces gens avec vous pour le « Revival Tour » ?
Il en est à sa septième année et on joue ensemble depuis longtemps. On a tous respiré cette atmosphère de collaboration naturelle et cette joie intense et spontanée de créer ensemble. Rien n’a été calculé, vous savez. Pour ceux qui nous connaissent, ce disque a une véritable signification. Si quelqu’un l’écoutait puis embrayait sur de albums précédents, Till Midnight pourrait sembler être une révolution mais il y a une continuité.
Jusqu’à quel point vos compositions changent-elles par rapport aux versions initiales quand tout le mon,de travaille dessus ? Et que pensez-vous du produit fini ?

Je trouve ça épatant ; je les respecte tellement et les admire non seulement comme musiciens mais comme amis. Les morceaux étaient assez solides structurellement ; peu de choses ont changé hormis deux ou trois trucs que nous avons écrits ensemble. Quand vous allez à la racine des compositions, je me mets en retrait et ne fais que gratter ma guitare. Ce ne sont que de simples chansons folks mais quand vous additionnez le talent de tous ces types ça a colorié et élargi l’atmosphère de l’album complètement.

J’adore jouer avec des gens que je respecte et quand ils jouent avec quelqu’un d’autre, je vais à leurs concerts comme un vrai fan. Qu’ils acceptent de jouer avec moi et avec une telle conviction est plus qu’un honneur.

Que ressentez-vous à mettre votre nom sur vos albums ?

C’est un problème qui s’est posé. Je voudrais clarifier les choses par espect pour les gens qui viennent à nos concerts. Il y a une différence entre quand je joue tout seul et dans la tournée que nous allons faire. Je veux que les gens sachent ce qu’ils viennent voir aussi on a décidé de donner le nom de Chuck Ragan & The Camaraderie à chaque fois que nous jouerons en tant que groupe. Ça fait bizarre d’avoir tous ces produis dérivés à votre nom. C’est gênant car vous devenez comme une marque de fabrique. Il y a un écart étroit. Il y a cette ligné étroite à ne pas franchir quand vous voulez être correct avec les gens ; d’où ce patronuyme de The Camaraderie.

Beaucoup de compositions semblent être des chansons d’amour dédiées à votre femme.

Oui, c’est sûr (rires). Comme je l’ai dit c’est ma plus belle source d’inspiration, ma muse.. J’ai toujours écrit pour elle et espère que ça sera toujours le cas…
Écrivez-vous parfois avec quelqu’un d’autre en tête ?

J'(essaie d’explorer tout ce qui peut m’affecter, que ce soit de manière positive ou négative. Si cela m’émeut et met en branle mon cerveau cela signifie que ça vaut la peine que j’en d=fasse une composition.

Vous semblez être toujours positif, avez-vous un slogan qui vous fait avancer ?
Je crois que les choses vont et viennent. Si on insuffle de la positivité autour de soi, cela vous reviendra en retour. Je suis fier de faire partie de ce puzzle…


Sweet Apple: « The Golden Age of Glitter »

10 avril 2014

Avec leur album de dix plages, The Golden Age of Glitter, Sweet Apple nous emmène en un voyage dans un passé mémorable qui nous rappelle en quoi consite véritablement le Rock & Roll.

Avec des vétérans bien expérimentés venus de groupes comme Dinausor Jr. et Cobra Verde le combo permet à une foultitudes d’influences de se mélanger et de briller,chevauchant la Power Pop, l’indie rock ou tout simplement le bon vieux rock.

Le contenu thématique du disque est presque entièrement basé sur l’idée d’itinérance et de vastes étendues ce qui est compréhensible si on considère le fait que le combo est dispersé géographiquement. On notera en outre quelques invités de choix comme Mark Lannegan de Screaming Trees et sa participation à Queens of the Stone Age.

The Golden Age of Glitter est donc une sorte de pot pourri allant de la mélancolie avec un «  Wish You Could Stay (A Little Longer) » qui incorpore des guitares éthérées et enlevées qui mènent le tout vers un horizon sous jacent de nnostalgie, il navigue aussi du côté de la romance sur « Let’s Take The Same Place » mais se permet d’accélérer l’allure avec la pop rock rythmée de « Boys in her Fan Club ».

Bien sûr il y a également les pop songs si entraînantes et instantanées qu’il devient presque ridicule de constater la manière dont elles se glissent dans notre tête : « Trouble Sleep » ou « Another Desert Skyline ». En comparaison « I Surrender » sonnera un peu fade mais n’obèrera en aucun cas la qualité de l’album.

Pas de « glam » donc mais, l’un dans l’autre, The Golden Age of Glitter est un bon petit disque, propre à vous faire vous sentir bien ; une sorte de rock easy listening aux titres accrocheurs et faciles à digérer.

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Rapid Talk: Interview The Hold Steady

10 avril 2014

The Hold Steady ont prodigué pendant plus de 10 ans, la bande son idéale pour des fêtes nocturnes massives et effrénées. Leur abum précédent marquait d’ailleurs un sérieux signe de burnout après des années sans prendre aucun break. Craig Finn et son groupe sont aujourd’hui de retour en pleine forme avec un sixième album propre à vous chatouiller les gencives, Teeth Dreams.

C’est la plus longue interruption pour ces musiciens experts dans l’art de nous fabriquer des chansons de bar et des hymnes rock appuyés. Durant ces quatre années, le groupe a restructuré son line-up en faisant du guitariste Steve Selvige un membre permanent.

« Quand on a commencé à jouer, c’était comme si chaque chose devait être toujours à son maximum », raconte Finn, « ainsi on terminait toutes les bouteilles de bière et de whisky qui étaient à proximité et on se mettait un point d’honneur à aller à une « party » chaque soir. » À 42 ans, sa perception des réalités de qu’entraîne le fait de maintenir un groupe en vie s’est affinée : « À un moment on se disait qu’on faisait juste telle ou telle chose pendant un petite moment. Depuis l’important est de faire un bon concert chaque soir ce qui signifie aller se coucher et se reposer pour le jour prochain. »

Après une tournée solo relativement calme à interpréter des titres « où personne ne se fait tirer dessus ou ne tombe du toit », le manque des foules sauvages auxquelles le groupe s’était habitué a commencé à se faire sentir pour lui. « C’est vrai que ça me manqait de ne pas avoir des types jetant leur bière dans les airs ou dansant n’importe comment. En un sens, c’est ça qui m’a rendu désireux de retourner avec Hold Steady et de recommencer. »

Il est certain que le nouveau spectacle de la tournée Teeth Dreams ne présentera pas beaucoup de morceaux soft rock. Finn admet pourtant que l’anxiété est un des th§mes principaux fondateur de l’albu : « Le titre se réfère à ces rêves de dents qui sont la plupart du temps déclenchés par le strees lié aux problèmes d’argent ou à sa propre image. Nous partageons tous ces sentiments, ça fait partie de la nature humaine. Une fois qu’on a nommé ainsi l’album bien des gens sont venus nous voir pour nous dire que, eux aussi, avaient ce type de rêves. »

Le nouveau matériel ne néglige toutefois pas le talent de conteur que Finn semble toujours posséder. Il y glisse toujours des allusions à sa vie précédente du temps où il mettait à plat ses exigences en tant que fan de musique. « J’étais vraiment très pointilleux et j’étudiais scrupuleusement les partitions quand j’étais petit. C’est comme une récompense pour les ge,ns qui écoutent minutieusement un morceau et l’entendent pour la 75° fois en notant un truc qu’ils n’avaient pas décelé à la précédente écoute. »

Quant au futur, l’idée d’une séparation du groupe le fait rire : « Je prends toujours mon pied, je crois que c’est le cas pour tout le monde et tant que le public sera intéressé et viendra à nos spectacles en y participant on continuera avec la même ferveur. »